VISION (I) : Une relecture de notre figh national s’impose, car devient un frein au developpement et progrés …

À la une | ALERTE Lors de l’accession de notre pays à l’indépendance, vers la fin des années 50, du siècle dernier, les mauritaniens se partageaient un islam authentique, tel que révélé dans le coran.

 

Un islam fondé sur les valeurs universelles qui régissent les rapports entre les hommes.

Le temps passant, cet islam a été dévié, petit à petit, au point que,  dénaturé en certains de ses concepts, il  est devenu un frein au développement et au progrès.

Vers les années 1980, un « islam arrivage » s’est imposé chez nous, en Mauritanie . Les conséquences en furent, qu’un recul des mentalités progressistes a été largement constaté.

Trois importants phénomènes survenus dans notre passé récent, corroborent ce constat :

 

I-  La dégradation des relations entre les gens du livre (1ére marche arrière)

Les gens du Livre ou ahl al-kitâb (arabe : اهل الكتاب) sont ceux à qui, selon le Coran, le message divin a été transmis, à travers un livre révélé à un prophète.

 

Très attachés au Coran, les mauritaniens s’en tenaient avant 1978,à ses recommandations, relatives aux  relations avec les gens du livre : juifs,  sabéens et  chrétiens.

Plusieurs versets coraniques évoquent ces relations. Nous n’en citons que :

-           «Vous est permise la nourriture des Gens du Livre et votre propre nourriture leur est permise. Vous sont permises les femmes vertueuses d’entre les croyantes, et les femmes vertueuses d’entre les Gens du Livre».

-

.- «…Et tu trouveras que les plus proches des croyants par l’affection sont ceux qui se disent chrétiens, car il y a parmi eux des prêtres et des moines dénués de tout orgueil.»

 

-          «Ne discutez avec les Gens du Livre que de la manière la plus courtoise, sauf avec ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites : Nous croyons à ce qui est descendu vers nous et à ce qui est descendu vers vous. Notre Dieu qui est votre Dieu est unique et nous lui sommes soumis»

 

Forts de ces recommandations,   les mariages mixtes entre mauritaniens musulmans et chrétiens (français surtout) se pratiquaient , à l’époque, sans gêne ni complexes.

 

Il en est issu de nombreux métis mauritaniens qui jouissaient des mêmes considérations, affections et égalité que toutes les autres composantes du peuple mauritanien.

 

Force est de constater aujourd’hui’ hui que, non seulement les métis mauritaniens se sont « fondus » ,par crainte de se trouver médis et / ou méprisés (http://www.chezvlane.com/2016/06/en-mauritanie-le-metissage-est-devenu.html) mais les relations avec les gens du livre en général et les chrétiens, français en particulier, ont grandement reculé.

 

L’interdiction précipitée et   chevaleresque, par exemple, de l’usage de la langue française dans certaines institutions républicaines, telle que l’assemblée nationale et d’autres administration est l’illustration parfaite du recul des mentalités en ce sens.

Lesquelles mentalités ne discernent plus ,voire confondent ,la France en tant qu’ancien  pays colonisateur et les  citoyens français de religion chrétienne , les « Nassarani » .

 

 

II- La question de l’esclavage (2éme marche arrière)

L’esclavage a été aboli en Mauritanie, dès l’accession du pays à l’indépendance, en vertu des termes de la Constitution du 20 mai 1961, en son chapitre consacré aux droits de l’homme qui affirme, dans son article premier (deuxième alinéa) :….

- « La République assure à tous les citoyens, sans distinction de race, de religion ou de condition sociale l’égalité devant la loi »

Voyant que cette clause de la constitution rencontrait quelque difficulté à être appliquée, le ministre de la justice, garde des sceaux, de l’époque, Mohamed Lemine Ould Hamoni a émis , en 1966, une circulaire ( http://adrar-info.net/?p=47948 ), dans laquelle, il avertit audacieusement, ceux qu’il appelle   » attardés  » , qui manipulent les textes religieux intentionnellement (les islamistes de nos jours) , en ces termes :

« Je n’ignore pas que certains Mauritaniens prétendent cette législation contraire aux préceptes du coran, qui, selon eux, justifie la pratique de l’esclavage. A ces attardés, vous voudrez bien faire observer que leur interprétation du livre sacré est erronée : l’esclavage a été autorisé en vue de faciliter la soumission des infidèles et leur conversion à la religion musulmane ; n’aurait-il pas dû prendre fin aussi tôt que ces buts ont été atteints ? Et a-t-il encore une raison d’être dans un pays où la population est entièrement islamisée ? D’ailleurs tous les Etats musulmans, y compris l’Arabie Saoudite qui l’a longtemps admis, interdisent maintenant l’esclavage. »

Malgré la clarté et fermeté de cette circulaire et bien que  beaucoup d’anciens esclavages se soient libérés d’eux-mêmes, avant et après l’indépendance nationale, des cas d’esclavage demeurent, en certains endroits du pays.

Les mouvements de contestation intervenus les années 1968, notamment les Kadihines , pensaient avoir mis fin au, phénomène d’esclavage – en rangeant par voie de leur propagande et par des faits , actions, slogans  et gestes pratiques sur le terrain – tous les mauritaniens,  sous  le même statut de  « citoyen à part entière »

Il n’en demeure pas moins et malgré cela aussi, que quelques cas d’esclavage  continuent de se manifester çà et là. Lesquels cas , avec leur persistance  , ont conduit à la création du mouvement « El Hor »en 1978  et la  promulgation de la fameuse Ordonnance n° 81-234 du 9 novembre 1981 « abolissant l’esclavage »,signée par le président Mohamed Khouna Ould Haidalla.

Cette ordonnance qui stipule « que les propriétaires des esclaves  libérables, doivent être compensés pécuniairement », dénote  à quel point, nos dirigeants en 1966, étaient ,en avance de centaine de milliers « d’années-lumière », par rapport aux Oulémas, Faghih et conseillers de l’ancien président Mohamed Khouna Ould Haidalla, qui ne se sont pas suffi , à travers leur Fatwa ,de lui inculquer que l’esclavage est légal selon leur religion, mais ils  lui ont suggéré en plus,« d’appliquer la Chariaa islamique »,contraignant les mauritaniens du 21éme siècle à remonter le temps  pour simuler vivre au moyen âge.

 

III- L’affaire Mohamed Cheikh Ould M’Khaitir (3éme marche arrière )

L’affaire Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir qui a défrayé la chronique et tenu en haleine de 2014 à 2019 tous les mauritaniens et le monde entier, ne fut en définitive, de bout en bout, qu’une fâcheuse machination lancée et entretenue par la mouvance islamiste, pour engager à son profit, des citoyens innocents, sous le couvert de chasse aux apostats et à l’athéisme.

Les péripéties de cette rocambolesque affaire, soulevée en décembre 2013, passant par l’arrestation de son auteur le 2 janvier 2014, son procès le 23 décembre 2015, la cour d’appel qui change le statut de son crime le 21 avril 2016 et qui le libère le 9 novembre 2017, ont été suivies par tous, dans les chaines de radios, TV et sur les réseaux sociaux.

Comme a été suivie par tous, l’autre injustice de le transférer, après sa libération judiciaire, en isolement dans un lieu tenu secret de 2017 à 2019.

Au-delà des manigances politiciennes dont le peuple mauritanien en est l’enjeu et la victime, depuis 1978, c’est le comportement perfide de nos respectables Oulémas, Faghih , Imam qui, hier ,vociféraient pour  exiger la tête de Ould M’Khaitir  et qui , sur un cliquetis de doigt du boss d’antan, viennent courber l’échine, filmés par les caméras publiques et privées, devant Mohamed Cheikh Ould M’Khaitir, le saluant respectueusement et lui demandant pardon !!!

 

La méditation de ces trois exemples , pourrait – souhaitons-le – contribuer à ouvrir les esprits de nos dirigeants et cadres, afin que l’aspect religieux, lanterne de notre progrès dans ce monde ici-bas et condition de notre passage réussi dans une seconde vie au sein d’un paradis éternel , soit astiqué de toutes ces hypocrisies qui l’entachent.

Les ministères de la culture, de l’orientation islamique, des finances, du tourisme, le haut conseil de la fatwa et des recours gracieux, ainsi que la ligue des Oulémas, les chercheurs, professeurs d’universités, les élus et hommes politiques, sont responsables, devant Dieu et les citoyens ,de ce « laisser -aller » dans l’espace religieux, qui freine et retarde notre développement et progrès.

 

Ely Salem Khayar

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire