Théodore Monod, un scientifique naturaliste voyageur.

Pour cette première chronique de Vues de la terre je vous propose de croiser le regard d’un grand marcheur du désert, un écologiste avant l’heure, Théodore Monod.

A propos d’écologie, Théodore Monod écrivait en 1976 dans Ouest France : « Il y a des mots à la mode qui font recette et dont il faut, par conséquent, se méfier. Cette pauvre “écologie”, à quelle sauce on nous oblige à l’avaler tous les jours ! Au vrai sens du mot, il s’agit d’une discipline scientifique bien définie, étudiant les relations des êtres vivants entre eux et avec leur milieu, tant physique que biologique ».

Théodore Monod : scientifique, naturaliste, botaniste, géologue, géographe, zoologue, archéologue, à la fois grand explorateur et humaniste, philosophe et écrivain.

Née à Rouen en 1902, Théodore Monod est fils et petit-fils de pasteur. Mais très tôt la vocation pastorale cède la place à la vocation de chercheur. A l’âge de quatorze ans, il rédige sa première Relation zoologique et biologique, une description rigoureuse des insectes et des fleurs trouvés dans les buissons du Midi.

A l’âge de vingt ans, sa licence de sciences naturelles en poche, Théodore Monod effectue une mission scientifique en Mauritanie pour le muséum d’Histoire naturelle. Il tombe alors sous le charme des immensités du désert qu’il qualifie « de filtre, de révélateur ».

L’Afrique ! Il lui restera fidèle toute sa vie. Puis le destin mettra sur sa route « l’homme d’Asselar », un squelette fossilisé remontant au néolithique. En 1934, il se lance à la recherche d’une météorite tombée dans le massif de Mauritanie. Il la poursuivra toute sa vie pour se rendre compte à quatre-vingt-cinq-ans que « toute l’histoire a pour origine une regrettable confusion entre un relief rocheux banal et une prétendue masse météorique ».

Monod nous a légué un herbier riche de 4800 espèces. Parmi ses découvertes les plus marquantes, on retiendra aussi l’exploration de l’Adrar Ahnet, dans le Sahara central où il releva quelques 400 figures rupestres. Il clame alors sa fierté d’avoir été le premier Européen, et même le premier géologue, à avoir traversé la chaîne de l’Ahnet de part en part.

Monod n’est pas seulement un scientifique en quête d’exploits, il se lance dans une réflexion profonde sur le sens de la vie. Dans son livre les Méharées, le scientifique résume modestement :  » On s’expose à quelques désagréments en allant au désert, mais parler de danger est exagéré. C’est avant tout un effort physique et psychologique. Il faut tâcher de ne pas se démoraliser en route « . Il a pourtant réussi la performance d’un périple de 900 km sans point d’eau.

Assoiffé de désert, Théodore Monod l’a parcouru à pied, à dos de chameau, jusqu’au bout… Il avait quatre-vingt-treize ans lors de sa dernière traversée. On retiendra aussi sa lutte pacifique contre l’énergie nucléaire et on gardera l’image d’un défenseur des Droits de l’homme.

Théodore Monod, grand aventurier, marcheur du désert, décède le 22 novembre 2000 à Versailles. Il avait 98 ans. Conférence de Jean-Claude Hureau, ichtyologist et collaborateur de Théodore Monod pendant plus de 30 ans.

Audrey Plat

 

cridem.org 

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