L’agriculture oasienne en Adrar: un dynamisme économique bénéfique

Résultat de recherche d'images pour "palmeraie adrar mauritanie"La population de la wilaya de l’Adrar vit de l’agriculture oasienne, qui attire des milliers de cultivateurs, tant les avantages économiques de cette activité sont nombreux.

C’est ce qui lui vaut sa place de principal moteur de développement de la région. L’engouement des gens pour la culture de dattes est légendaire. Les palmeraies sont héritées de père en fils depuis des siècles, si bien que, malgré les moyens rudimentaires, tous les secrets liés à cette activité sont maîtrisés par les paysans adrarois.

Ensuite, la culture sous palmier est très en vogue ici, pour planter des légumes ou fruits à l’ombre des dattiers. Autant de facteurs propres à inscrire cette activité dans la politique nationale visant à atteindre l’autosuffisance en matière de sécurité alimentaire.

À cet égard, le bureau de l’Agence mauritanienne d’information (AMI) a tenu des réunions avec des responsables et des agriculteurs au sujet de l’importance de cette agriculture dans la wilaya, ses défis et ses perspectives d’avenir.

M. Mamadou Ibrahima Wade, représentant régional pour le développement rural, a déclaré que l’Adrar est une région oasienne en raison du volume de palmiers qu’elle recèle, ajoutant que les paysans se plaignent de la rareté de l’eau et de la difficulté d’y accéder, ce qui a eu un impact négatif sur leur productivité cette année.

Il a précisé que l’agriculture sous palmier dans la wilaya est d’une superficie de 157 ha pour cultiver des légumes, de l’orge et du blé, soulignant que la délégation travaille à doubler ce chiffre, en coopération avec le projet de développement des oasis en fournissant des équipements et des missions d’orientation, afin de parvenir à cet objectif.

Le délégué a ajouté que l’Adrar est la région des carottes, en raison du volume de production de cette denrée de base, précisant que les principaux foyers de ce produit sont Ouad Loudey, Maaden et Ajchane, ajoutant que la commune de Aïn Ehl Taya a amélioré sa production de légumes cette année, avec plus de 23 hectares au lieu de 10 ha les années précédentes.

Il s’est dit satisfait de la saison à venir, selon les indicateurs préliminaires concernant la qualité des palmiers, appelant les cultivateurs à travailler d’arrache-pied pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire.

Il a ajouté que sa structure effectue des visites de terrain afin d’identifier les problèmes, d’alléger les souffrances qui en résultent et d’aider à améliorer leur situation.

C’est ainsi que le programme a distribué 300 unités d’irrigation aux associations participatives oasiennes, dont 26 ont été mises en place et 24 d’entre elles ont été financées avec des prêts gérés à proximité.

Le coordinateur a précisé que 28 champs pilotes éparpillés dans les différentes moughataas de la wilaya ont été achevés, dont le champ de Teyaret, vaste de 100 ha.

Celui-ci comporte 14 400 palmiers, dotés de tous les moyens nécessaires, afin de permettre aux agriculteurs du domaine de cultiver des légumes pour soutenir la production locale et contribuer à l’approvisionnement quotidien du marché en produits maraichers.

L’Adrar recèle 45% de la production de palmiers à l’échelle nationale avec un volume estimé à plus de 1,2 million de palmiers, a-t-il dit, ajoutant que son programme dispose d’une équipe de moniteurs qui travaillent à l’évolution de la mentalité des agriculteurs et à renforcer leurs capacités pour obtenir les meilleurs résultats.

La wilaya de l’Adrar compte plus de 150 ha de terres maraîchères, propices à la culture de l’orge et du blé, ce qui en fait le leader national après le Trarza.

Selon M. Mohamed Ould Kneite, directeur du Laboratoire des maladies du palmier, cette institution a été créée par décret n°61-2019 du 8 avril 2019.

L’institution est principalement préoccupée par le développement de la culture du palmier en mettant les résultats de la recherche scientifique au service du développement du secteur des oasis d’une manière pratique afin d’augmenter la production au moyen de la lutte contre les ravageurs vecteurs des maladies du palmier.

Le développement du secteur se fait par la technique de la reproduction par le biais du liquide de palme au moyen de la greffe de tissus, soulignant qu’une seule souche produit environ 200 000 autres avec les mêmes spécifications que la souche-mère, ce qui permet l’expansion de la zone plantée de palmiers et facilite le transfert de l’expérience vers le reste du pays, pour améliorer le niveau du sol et contribuer au renforcement des capacités agricoles au niveau national.

Il a ajouté que son laboratoire travaille au développement de l’agriculture afin d’assurer la réalisation de la stratégie nationale dans le domaine de l’agriculture des oasis de toutes sortes, afin de lutter contre la pauvreté et le chômage, réduire l’exode rural et atteindre l’autosuffisance.

Le laboratoire travaille également à traiter le produit en contrôlant les parasites, tels que le traitement de le fléau dit «Taka » par l’usage du soufre humide, en plus de la lutte contre les insectes nuisibles à l’être humain, la lutte contre les maladies fongiques et le charançon rouge.

Le directeur a souligné que grâce aux efforts concertés le pays est parvenu à éliminer une fois pour toutes le fléau du rouge, ce qui a valu à l’État d’être honoré par l’Organisation mondiale de l’agriculture comme le premier pays au monde à éradiquer ce fléau.

Pour sa part, le maire de Maaden el-Irvane, M. Amou Ould Dahane, a affirmé que sa commune est connue pour ses grandes oasis, telles que celles de Mhaireth, qui est la plus grande oasis du pays, l’importance de sa production et la qualité de ses dattes, les plus appréciées d’entre toutes.

Cette oasis contient à elle seule le tiers des palmiers de l’Adrar, indique le maire, qui souligne que l’agriculture dans cette région souffre de la pénurie d’eau et de l’épuisement des nappes phréatiques en raison de quatre années successives de sécheresse, qui ont fait chuter la production et provoqué l’exode des paysans vers les villes à la recherche de travail.

Mme Fatimetou Mint al-Hamd, à la tête d’une coopérative agricole dans la moughataa d’Oujeft, a déclaré que depuis sept ans, elle cultive des légumes, fruits et dattes, ce qui lui a donné une expérience considérable dans ce domaine.

L’agriculture des oasis est la principale source de revenus des habitants de la moughataa d’Aoujeft en particulier et de la wilaya de l’Adrar en général. Elle demande la fourniture d’équipements et de semences en temps opportun pour assurer une saison agricole réussie pour approvisionner le marché et assurer l’acheminement des légumes vers la capitale, Nouakchott.

M. Mokhtar Ould Yarkit, cultivateur, s’est dit heureux d’exercer ce métier depuis plus de 35 ans, ajoutant qu’il cultive des légumes de toutes sortes: pommes de terre, aubergines, navets et betteraves, ainsi que des carottes et des tomates (qui sont des fruits) et des fougères.

Le prix des légumes est en baisse progressive, en raison de leur disponibilité dans les champs locaux, ce qui contribue à stabiliser leurs prix et à les rendre accessibles aux citoyens, a-t-il dit.

Il a souligné que le prix d’un kg de carottes ne dépasse pas 150 MRO, et 200 MRO pour le kg de tomates, de navets et de betteraves.

Il a ajouté que la production de légumes de cette année a connu une certaine baisse par rapport à l’année dernière, mais les légumes sont sujets à de nombreux aléas, remarque-t-il, en se réjouissant de la suffisance des stocks pour alimenter le marché local et les acheminer vers le reste du pays.

Il a appelé l’État à intervenir d’urgence pour aider les agriculteurs en fournissant du matériel, des semences, des clôtures et en lui apportant un soutien matériel et moral afin d’atteindre l’autosuffisance à laquelle aspire chaque citoyen de ce pays cher.

 

AMI

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire