Le syndrome de Tidjikja. Par Pr ELY Mustapha

Le syndrome de Tidjikja. Par Pr ELY MustaphaPr ELY Mustapha – Les régimes militaires mauritaniens se sont spécialisés dans les techniques de diversion. Ils savent que le meilleur moyen pour occuper un ennemi et détourner son attention du lieu à attaquer, c’est d’éparpiller ses efforts.

Tromper son attention pour le détourner de l’essentiel par des manipulations, telle que la déclaration du ministre de l’enseignement supérieur à propos du transfert de l’université de Tidjikja.

Cette diversion, visant à empêcher le peuple de se focaliser sur les actes essentiels de l’État, en entrainant des tensions et autres réactions qui vont neutraliser l’esprit des citoyens, pendant que les gouvernants continueront, tranquillement leur gestion calamiteuse et les actes sur lesquelles le peuple aurait dû se focaliser.

A côté donc des multiples syndromes dont souffre le peuple mauritanien (syndrome de Stockholm, syndrome de Lima…), voici donc « le syndrome de Tidjikja ».

Le syndrome de Tidjikja, est un état pathologique de l’Etat mauritanien. Il l’utilise depuis des décennies, les symptômes qui le caractérisent sont : la désinformation, la rumeur, la propagande, le dialogue social, les déclarations intempestives et irraisonnées, l’exacerbation tribale, la tolérance de l’insécurité civile, les nominations injustifiées, les concours falsifiés, les escarmouches au sein de l’Etat, les procès spectacles en justice, l’emprisonnement injustifié de journalistes et d’activistes…Etc. Tout cela, fait tour-à-tour, neutralise l’esprit du peuple et le pousse à vider son énergie dans des affaires oiseuses, faites de toute pièce pour l’empêcher d’aller à l’essentiel à ce qui réellement détruit le pays : le pillage, la corruption, les malversations, l’injustice, la pauvreté et la misère. Bref le sous-développement entretenu.

Les vecteurs du syndrome de Tidjikja

Tout comme l’anophèle duplex (et autres compères) est le vecteur porteur de la malaria, celui du syndrome de Tidjikja est le ministre en service commandé et, de préférence, le ministre au long cours qui ayant longtemps baigné dans les gouvernements est devenu un manipulateur par excellence.

La victime de ce vecteur n’étant autre que le peuple, les ministres mauritaniens se sont spécialisé dans la diversion. Chaque fois qu’ils veulent détourner l’attention de leur activité, ils recourent à cette technique.

Hélas ! Si pour lutter contre la malaria on assèche les marais, il est difficile, à cause du clientélisme politique mauritanien, d’en faire de même pour le gouvernement. Aussi les vecteurs du syndrome de Tidjikja seront toujours en activité.

Le vaccin contre le syndrome de Tidjikja

Re-Hélas ! Tout comme pour la malaria, il n’y a point encore de vaccin contre le syndrome de Tidjikja.

Et si un peuple devait mourir du syndrome de Tidjikja, ce serait bien le peuple mauritanien. Et si d’ailleurs, il devait y avoir un vaccin contre ce syndrome il ne peut en aucune manière lui être inoculé.

En effet, ce vaccin n’est rien d’autre que la prise de conscience de son propre état. Donc ce vaccin ne peut être inoculé qu’à un peuple éduqué, conscient de ses réalités et capable de prendre du recul par rapport à la mélasse politique dans laquelle on l’enlise. Or c’est justement cette mélasse politique qui le tient dans l’inconscience, en le divertissant de ces réalités et de son être… bien loin de son bien-être. Donc non vaccinable au jour d’aujourd’hui.

Un vecteur du syndrome de Tidjikja à l’œuvre

La déclaration du ministre de l’enseignement supérieur à propos du transfert de l’université de Tidjikja, réactive le syndrome de Tidjikja.

En effet, la sortie de ce ministre prétextant la carence en eau de la ville pour bloquer un projet d’État, attendu depuis si longtemps par la population de la région, trouve sa raison dans d’autres considérations. La diversion pour détourner l’attention du peuple de ses vrais problèmes. Détourner l’attention des problèmes cruciaux qui commencent à faire bouger les masses :

- La cherté de la vie,

- La criminalité galopante

- Les scandales financiers à la Banque centrale,

- Les détournements des milliards reçus du monde pour la lutte contre la Covid-19,

- Les problèmes environnementaux de Taziast et les souffrances des prospecteurs d’or spoliés,

- Les effets du procès d’Aziz sur la crédibilité des régimes militaires,

- La colère du manifeste des harratines,

- La misère des populations à l’intérieur du pays

- La carence du Parlement et la boulimie financière des députés

- La misère de l’éducation et de l’enseignant

- L’affaire de Hondong, et autres, calamiteuse et catastrophique pour le pays

- Les magouilles congénito-familiales dans les rouages de l’État,

- Les carences et leurs effets catastrophiques des services domestiques d’eau, d’électricité et du Gaz sur les entreprises et les ménages,

- La grogne des étudiants et des travailleurs journaliers et des syndicats,

- Les forfaitures des partis de l’opposition qui font allégeances à l’Etat et qui monnayent leur servilité,

- L’immobilisme et la carence du gouvernement dans la gestion du pays,

- Le « land grab » des terres fertiles du sud du pays

- La virulence des réseaux sociaux et les vérités qu’ils distillent dans une oreille de plus en plus attentive de peuple etc…etc…

La liste est longue. Le syndrome de Tidjikja est une arme absolue des régimes mauritaniens. Des régimes qui savent, utiliser cette stratégie militaire de la diversion pour la réalisation de leurs objectifs politiques au détriment du peuple.

Et depuis des années qu’ils la pratiquent, et à force de détourner son attention, ils gouvernent un peuple amnésique. Frappé d’un syndrome dont les vecteurs de transmission, se parent de l’autorité de l’État pour enchainer sa conscience. De la peste noire au Sida, en passant par le choléra, la Covid-19 et les grandes épidémies qui ont accompagné les grandes étapes de l’histoire de l’humanité, il est probable que le syndrome de Tidjikja est certainement le plus mortel, car contrairement à un corps qui guérit, il s’attaque, à ce qui est vital pour le devenir de l’humanité, de toute humanité, la conscience du peuple.

Pr ELY Mustapha

via cridem

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