Relance de l’économie Mauritanienne : la nécessité de redynamiser les secteurs porteurs de croissance

Relance de l’économie Mauritanienne : la nécessité de redynamiser les secteurs porteurs de croissance La prochaine venue du FMI à Nouakchott sera l’occasion de redonner de l’élan à l’économie du pays. L’institution doit en effet mener une mission de cadrage macro-économique avec pour objectif la négociation d’un nouvel accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).

La Mauritanie a été touchée de plein fouet par la pandémie de Covid-18, conduisant son économie à la récession (-1,5%). Pourtant la bonne santé des comptes publics du pays avait poussé le FMI à la soutenir via un décaissement de 280 millions de dollars entre 2020 et 2021.

Cette confiance se confirme avec la perspective d’un nouvel accord au titre de la FEC. Un précédent accord du même type, d’un montant de 167 millions de dollars, avait été signé en 2017 et s’était clos au mois de mars 2021.

Cependant, ces annonces positives doivent être le point de départ d’une véritable réflexion sur la relance Mauritanienne. Cela afin de rationaliser l’emploi des fonds internationaux décaissés.

Pression fiscale

L’un des principaux freins à l’économie mauritanienne est la dette. Cette dernière représente prés de 70% du PIB national et pèse lourd sur le budget de l’Etat, qui peine à investir dans son économie (infrastructures logistiques et industrielles, normes, etc). Elle est toutefois restée relativement stable depuis 2015, alors qu’elle augmentait largement en volume. Cette stabilité n’a été permise que par la croissance du PIB qui en a amorti les effets.

L’Etat mauritanien a cependant engagé plusieurs actions afin de restructurer sa dette. L’année dernière, la France suspendait le service de la dette mauritanienne (5 millions d’euros). Plus récemment, en octobre 2021, un accord signé avec l’Arabie Saoudite permettait le report d’une dette de près de 30 millions de Riyals (3 milliards d’Ouguiyas).

La réussite la plus emblématique fut cependant la restructuration de la dette détenue par le Koweït (aout 2021). Cette dernière pesait pour prés d’un milliard de dollars soit près d’un quart de la dette publique nationale. Le service de la dette, qui pèse pour près de 200 millions de dollars, reste cependant particulièrement lourd.

Dynamiser les porteurs de croissance

La pandémie a mis à nu les fragilités de l’économie Mauritanienne. La principale est bien entendu le manque de diversification de son économie, reposant largement sur le secteur minier et la pêche.

Mais ces secteurs demeurent de forts porteurs de croissance, dont la dynamisation, par les investissements privé et public, sont fondamentaux afin d’amortir le service de la dette. Mais aussi afin de diversifier l’économie à moyen terme.

Le secteur minier (fer, or et cuivre) tirait, au premier trimestre 2021, plus de 75% des exportations de la Mauritanie, et notamment le fer (45,2%).

La rentabilité du secteur permet à l’Etat mauritanien de garder une balance commercial positive alors même que le pays importe tout ses biens de consommation. Cependant la reprise reste timide, alors même que les échanges commerciaux ont baissé de 9% entre 2019 et 2020.

Si on enregistre au premier trimestre une hausse des exportations de minerai de fer (18,7%), les exportations d’or ont baissé de 32% par rapport au 4e trimestre 2020. Un fait du aux opérations de maintenance sur la mine d’or de Tasiast.

Or ce type de baisse de régime pourrait être amorti via des investissements de création industriels. Comme sur le gisement de Chami, aujourd’hui occupé par des orpailleurs artisanaux. Un fait qui occasionne au passage de fortes pertes de rendement (technique et marché noir).

Le secteur de la pêche n’a connu dans le même intervalle de temps qu’une timide progression de 0,9% (avec une baisse de 5% entre 2019 et 2020). Cela malgré le fait qu’il s’agit de la seule autre filière industrielle du pays qui pèse pour près de 24% des exportations. La redynamisation de ce secteur apparait fondamental dans le sens où il constitue le premier palier de diversification industrielle du pays.

En définitive l’enjeu du pays demeure bien l’investissement dans les secteurs à fort potentiel de croissance. D’où la nécessité de s’appuyer sur les financements du FMI pour parvenir à cet objectif. La création de richesses sera alors un levier particulièrement efficace afin d’amortir la dette nationale.

Ben Abdalla

Le Calame -

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