Communiqué du Collectif des avocats chargés de la défense de l’ancien président Aziz

Communiqué du Collectif des avocats chargés de la défense de l’ancien président Aziz Collectif avocats Aziz – A nouveau, l’ancien président de la république, Mohamed ould Abdel Aziz est victime d’atteintes graves à ses droits fondamentaux garantis par les lois nationales et les conventions internationales, consistant cette fois-ci, à mettre des caméras de surveillance dans son lieu de détention exposant au grand jour son intimité, et dévoilant de la sorte les entretiens avec son conseil, dont le secret est pourtant un élément fondamental dans la relation entre l’avocat et son client.

Des travaux de maçonnerie de grande envergure sont entrepris dans son lieu de détention, consistant en la construction d’un mur, et d’une tranchée tout autour de la cellule qu’il occupe, ces travaux, ayant manifestement comme seul objectif de troubler ses moments de repos, et de le priver de sommeil aux moments choisis.

Nous avions au préalable dénoncé ces immixtions inopinées dans son lieu d’incarcération, créé pour la circonstance, dans des conditions illégales, comme nous avons attiré l’attention des autorités judiciaires concernées sur de telles violations, sans que ni le parquet, ni le pôle chargé de l’instruction, n’accordent un quelconque intérêt à nos requêtes, alors que la loi leur impose de rendre visite régulièrement aux détenus, selon une périodicité mensuelle, pour s’enquérir de leurs conditions de détention.

Aussi, nous attirons l’attention de l’opinion nationale et internationale sur ce qui suit :

1) La mise en place de caméras pour ôter toute intimité au détenu est un acte d’humiliation, outre ces irruptions intempestives dans son lieu de détention, qui visent à aggraver les conditions de celle-ci, déjà d’une illégalité manifeste.

2) Le respect de la vie privée, est consacré par l’article 13 de la Constitution mauritanienne, l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme aux termes duquel « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile, sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes » ; ainsi donc, la loi protège « toute personne » sans distinction, qu’elle soit détenue ou pas, et Mohamed ould Abdel est une personne, à moins que ce statut ne lui soit dénié ; de la même manière, la protection de la vie privée est proclamée par l’article 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dûment ratifié par la Mauritanie.

3) Le comportement discriminatoire adopté à l’égard de notre client, le seul détenu parmi ses 313 co-accusés, et la violation de sa privée de cette manière , ainsi que de tous ses autres droits constitutionnels, prouvent de manière irréfutable que c’est un détenu politique, et que son dossier est géré loin de toute considération juridique, avec pour seul et unique objectif de le faire taire, et de l’humilier.

4) Nous dénonçons par le présent communiqué toutes les violations que subit notre client, et demandons la préservation, l’observation et le respect de tous ses droits , tels que consacrés par la Constitution, les lois de la république, et les conventions internationales.

Le Collectif.
Nouakchott le 7/12/2021.

via cridem

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