Dossier de la décennie : L’arbre qui cache la forêt

Dossier de la décennie : L’arbre qui cache la forêtL’Authentique – Le dossier dit de la décennie qui porte sur les actes de malversation de corruption et de détournements de biens publics pendant les dix dernières années de la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz serait finalement rattrapé par le « Système ».

Tel est l’avis de nombreux citoyens qui constatent que ledit dossier semble être orienté exclusivement vers l’ex-président, une partie de ses ministres et un groupe restreint d’hommes d’affaires alors que c’est dans ce dernier lot qu’il fallait puiser un maximum de personnes connues pour s’être subitement et largement enrichies pendant les années cibles.

Principal accusé dans les affaires de malversations commises pendant ses dix dernières années de présidence (2009-2019), l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz serait en train de « payer le prix pour tous les autres ».

Placé sous mandat de dépôt le 22 juin, l’ancien président est toujours en détention préventive à l’école de Police de Nouakchott.

Et ceci au moment où plusieurs de ses anciens collaborateurs vaquent librement à leurs occupations. Il s’agit d’abord de la trentaine de personnes (deux de ses anciens Premiers ministres, onze anciens ministres, plusieurs directeurs d’établissements publics et des hommes d’affaires). Tout un groupe qui a été auditionné, remis à la Police puis placé sous contrôle judiciaire.

Il s’agit surtout d’un autre groupe, constitué d’hommes d’affaires, celui-là qui avait largement et abusivement occupé la scène publique et financière du pays, qui « faisait et défaisait » l’actualité économique nationale.

Considérés comme des « intermédiaires du maître de l’époque », ceux-là étaient qualifiés de « nouvelle classe financière du pays », « créée des mains du président Ould Abdel Aziz lui-même qui lui facilitait toutes les tâches et l’avait imposée au détriment de la crème financière traditionnelle.

En amont, tous avaient été ciblés, voire cités dans le Rapport de la Commission d’enquête parlementaire qui avait établi leurs responsabilités dans des actes d’enrichissement illicite et de malversations perpétrés lors de la décennie 2009 -2019 : gestion des revenus pétroliers, création d’industries, affaires portant sur le foncier, l’approvisionnement du pays en différents produits, vente de domaines de l’État, liquidation d’une société publique assurant l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires, activités d’une société chinoise de pêche.

Ce fut lors de la transmission du dossier vers la Police économique, que les noms de ces « nouveaux riches » ont miraculeusement disparu ! De 360 personnes, la liste de la Commission d’enquête parlementaire n’en concernait finalement qu’une cinquantaine parmi lesquels seule une trentaine fut réellement sollicitée.

Et cerise sur le gâteau, non seulement, ces « nouveaux riches » -qui ont disparu desdites listes- n’ont jamais été inquiétés, mais plus, ils continuent de s’occuper de leurs affaires dont les fonds et surtout la notoriété ont été acquis pendant le règne de Ould Abdel Aziz. Plus, nombre d’entre eux ont même obtenu des promotions et autres privilèges, bénéficiant encore des égards des nouvelles Autorités.

Mauvaise gestion des finances publiques :

On se rappelle encore que dans son rapport annuel pour l’année 2019, le FMI avait regretté non seulement que ses conseils aient été appliqués de façon mitigée par les autorités mauritaniennes, mais également que ses recommandations destinées à dissiper les craintes de la viabilité de la dette moyennant un assainissement budgétaire et à renforcer le cadre de la politique monétaire n’aient pas été appliquées.

A l’époque, la Banque africaine de Développement avait également épinglé la mal gouvernance et la mauvaise gestion des finances publiques, surtout après que le déficit budgétaire se soit détérioré et la dette publique aggravée pour atteindre 93% du PIB.

Le FMI, comme la Banque mondiale, avaient alors critiqué le manque de transparence des finances publiques. Ces institutions financières avaient mis en cause les liens étroits existant entre des conglomérats industriels et des banques compromettant ainsi la transparence et la gouvernance.

Etaient entre autres cités, le pillage des finances publiques, de nombreuses recettes extérieures encaissées par la BCM pour le compte qui n’avaient pas été inscrites dans la loi de finances et avaient été utilisées en dehors des procédures budgétaires ; ce serait notamment le cas d’un don d’un montant de 50 millions USD accordé par le Royaume d’Arabie Saoudite à la Mauritanie au sujet duquel l’opposition n’a cessé de réclamer en vain la transparence.

Ce serait aussi le cas des 200 millions USD que la Mauritanie a perçus de la Lybie en échange de l’extradition vers Tripoli d’Abdallah Al-Senoussi, ancien chef des renseignements de Kadhafi, sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Cour Pénale Internationale.

Autres cas, celui de la Sonimex d’un montant de près 11.000 millions MRO (plus de 30 millions €), celui de la Snim qui récoltait 756 millions de dollars par an et dont le chiffre d’affaires de la SNIM avait progressé de 140% par an et les exportations de la pêche, qui se chiffraient à 280 millions de dollars, sont passées de 2011 à 2014 à plus de 400 millions de dollars en moyenne annuelle.

Entre 2010 et mi-2014, la Mauritanie a encaissé un volume considérable de ressources extérieures s’élevant à 17,24 milliards de dollars.

Les pratiques d’enrichissement illicites des proches de l’ancien président sont d’autant plus intolérables qu’il est de notoriété publique que tous ces nouveaux riches issus du pouvoir en place ne font l’objet d’aucune forme d’imposition et payent des taxes douanières à un montant dérisoire. A leurs noms, sont inscrits de nombreux biens appartenant à l’Etat, des terrains et des écoles, ont été simplement vendus par le clan au pouvoir à des proches du président.

MOM

via cridem

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