Document sur les malversations à la BCM du temps d’Aziz : la montagne a accouché d’une bombe

Document sur les malversations à la BCM du temps d’Aziz : la montagne a accouché d’une bombe Le document, que l’ancien conseiller du ministre de la Justice, Ahmed Ould Cheikh Sidiya, affirmait détenir et où il est fait état d’opérations de malversations à grande échelle à la Banque centrale de Mauritanie (et qui lui a valu d’être interpelé par la police), a été publié aujourd’hui par l’Observatoire du civisme et des libertés.Il dévoile six opérations dont la BCM a été le théâtre du temps de l’ancien président Ould Abdel Aziz. En fait, un secret de Polichinelle qui n’est que la partie visible d’un énorme iceberg. Lisez bien :

1-Une somme d’un million de dollars auprès d’un haut responsable occupant actuellement le poste de Secrétaire Général de la Présidence de la République. Ce haut responsable est rentré dans le bureau du Gouverneur de la Banque Centrale, s’était assis à ses côtés.

Le Gouverneur convoqua la fonctionnaire chargée de la vérification de l’authenticité des billets de banque en lui demandant de vérifier la qualité de ces billets. L’authenticité étant vérifiée, le haut responsable repartit avec cet argent.

2- Un montant d’environ 800.000 euros retiré par l’ex-ministre des Finances en personne, actuellement Administrateur Directeur Général (ADG) de la SNIM. Le retrait a été effectué par chèque, de nuit, après la fermeture des guichets. L’argent a été emporté par l’ADG dans une sacoche que le Gouverneur avait pris le soin de lui préparer.

3-Une somme d’environ 500.000 euros retirée par chèque par un employé de la Présidence. Selon les dires de la prévenue Tebbiba Ali N’Diaye, cet argent était destiné à gratifier le président d’un État africain dont elle ne se rappelle pas le nom mais qui avait quitté Nouakchott le jour-même. Selon le témoignage de la personne qui avait retiré l’argent et qui est un militaire actuellement à la retraite, après avoir servi dans les rangs de la garde spéciale, le président en question serait celui de la Guinée Bissau. Ce témoin avait déclaré ignorer le montant de la somme mais affirme avoir procédé à son retrait sur instruction du Directeur de Cabinet du Président de la République. Et Tibbiba Ali N’Diaye d’ajouter que de tels retraits d’argent destinés à des présidents africains en visite à Nouakchott se sont répétés à maintes reprises et toujours dans l’extrême urgence.

4-Un montant de 500.000 euros en coupures de 500 a été apporté par la chef de protocole de l’épouse de l’ancien président, en vue de changer les billets de 500 euros en plus petites coupures de 200 et de 100 euros. L’échange a eu lieu après vérification de l’authenticité des billets.

5-Un montant de 400.000 euros en coupures de 500 a été envoyé par la Présidence, en vue de changer les billets de 500 euros en coupures de 200 et de 100 euros. L’échange a eu lieu après vérification de l’authenticité des billets.

6-Une somme de 5.000.000 dollars pour l’examen de laquelle l’Ex-gouverneur avait convoqué la fonctionnaire en charge de cette mission. La dit-fonctionnaire déclare avoir trouvé l’Ex-gouverneur en compagnie de deux officiers de l’armée aux grades de colonel. L’un des deux colonels occupe le poste de Directeur Adjoint de la Direction Générale de la Sûreté Extérieure et de la Documentation. Vu le fait que l’argent était dans des boîtes fermées, la fonctionnaire s’est contentée d’en prélever quelques échantillons pour les examiner avant de voir les officiers emporter la somme par devers eux.

Le procurer de la République, auteur de la lettre adressée à sa tutelle et qui énumère ses opérations, prend soin de préciser qu’étant donné « le fait que ces informations sortaient du champ de l’enquête en cours sur l’affaire de la Banque Centrale, vu le caractère spécial et, selon les dires des déclarants, peu courant de ces informations et à la lumière des spécificités de la loi de lutte contre la gabegie et celle contre le blanchiment d’argent, et vu la compétence des appareils judiciaires mauritaniens ainsi que les engagements internationaux de la Mauritanie en ce qui concerne la transparence », il demande « conseils et orientations ». Qui ne viendront jamais puisque la lettre n’a pas été suivie d’effets ? Pire, certains responsables épinglés ont soit été maintenus soit ont bénéficié de promotions.

A présent que le document a été rendu public, des têtes devraient tomber. A moins que la lutte contre la gabegie ne soit qu’un slogan creux. Comme elle l’a toujours été.

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