Des expériences vouées à l’échec/par Nana Mint Mohamed Laghdaf

Les USA viennent de faire place nette aux Talibans après 20 ans d’occupation enclenchée par  les néo conservateurs sous l’impulsion de G. W. Bush arborant le fameux slogan du « Greater Middle East».
Un  programme visant à édifier un Grand Moyen Orient  pacifié pour ne pas dire soumis par le fusil.
L’actuel déguerpissement à la hâte des militaires américains ainsi que celui de leurs alliés n’est pas sans nous remettre  à l’esprit l’épilogue de la guerre du Vietnam en 1975,  celui de l’intervention en Somalie au début des années 90 et le retrait d’Irak en 2011 ainsi que l’actuel cafouillage de la France dans le Sahel.
Les expériences ci-dessus évoquées laissent croire  que les interventions des puissances occidentales visant à rétablir  par la force, à réduire toujours par la force les impasses et les contradictions inhérentes à la société et aux problèmes intrinsèques de ces pays, sont vouées à l’échec.
En effet, ces sociétés souffrent globalement de contradictions internes tenant aux problèmes d’insécurité alimentaire, d’exclusion, de grande pauvreté en dépit d’un potentiel souvent prometteur, de conflits ethniques,  culturels, autant d’éléments générateurs d’un substrat social source de violence.  Un situation qui s’alimente chaque jour un peu plus du nombre toujours croissant d’êtres humains en souffrance.
Ce terreau favorable à la confrontation est naturellement capté par des milices armées, de mouvements djihadistes  qui se nourrissent  aussi au plan idéologique de l’effet d’aubaine de l’intervention extérieure judicieusement exploitée pour réveiller et exacerber le sentiment nationaliste au sein des populations.
Il est temps pour ces puissances de tirer des leçons de l’expérience en  révisant la stratégie éculée du recours systématique à la force ;  une stratégie dont l’inefficience devrait conduire à une approche différente et repenser le monde autrement.
Reconnaître, qu’en dépit du caractère mondialisé des questions transversales et en particulier celle de la sécurité,  on ne peut plus imposer  ses vues par les armes aux sociétés en prise à leurs propres contradictions au point de sécréter d’insaisissables nébuleuses.
Reconnaître aussi l’impossibilité de résoudre les problèmes de décomposition sociale à travers des gouvernements non issus d’une authentique  volonté populaire.
La tendance constatée aujourd’hui, tout au moins au niveau de la superpuissance américaine de Trump  à Biden est d’adopter une forme d’isolationnisme.  Se recroqueviller sur soi. Une tendance qui pourrait faire faire tâche d’huile si l’on se réfère aux récentes tergiversations françaises.
Une solution insoutenable à long terme du fait de la mondialisation non choisie de la plupart des questions et en particulier celle de l’insécurité.
Mais encore faut-il, pour en venir à bout d’accepter de la traiter à la racine et en collaboration avec les principaux pans concernés.
En Mauritanie, nous devons à notre tour tirer les conséquences des échecs successifs de la superpuissance américaine en prenant conscience  de la situation de notre environnement en proie à la peur, la décomposition sociale, aux crises profondes qui nous entourent de l’Afrique de l’Ouest au Maghreb et comprendre que le seul rempart sûr que nous pouvons édifier contre ces calamités est la prévention par notre cohésion sociale, laquelle ne peut s’obtenir que par l’ouverture de chacun à l’autre et la résolution de nos problèmes intrinsèques par nous-mêmes.
Loin  de toute attitude qui relève de la politique de l’autruche qui ne sait faire que nier les problèmes.
Nous avons des problèmes de démocratie,  d’unité nationale, de grande pauvreté, de santé et d’éducation discutons-en en ayant à l’esprit que nous sommes les seuls à pouvoir en prévenir les  catastrophes potentielles. Et touchons du bois !

Nana Mint Mohamed Laghdaf

Le Calame

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