Le secteur minier en Mauritanie: La clé de la résilience de l’économie

Le secteur minier en Mauritanie: La clé de la résilience de l’économieLe Calame – Alors que la Mauritanie a été durement touchée par l’impact de l’épidémie de Covid-19 l’an dernier, la bonne santé du secteur minier a notamment permis d’éviter à son économie de s’effondrer, comme le souligne un récent rapport de la Banque mondiale.

En Mauritanie, comme dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, la pandémie de Covid a fortement perturbé l’activité économique, provoquant la première récession depuis 2008. De 5,9% en 2019, le taux de croissance du pays a chuté à -1,5% l’an dernier, alors que les projections étaient de 5,9% avant la crise.

En cause : la baisse des exportations de produits de la pêche du fait des problèmes de transport et la mauvaise performance du commerce et des services, très affectés par les mesures de confinement.

Hausse de la production d’or

Dans ce tableau sombre, seul le secteur minier tire son épingle du jeu, grâce à la bonne tenue de la production minière, à l’envolée du cours de l’or et à la hausse des prix à l’exportation, permettant de compenser la réduction des volumes de minerais vendus et la chute des exportations de poissons. Selon les données officielles, les revenus du secteur minier privé ont dépassé les cent millions de dollars au cours de l’année écoulée.

La Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM), fleuron de l’économie mauritanienne, ainsi que le groupe canadien Kinross, dont la production d’or a progressé de 4% l’an dernier, ont notamment contribué à maintenir l’excédent budgétaire à 1% du PIB, contre 1,4% du PIB un an plus tôt.

Si l’augmentation des revenus miniers a permis au pays de conserver une position budgétaire robuste, le déficit de la balance courante a été partiellement financé par de forts investissements directs étrangers (IDE) liés aux industries extractives.

Après le report de certains investissements au deuxième trimestre 2020 dû à la pandémie et à la grève des employés de la mine d’or de Tasiast, la production s’est accélérée au troisième trimestre, soutenue par une hausse de 27% des prix mondiaux de l’or.

Dans l’intervalle, la production de fer s’est maintenue, grâce à la forte demande de la Chine et aux prix élevés du fer dus à la limitation de l’offre de la compagnie minière au Brésil Vale Mining.

Reprise du projet Tasiast 24k

Selon le rapport de la Banque mondiale, l’économie du pays devrait se redresser d’ici 2023 avec un taux de croissance annuel moyen de 4,1%.

Une projection qui suppose une forte hausse de la production minière entre 2021 et 2023 avec la reprise du projet 24k à Tasiast par TMLSA, filiale mauritanienne de Kinross, la mise en œuvre du plan d’action de la SNIM pour augmenter la production de fer et le démarrage de la production de gaz du champ gazier offshore Grande Tortue Ahmeyim (GTA) en 2023.

« Les perspectives macroéconomiques restent cependant sujettes à quatre risques principaux : l’impact prolongé de la pandémie, les aléas climatiques, des retards éventuels dans les réformes structurelles et l’insécurité régionale », nuance toutefois Samer Matta, économiste à la Banque mondiale et principal auteur du rapport.

De fait, pour éviter une nouvelle décennie de faible croissance, des réformes structurelles seront nécessaires afin d’améliorer la gouvernance économique et le climat des affaires, encourager l’investissement dans le capital humain et physique afin d’accroître la productivité, renforcer la gestion de la dette, favoriser la flexibilité économique et diversifier une économie centrée sur l’exploitation minière et la pêche.

Ben Abdalla

Le calame

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