Double sortie de Ghazouani: des dossiers importants écartés

Double sortie de Ghazouani: des dossiers importants écartésLe président Mohamed Cheikh El Ghazouani a célébré le 01 août 2021, le deuxième anniversaire de son investiture en 2019. Un événement qui intervient dans un contexte dominé par le dossier « de la corruption» sous le règne de son prédécesseur et ami, Mohamed Abdel Aziz, en détention préventive depuis le mois de juin.

La pandémie mondiale du coronavirus (COVID-19),dont la troisième vague(variant Delta) provoque des centaines de contaminations quotidiennes a profondément déstructuré l’économie informelle (principale source de revenu de bien de mauritaniens)plombée davantage par un énième couvre feu. Le tableau s’assombrit alors que les populations sont confrontées à une hausse exponentielle des prix de toutes les denrées de base.

Pour marquer l’entame de l’an III de son accession au pouvoir, le président de la République s’est livré à une véritable opération de communication accordant deux interviews à Jeune Afrique et à France 24 et RFI. Ghazouani a perpétué une véritable tradition africaine celle de s’adresser à son peuple à travers des médias français et le magazine panafricain de triste réputation.

Ghazouani n’a pas innové par rapport et n’a pas dérogé à la règle établie par ses pairs africains et de ses prédécesseurs . Une pratique sans cesse condamnée à travers le continent et ici en Mauritanie.On imagine mal voir EmmanuelMacron s’exprimer dans un média mauritanien pour faire passer un message aux français.

Aussi, la double sortie du Chef de l’Etat n’a pas répondu aux attentes de bon nombre de mauritaniens confrontés à une hausse sans précédent des prix des denrées alimentaires de première nécessité, depuis le ramadan.Les chefs de famille s’attendaient à décrypter quelques signaux positifs allant dans le sens de l’amélioration du panier de la ménagère et d’une lutte sans merci contre la spéculation. De ce coté, silence radio du locataire du palais ocre.

En outre, bien de dossiers essentiels notamment la situation politique que connaît le pays depuis deux ans déjà, comme ,la récurrente question nationale (esclavage et passif humanitaire) et celle sociale ont été écatés,lors de cette double sortie.

Le chef de l’Etat a préféré aborder pêle même des sujets nationaux et internationaux sans doute triés sur le volet.

« il n’y a pas d’atteinte aux libertés en Mauritanie »

Le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, a affirmé qu’il tenait à ce qu’autre atteinte aux libertés n’intervienne en Mauritanie, commentant la loi controversée sur la protection des symboles nationaux.

Ould Ghazouani a tenu à rassurer les mauritaniens, « comme il est de mon devoir de le faire qu’il n’y aura aucune atteinte aux libertés en Mauritanie, ni en ce qui concerne les blogueurs, les journalistes ou toute personne qui se serait exprimée même sans écrire ».

Le président de la République a encore dit que tout mauritanien a le droit de critiquer tout homme politique, avant d’ajouter que le niveau des libertés dans le pays demeurera au même niveau « et s’améliorera » et qu’il n’ y a aucune intention de toucher aux libertés.

A une réponse relative à l’existence en Mauritanie, de la corruption de façon endémique ou non, le chef de l’état a dit qu’il ne pouvait pas attester l’existence de la corruption endémique mais qu’il ne pouvait pas non plus en nier l’existence.

« La Mauritanie a des richesses et nous devons œuvrer pour en bénéficier et il est inapproprié de dire le pays a des richesses et moi je suis pauvre ».

Il a ajouté qu’il souhaiterait que « le citoyen mauritanien ne réfléchisse pas de cette manière, je voudrai qu’il soit plus réaliste ».

Ould Ghazouani a encore dit qu’il ne s’agit pas là d’un manque d’intérêt pour les opprimés et les pauvres, « tous les mauritaniens savent notre intérêt pour ces couches fragiles et déshéritées et qu’elles figurent en premier dans nos préoccupations.

Nous avons créé pour cela la délégation générale (TAAZOUR) qui entreprend un travail gigantesque et important pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté.

Elle a un programme concret qui touche directement le citoyen et qui prenne en compte ses besoins ».

Sur ce volet, il a enfin déclaré : « nous entreprenons un travail important qui s’améliorera avec le temps ».

Ghazouani affirme « ne pas avoir trahi » son prédécesseur

Ghazouani a révèlé, lors d’une une interview exclusive à France 24 et RFI, s’être entretenu avec le président Kaïs Saïed après son coup de force en Tunisie.

Selon lui, son homologue tunisien s’explique, évoquant « une situation de blocage », et assure que ses actions sont prévues par la Constitution.

Revenant longuement sur l’allègement du dispositif Barkhane au Sahel, Mohamed Ould Ghazouani nie toute négociation de la Mauritanie avec des leaders jihadistes dans la région. Il admet par ailleurs que la réduction des troupes françaises au Sahel risque d’amoindrir la sécurité dans le Nord-Mali, tout en se disant confiant sur le maintien du soutien militaire français.

Enfin, concernant son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz, emprisonné et inculpé de corruption, Mohamed Ould Ghazouani nie être à l’origine de ses démêlés avec la justice et rejette les accusations selon lesquelles cette affaire cache un règlement de compte politique avec son ancien proche.

Les observateurs continuent de s’interroger sur les déclarations du président qui a affirmé qu’un ancien président doit être respecté surtout par lui. Si on ajoute à cela le fait qu’il a affirmé ignorer tout de l’affaire du dossier de la décennie, on ne peut pas ne pas partager l’avis de cet analyste qui trouve « déroutant » le président Ghazwani.

Je ne nomme pas quelqu’un parce qu’il est le fils d’un ex président

Par ailleurs, la nomination de la fille de l’ancien président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi est un message adressé aux femmes et aux jeunes et n’a rien à voir avec le fait qu’elle soit la fille d’un ex Chef d’Etat, a affirmé le président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani dans un entretien accordé à « Jeune Afrique ».

Le président répondait à une question relative au choix d’Amal Mint Cheikh Abdallahi, pour siéger dans le gouvernement en sa qualité de ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Nous ne nommons pas quelqu’un parce que son père est un ancien président, mais plutôt parce qu’il jouit des qualités requises pour le poste qu’il occupera, a-t-il affirmé.

Jeune Afrique a demandé à Ould Ghazouani, si la nomination d’Amal est un message d’apaisement envers la famille de l’ancien président, dont il a contribué à l’éviction en 2008.

Ould Cheikh Ghazouani a refusé de revenir d’un entretien qu’il a eu avec l’ancien président Sidi, avant son décès, disant s’abstenir de parler des « âmes reposées en paix », soulignant que percevoir de manière différente la vision de gérer de quelqu’un ne veut pas dire manquer de respect et d’estime à sa personne.

Le magazine Jeune Afrique avait réalisé récemment une longue interview avec le président Ould Cheikh El Ghazouani, dans laquelle, l’homme fort de Nouakchott il s’est appesanti sur les enjeux régionaux et locaux

Sahara : ghazouani réitère la «neutralité positive» de son pays

Ghazouani a défendu, une fois de plus, la «position neutre positive» de son pays sur la question du Sahara occidental.

Elle permet à la Mauritanie de rapprocher les parties, a expliqué Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani dans une interview publiée dans l’hebdomadaire Jeune Afrique. Le chef d’Etat a attribué la qualité des liens avec le Maroc et l’Algérie à l’adoption par Nouakchott de cette «neutralité positive».

Ould El Ghazouni a ainsi qualifié la relation avec le royaume d’exemplaire, notant qu’il s’est entretenu à plusieurs reprises avec le roi du Maroc, et a échangé avec lui une invitation à des visites mutuelles.

Le président a également défendu ses entretiens réguliers avec des membres de la direction du Polisario, affirmant qu’ils s’inscrivent dans la même ligne politique suivie par la Mauritanie «depuis sa sortie du conflit».

Il se réfère ainsi à l’accord d’Alger du 5 août 1979 entre la Mauritanie de Khouna Ould Haidallah, alors chef du Conseil militaire du salut national, et le Polisario, ayant scellé le retrait de Nouakchott des accords de Madrid du 14 novembre 1976. Ould El Ghazouani a dit souhaiter entretenir de bonnes relations avec toutes «les parties» engagées dans le différend du Sahara occidental.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le président mauritanien se prononce pour cette approche. En mars 2020, il avait précisé que la position de son gouvernement sur la question du Sahara «n’a pas changé et ne changera pas, car c’est l’un des principes de la politique étrangère du pays, quel que soit le dirigeant ou l’évolution du dossier».

Tout en rappelant que Nouakchott reconnaît la «République arabe sahraouie démocratique» depuis 1984, il avait défendu la «neutralité positive» observée par son pays vis-à-vis du différend territorial.

Le 7 novembre 2019, dans une déclaration de presse, son ministre aux Affaires étrangères, Ismail Ould Cheikh, avait réitéré la «neutralité» de son pays sur cette question. «Nous sommes actifs et préoccupés» par ce conflit «mais ne nous soutenons aucune partie».

Saydou Nourou T.

Source : L’Eveil Hebdo -

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