La production nationale en légume ne couvre que 15% des besoins du marché local

Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi après-midi, les résultats du conseil des ministres. Il s’agit des ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, M. Moktar Ould Dahi, des Affaires économiques et de la Promotion des Secteurs productifs, M. Ousmane Mamoudou Kane, de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, M. Mohamed Melainine Ould Eyih et de l’Environnement et du Développement durable, Mme Mariem Bekaye.


Intervenant le premier, le Porte-parole du gouvernement a indiqué que le Conseil des Ministres a examiné et adopté, plusieurs projets de lois, de décrets et des communications, à savoir, le projet de loi abrogeant et remplaçant la loi portant code des marchés publics ainsi que des communications concernant les Etats Généraux de l’éducation, le plan stratégique pour le développement du maraichage et une présentation sur la contribution de la Mauritanie pour la mise en œuvre des accords de Paris sur le climat.

Lui succédant, le ministre des Affaires économiques et la Promotion des Secteurs productifs a souligné que le projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n°2010-044 du 22 juillet 2010 portant code des marchés publics, vise à corriger un certain nombre dysfonctionnements identifiés au cours des dernières années.

Il s’agit, selon lui, d’adapter le texte, qui date de plus de dix ans, aux réalités d’aujourd’hui, pour plus de célérité et de transparence.

M.Kane a tenu à rappeler qu’en dehors des salaires, l’essentiel des dépenses publiques se font, à travers le mécanisme de passation des marchés publics.

Au sujet des nouveautés introduites par le projet de loi, le ministre a déclaré que le nouveau texte va redéfinir le rôle de la commission de passation des marchés publics et élargir sa mission. « Cela veut dire qu’elle sera consultée désormais, sur des dossiers techniques dérogatoires et aura le droit de revoir a posteriori les marchés attribués, une sorte de mission d’audit. Le projet de loi accroit également la responsabilité des agents contractants ».

En outre, le ministre a réaffirmé le droit des soumissionnaires aux marchés publics de faire des réclamations, s’ils estiment avoir été lésés. « Mais du fait que les réclamations impliquent automatiquement la suspension du processus, une caution sera dorénavant exigée à tout soumissionnaire désireux de faire une réclamation. Le montant sera fixé par décret », a précisé le ministre.

Toutefois, le ministre a tenu à rassurer sur le fait que cette disposition ne vise en aucun cas à empêcher les soumissionnaires d’user de leur droit légitime de faire une réclamation, mais à s’assurer du bien fondé de celle-ci.

A son tour, le ministre de l’Education nationale a commenté sa communication relative au lancement du processus de concertation sur la réforme du système éducatif, et déclaré qu’une réunion du comité interministériel s’est tenue, dernièrement, sur l’agenda et les thématiques.

« Plus de dix ans après les derniers Etats Généraux de l’Education, le ministre a annoncé que des ateliers de concertation seront organisés dans les quinze wilayas du pays, avant la fin du mois d’octobre courant. Ils réuniront tous les acteurs du secteur de l’éducation. « Ensuite, une concertation nationale, sur la base des rapports régionaux, sera tenue à Nouakchott avant la fin du mois de novembre », a ajouté le ministre.

M. Eyih a ajouté que le processus sera soldé par l’élaboration avant la fin de l’année d’une nouvelle loi sur la réforme du secteur de l’éducation nationale ainsi qu’un plan décennal sur l’amélioration du secteur, en vue de fixer un cadre approprié pour l’édification de l’école républicaine.

De son côté, la ministre de l’Environnement a précise au sujet de sa communication relative à la contribution révisée de la Mauritanie à la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat que tous les pays signataires de l’accord doivent remplir deux obligations : la première porte sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre et la seconde sur la création des conditions d’adaptation aux effets du changement climatique.

La ministre a, encore, indiqué que selon les Nations Unies, le monde doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 2 degrés chaque année. « Il est d’ailleurs souhaitable qu’elle baisse à hauteur de 1,5 degré », estime-t-elle.

Pour ce qui est de l’adaptation, la ministre a affirmé que la Mauritanie a d’ores et déjà entamé sa transition énergétique, notamment à travers la production d’énergie éolienne et solaire. En plus, ajoute-t-elle, le pays mise sur la production de l’hydrogène vert, qui au demeurant, figure parmi les objectifs de l’agenda 2030 qui promeut l’économie verte.

Elle a précisé qu’un accord a aussi été signé avec CWP Global pour la production de l’hydrogène vert. Mais au vu de nombreuses études à mener, la production ne devrait commencer à qu’à l’horizon 2026.

Enfin, la ministre a déclaré que la mise en œuvre de la contribution révisée de la Mauritanie, nécessite l’implication de plusieurs départements, dont ceux de l’agriculture, de la santé, de l’hydraulique, des infrastructures, de l’énergie et de la pêche.

Parlant du maraichage, le Porte-parole du gouvernement s’est exprimé au nom du ministre de l’Agriculture, et a expliqué que les données du ministère indiquent que les besoins de la Mauritanie en légumes sont estimés à 300 000 tonnes par an. La grande majorité, soit 85% de ses besoins sont importés, tandis que les 15% restants sont produits localement.

Selon le ministre, les données montrent qu’en 2016, 255 000 tonnes ont été importés, dont 165 mille d’Europe et les 90 mille autres du Sénégal et du Maroc.

« En ce qui concerne la production nationale, elle est évaluée à 45 000 tonnes par an, avec une superficie exploitée de l’ordre de 3000 hectares. Le rendement moyen est ainsi de 15 tonnes/ha », a précisé le ministre.

En outre, le ministre a noté qu’en 2018 l’enveloppe globale des importations en légumes a atteint 28 millions dollars US, selon une étude du ministère de l’agriculture. Cette enveloppe a servi essentiellement à importer des oignons, des patates, des tomates et des carottes.

Par ailleurs, le ministre a souligné que le plan stratégique de développement du maraichage, vise à faire un état des lieux et ensuite à mettre en place un train de mesures pour développer la filière dans le but de couvrir les besoins du pays en légumes.

« Les cinq axes définis dans ce plan stratégiques consistent à : évaluer des besoins du marché national, définir des zones de cultures, vulgariser des modes productions innovants, créer des infrastructures de commercialisation, de conservation et de transformation et organiser, coordonner et faciliter le financement du secteur », note le ministre.

Pour ce qui est de la campagne maraichère 2021 – 2022, le ministre a déclaré que nombreuses actions seront déployées, notamment la création de 12 pépinières collectives dans les principales zones de production et l’accompagnement des agriculteurs, à travers la fourniture d’équipements et la création de périmètres pilotes dédiés au maraichage. A cela, indique le ministre, s’ajoutent l’encadrement technique et la promotion de l’agriculture en zone urbaine ainsi qu’au niveau des familles.

Répondant à une question relative à la relocalisation de plus de 1000 gardiens à Tevragh Zeina vers des zones semi-urbaines, le ministre a précisé qu’au niveau de ces endroits, toutes les installations publiques sont prévues, notamment l’accès à l’eau potable et l’éclairage public. Selon le porte-parole du gouvernement, ces personnes n’ont pas été jetées au milieu de nulle part, insistant sur le fait que la décision a été prise en concertation avec les familles déplacées, et dans leur intérêt.

AMI

 

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