Les russes sont à nos portes !!!, par Ely Ould Krombelé

Les russes sont à nos portes !!!, par Ely Ould Krombelé A chaque situation géopolitique nouvelle, doit correspondre une nouvelle stratégie.

En effet la Russie est de retour sur l’échiquier international et de manière globale (militaire, politique et économique). Ce qui distingue les russes des occidentaux, c’est la méthode dans la gestion des relations internationales. Là où les judéo-chrétiens échafaudent des plans « policés » pour aborder, acquérir et enfin concrétiser leurs intérêts (ONU, ONG voire même Organisations sous-régionales ), les russes quant à eux adoptent une méthode brutale certes, mais efficace et qui aboutit en général à un succès tranchant.

Voyons du temps de la guerre froide, toutes les académies militaires occidentales enseignaient dans leurs doctrines d’emploi, comment endiguer une « offensive globale air-terre de l’aviation, des unités mécanisées et motorisées du pacte de Varsovie »?

Cette peur de « l’ours blanc russe » a pris fin un 25 décembre 1991, suite à la dislocation de ce même pacte de Varsovie. Il restait à l’Occident à affaiblir davantage la Russie en procédant à son encerclement par des pays, tels les Etats Baltes, la Pologne, désormais membres de l’Union Européenne et de l’OTAN, mais jadis satellites de la patrie de Dostoïevski.

En effet voilà 30 ans jour pour jour que l’union des républiques soviétiques socialistes (URSS) a cessé d’exister. Les Américains sont sortis « victorieux » de cette guerre froide qui avait divisé le monde en deux blocs antagonistes depuis 1947. La Russie longtemps humiliée, ensuite reléguée à peine au rang de puissance moyenne, si elle n’était pas d’ailleurs membre du conseil de sécurité de l’ONU, est de retour depuis la guerre de Syrie en 2013.

En 30 ans elle aura compris que le triomphalisme américain est sans limite. Que l’organisation du traité de l’atlantique nord (OTAN) ne ménagerait aucun effort pour l’asphyxier, et pourquoi pas la vassaliser? Les récentes tensions à la frontière russo-ukrainienne, pour que la Russie conserve sa sphère d’influence en arrachant un glacis de sécurité, illustre bien cette assertion. Les russes, le débonnaire président Vladimir Poutine en tête ont compris que les Occidentaux ne respectent que ceux qui pourraient leur tenir tête ou mieux leur porter préjudice.

Qu’au lieu de subir, il faut plutôt procéder à l’offensive tous azimuts afin de conquérir de nouveaux débouchés, établir de nouvelles bases navales, ou aériennes au but de diversifier les sources propices à l’économie russe. Pour cela la Russie a les moyens de sa politique dont le triptyque : dissuasion nucléaire, puissance militaire classique, économie performante grâce à la richesse du sous-sol surtout en gaz et en pétrole. L’interventionnisme russe a commencé avec la guerre en Syrie auprès des troupes de Bachar Assad, ensuite en Libye pour épauler le maréchal Afftar, en Centrafrique, et les voilà désormais à nos portes, au Mali chez le colonel Assimi Goîta, chef de la junte au pouvoir.

A/ La société de sécurité Wagner est au Mali :
Qu’ils soient issus des troupes régulières ou de paramilitaires de la société de sécurité privée « Wagner », l’intervention des russes peu habitués à évoluer au-delà de leur sphère d’influence( Caucase, Républiques Slaves ), mérite une attention particulière. Au Mali, elle bouleverse la géopolitique sous-régionale voire internationale. Ce n’est pas pour rien que les Européens l’ont condamnée à l’unanimité. En effet les russes une fois installés au Mali, risquent de saper à jamais le travail de la France tissé des années durant cependant avec peu de résultats satisfaisants , quant à la lutte contre le terrorisme. En effet l’opération Serval, ensuite Barkhane a montré ses limites, si son seul but était de juguler le terrorisme. C’est pourquoi Paris s’est empressé d’évacuer le septentrion malien (Tessalit, Kidal et Tombouctou),dès que les services de renseignements français ont pris acte des accords de défense entre Moscou et Bamako. Car la France n’est pas au Sahel que pour lutter contre quelques crapules adeptes du « jihad ». Le Nord du Mali est, paraît-il riche en gaz, en pétrole et en or. La France peut quitter le Mali, bousculée de ce fait par la Russie. Elle peut quitter également le Burkina Faso, pays de moindre importance économiquement, mais elle ne cédera jamais le Niger où il y a une matière première indispensable à ses centrales nucléaires : l’uranium.

B/ A nouvelle donne, une nouvelle stratégie.
Le G5 Sahel est dans la tourmente car le Mali, pays à l’origine de l’intervention française veut compter désormais sur ses propres capacités défensives tout en variant sa coopération militaire stratégique. L’installation des russes à Bamako peut changer la géopolitique de la sous-région. Raison pour laquelle les militaires mauritaniens doivent dès à présent penser à adapter leur doctrine aux réaménagements tactiques et techniques du parrain français dont le dispositif a subi une « ingérence » notoire russe, un coup d’arrêt, pour ne pas dire un coup de main. Que les militaires mauritaniens sachent que rien ne sera comme avant si la Russie venait de prendre les leviers de la lutte contre le terrorisme au Mali. C’est une nation qui prône la totalité et la globalité dans tout acte qu’elle est appelée à entreprendre. La secousse sera ressentie également chez les terroristes qui risqueront de se redéployer sur la frontière mauritanienne longeant le nord et l’est du Mali.

La Russie peut déjà compter sur l’aide de l’Algérie, un pays qui a de l’influence auprès des Touaregs et Maures du septentrion malien. Pour l’Histoire il serait hasardeux pour Alger d’oublier d’évoquer au président mauritanien Ghazwani en visite là-bas actuellement la future alliance entre Alger-Moscou-Bamako. Personnellement je conçois mal que le président russe Vladimir Poutine et la constellation d’oligarques qui l’entoure, puissent se contenter seulement des maigres ressources minières maliennes.

Après Bangui, au coeur de l’Afrique Centrale, voilà Poutine sur le nombril de l’Afrique de l’Ouest, à Bamako. La déstabilisation de l’empire colonial français ne fait que commencer : aux Chinois les investissements dans les économies africaines, aux russes l’option militaire. Qu’Allah nous préserve de cette nouvelle rivalité Est-Ouest./.

Ely Ould Krombelé, FRANCE

Via Cridem

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