Beden ould Abidine n’est plus : Hommage au Militant

Je n’ai pas eu l’occasion de connaître Beden ould Abidine, même si j’ai beaucoup entendu parler de lui.

Ayant vécu très jeune dans une famille de Kadihines particulièrement engagée, j’en ai côtoyé beaucoup au domicile de mon oncle feu Ahmed ould Khoubah :

feu Bedredine, Mohamedhen ould Bagga, Baba ould Bogg, Maloukif Ould El Hacen, Ahmedou ould Abdelkader, El Mouvid Ould Hacen, Ely ould Boubout, El Hacen ould Taleb, Tijani ould Kerim, Ahmed Salem Cheddad, Mohamed Abdallahi ould Zeine, Taleb Mohamed ould Lemrabott, Mohamed El Hassen ould Lebatt, maître Mohameden ould Ichiddou, Moussa Fall, feu Mohamed Cheine ould Mouhamadou, Ahmed Salem ould Tah et plusieurs autres.

Feu Beden n’était pratiquement jamais avec eux au grand jour. Il était un des leaders invisibles du mouvement. Il s’occupait avec d’autres de la revue « Sayhat El Madhloum » (La voix de l’opprimé) dont l’impression et la diffusion n’ont  jamais connu d’interruption malgré la répression policière implacable et les mouchards à la solde du pouvoir qui infestaient toutes les villes.

Il parcourait aussi le pays pour prêcher la bonne parole et sensibiliser une opinion qui devint ainsi de plus en plus réceptive aux idées progressistes.

Ce n’est qu’après avoir lu ses écrits que j’ai compris combien le rôle de Beden était important, quels dangers il courut et comment, grâce à des hommes de sa trempe, le mouvement des Kadihines constitua une menace pour le pouvoir de Moktar qui fut obligé de satisfaire une grande partie de leurs doléances.

À force d’entendre les discussions autour de moi,  j’en avais une vague idée, à l’époque, et les écrits de Beden ont fini de m’édifier sur les capacités organisationnelles hors du commun d’un mouvement formé par un groupe de jeunes qui a fini par faire plier le régime.

Il y a quelques mois, il m’appela par l’intermédiaire d’un ami commun, Mohamed Vall ould Bellal, lui aussi grand militant du mouvement, pour me proposer de publier dans nos colonnes la série d’articles qu’il venait d’écrire sur l’histoire des Kadihines.

J’acceptais avec empressement. Des articles qui m’ont permis de découvrir l’homme de principes, le membre fondateur du mouvement, le militant sincère et engagé.

Des articles où il relate avec des précisions d’orfèvre les différentes péripéties du mouvement, sa naissance à Tokomadji, sa parfaite organisation, les arrestations et les tortures dont ses membres firent l’objet, la rédaction et l’impression de sa revue, sa distribution à travers le pays.

Le tout dans un style simple, plaisant et limpide. Comme un témoignage qu’il a voulu laisser à la postérité. Repose en paix, Beden ! Puisse Le Tout Puissant te couvrir de Sa miséricorde !

                                                                                                                                                         AOC

Le Calame

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