Souvenir : Extrait d’échanges entre Ely Salem Khayar et Michel Marenthier

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Pourquoi écris-je Miferma l’autre Mauritanie ?

Qui de l’œuf ou de la poule a enfanté l’autre ? Qui de la Mauritanie ou de Miferma a provoqué l’existence de l’autre ?

En 1952, la Mauritanie passait de « protectorat des pays Maures du bas Sénégal » à la fédération des « territoires d’Outre Mer ,disposant de sa propre assemblée générale ».

La même année fut créée, avec des capitaux Français, Anglais et Canadiens, la Société des mines de Fer de Mauritanie MIFERMA.

La première avait son siège à Saint Louis au Sénégal, la deuxième disposait de bureaux à Paris en France.

En 1958, la République Islamique de Mauritanie fut proclamée avec assemblée constituante qui prépara la première Constitution du futur-nouvel Etat.

La même année, la Miferma obtint la concession des gisements de fer de la Kedia d’Idjil.

En 1960 la Mauritanie proclama son indépendance Nationale à partir de sa nouvelle capitale Nouakchott.

La même année Miferma s’installa à Nouadhibou et Zouerate et relia ces deux villes par un chemin de fer long de 650 kilomètres.

Comme on le voit les rapports Mauritanie –Miferma sont plus « intimes » que les relations d’un couple et plus unis que les faces d’une meme piece de monnaie.

je me propose donc pour commencer, de décomposer l’histoire simultanée de la Mauritanie et Miferma en quatre grandes étapes : période de l’enfantement 1950-1959.

Période de la naissance 1960-1963.

Période du développement 1964- 1968.

Période de la maturité 1968- 1974.

Période d’après Nationalisation 1975 à nos jours.

Aussi voudrai-je que ceux qui se souviennent de l’une ou toutes ces époques, éclairent -autant que faire se peut- les autres, sur cette aventure dans laquelle : D’une part, s’était lancée Feu Moctar O. Daddah pour créer à partir du néant, la République Islamique de Mauritanie ; Et d’autre part, ces pionniers explorateurs, géologues et industriels venus d’Europe et d’ailleurs pour domestiquer une nature aussi austère que le désert saharien.

Commençons .

J’avais six ans. Je poursuivais un groupe de cabris capricieux pour l’amener paitre non loin du campement. Tout à coup les femmes sortirent des tentes, les têtes tournées au ciel. Elles psalmodiaient prières et murmuraient lamentations. Elles recommandaient à leurs esclaves de sortir la Sadagha ou aumone.Un gros oiseau métallique jaune pestait des bruits assourdissants et tournait au dessus des montagnes. Du jamais vu du jamais entendu. Les N’çara (Européens) sont là, cria un homme. C’est quoi les N’çara, commençais-je à demander ?…

Deux mois plus tard, bagages bosselant sur les croupes ou dos d’anes, toutes les familles descendirent de la montagne en direction du Ksar, laville.Là, la Gutena ou cueillette de dattes fraiches a commencé. Je vis pour la première fois des hommes blancs avec des cheveux roux .Ils montaient dans une hutte qui avançait sur quatre roues. Je n’ai plus peur de l’avion que je vis chaque jour monter ou descendre.

A Atar, de grandes cérémonies rassemblaient beaucoup de gens. L’armée Française comptait des hommes blancs, jaunes, rouges et noirs. Ils portaient sur leurs têtes des coiffures. Ils étaient alignés comme un Samsam (une haie). Ils tenaient des armes dans leurs mains. Notre Bled, la Mauritanie vient « d’exister »m’explique-t-on. C’est l’année de l’Indépendance Nationale.

Pendant ce temps, au nord à Zouerate, des N’çara donnent de l’argent à tous les hommes qui viendraient travailler avec eux. Miferma, Miferma est sur toutes les lèvres.

Mon grand frére, ses cousins et la plupart des jeunes de leur génération sont tous partis à Zouerate.

Quinze ans plus tard, j’y suis allé moi-meme.J’y ai passé –Dieu Merci- 23 ans.

Le mois dernier, un vieil ami Mohamed O.Tajedine me mit en contact, par le biais d’Internet avec Mr Patrick , l’initiateur du site « anciens de Mi ferma/Snim » ou Zouerate.com.

Quelle fut ma satisfaction aujourd’hui ,d’être encore en vie et de pouvoir communiquer avec certains anciens amis, collègues de travail, supérieurs hiérarchiques ou subordonnés d’emploi !!!

Ely Salem Khayar

Michel Marenthier à Ely Salem Khayar

Assalam Aleïkoum, Salem,

Yak labes, yak el kheïr…
Que de souvenirs, je venais à l’Usine Pilote lorsque je suivais les travaux de sondages sur Guelb El Mherizet, puis ensuite sur El Rhein.

Alors le “petit” Boullah est devenu un grand chef !
Je suis très content pour lui. En 1975, nous étions au début de sa formation, mais elle n’était pas si mauvaise puisqu’il a bien fait son chemin.
Il faudra lui rappeler mon bon souvenir, nous avons été très proches lors de la reconnaissance du Lebzénia, dans le Tasiast, au moment de la nationalisation.

Pourriez-vous demander à Boullah, s’il a des nouvelles du matricule “38.98″. C’était un excellent échantillonner que j’ai envoyé à plusieurs reprises à la Formation professionnelle.

Je continuerai avec plaisir cette conversation avec vous.
Actuellement, je vous écris de France, mais je travaille toujours et suis affecté en Guinée-Conakry où je cherche du fer.
Quand je passe au dessus du désert, je pense à tous ces bons souvenirs !

Ouadanak al Moulanah

Michel Marenthier

Ely Salem Khayar à Michel Marenthier

Bonjour Michel
felicicitation pour le Hassanya que vous retenez toujours.
je vous enverrai prochainement les coordonnées exactes de Mr Boullah. Il est toujors à Zouerate. Il y’avait avec lui Mr Sidi El Moctar qui est decedé l’année derniere . je ne sais pas si c’est de lui que vous parlez. il etait voyant d’un seul oeil.
Je continuerai avec vous cet echange. Géologues et Usine pilote travaillaient de concert pendant votre sejour à zouerate.
bonjour à votre femme.
a bientot

…….

Continuité du nouveau MIF info, retrouvez cet échange dans sa totalité dans le Forum “Palabres sous la Kaïma à l’heure du thé” titré “Raconte-moi Zouérate : Assalam Aleïkoum ! ”

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