Rappel Historique : 1ere visite officielle du président Mokhtar en Adrar , cœur politique de la RIM (reportage en Hassaniya)

Wilaya d'Adrar - Ministère de la Culture et de l'Artisanat en MauritanieGrace à son ami Sid El Mokhtar N’Diaye, président de l’assemblée territoriale mauritanienne de 1952 à 1958 et l’ouverture d’esprit des populations de l’Adrar, le jeune avocat Mokhtar Ould Daddah est élu en mars 1957 conseiller territoriale de l’Adrar, au lieu de Boutilimit sa ville natale, barrée par son oncle  l’éminent candidat Souleymane Ould Cheikh Sidya.(lire ci-dessous).

Depuis lors , celui qui sera le premier président de la République Islamique de Mauritanie , portera à vie sa reconnaissance aux gens de l’Adrar.

Aussi, dés son investiture officielle , premier magistrat du pays , sa première visite officielle dans les régions intérieures fut celle de la ville d’Atar capitale administrative de l’Adrar.

Reportage :

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Rappel : L’Adrar est le coeur politique de la Mauritanie

Figures historiques : Hommage à Sidel Moktar N'DiayePierre Messmer , ancien administrateur colonial du cercle de l’Adrar mauritanien ( 1950-1952), gouverneur de la Mauritanie (1952-1954) ancien  Ministre des Armées ,et  Premier ministre de la France a dit :

« L’Adrar (et surtout Atar), est le cœur politique de la Mauritanie. L’ile-de-France par rapport à la France, le lieu à partir duquel  la République Islamique de Mauritanie s’est peu à peu constituée ».

La déclaration  de ce   Chancelier de l’ordre de la Libération , membre de l’Académie française  , prononcée bien avant l’accession de la Mauritanie à l’indépendance nationale,  s’est avérée « assertion vraie » ,scientifiquement parlant .

En jetant en effet, un regard rétrospectif sur  la vie politique en Mauritanie depuis le retour en France de Pierre Messmer, le constat est évident.

C’est en Adrar  qu’est né a Atar le 13/09/1916 Sid’El Moctar  N’Diaye, le véritable pionnier -adducteur de la naissance de la République Islamique de  Mauritanie dans ses frontières et indépendance  actuelles :

Député de la Mauritanie à L’Assemblée Nationale française de 1951 à 1959 ; Président de l’Assemblée territoriale de Mauritanie de 1952 à 1958 ; Président de l’Assemblée Constituante de la RIM du 28 novembre 1958 à mai 1959 ; Président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie de mai 1959 à mars 1961.C’est lui qui  a signé le 28/11/1958 le document officiel proclamant la création officielle de la République Islamique de Mauritanie.

Et c’est ce Sid’El Moctar  N’Diaye  qui a choisi  l’autre «  père de la nation » ,  Moktar Ould Daddah pour diriger les destinées de la Mauritanie :

 « … Sidiel à qui je rétorquais qu’il était lui, le leader politique, tout désigné me répondit, sans ambages, qu’il ne voulait pas exercer de responsabilité dans le domaine exécutif… (et) que donc il ne voyait que moi pour être cet homme politique « nouveau » appelé à diriger la Mauritanie « nouvelle … »dixit Moktar  dans ses mémoires «  contre vents et marées »

http://cridem.org/C_Info.php?article=650645

 

Pour concrétiser son choix sur le terrain ,  Sid’El Moctar  a mis en jeu  tout son charisme et réputation pour que  Ould Daddah parvienne à se porter candidat au poste de conseiller territorial . Chose difficile en son temps  car la circonscription administrative de Boutilimit par laquelle pouvait passer la candidature de Moktar est barrée par son parent,  l’éminent  notable Souleymane Ould cheikh Sidiya . Pour Sid’El Moctar, il fallait passer autrement.

L’anecdote que se content les Atarois est la suivante : «  Par un soir de 1957, Ould Yahya N’Diaye (ainsi l’appelle-t-on à Atar) arrive par avion en compagnie de son ami Moktar  Ould Daddah.

De l’aéroport, le président de l’assemblée territoriale de la Mauritanie,  envoya un message verbal  à Ehel  ( gens d’) Adrar : «  Je suis venu avec mon jeune ami  Moktar . Je   cherche à le proposer au poste de conseiller territorial. Si cela est possible, tant mieux. Si, non, je vais continuer ma route  ». Le messager courut à pied et vint communiquer l’information  au  grand notable et richissime commerçant  Homody Ould Mahmoud ,  beau père de Sid’El .. .. Expectative !!! Casse-tete !!!

L’auguste Homody  sait que la Jemaa de l’Adar   a déjà choisi  ses  candidats aux postes de conseillers territoriaux , et non des moindres, en la personne de Dey Ould Sidi Baba ,  Sid’Ahmed Kabach pour Atar etAhmed  Ould El Mounir pour Chinguetti .

Des « mastodontes politiques » aussi illustres  et prestigieux, aux yeux d’Ehel Adrar , que Souleymane Ould Cheikh Sidiya pour Ehel  Boutilimit.

Que faire alors ?

Ne dit-on pas que : derrière chaque grand homme, se cache une femme. Salka Mint Ebdebba qui a tout entendu de la conversation entre son mari et l’envoyé de Sid’El , n’attendit pas la minute  pour lancer toute son autorité, sa force d’âme, son intelligence, son aura, sa sagesse et ses nombreuses relations amicales pour que   la Jemaa de l’Adrar se réunisse extraordinairement  dans les plus brefs délais et que le souhait de son  gendre  se traduise en realité .

Grace à la noblesse de sentiments, clairvoyance, ouverture d’esprit , amitié sincère, ambiante entre les grandes notoriétés de l’Adar ( Allah Yarham Houm Jemi3an)  , les dignitaires de l’adrar , sur proposition d’Ehel Chinguetti decidérent   que Ould EL Mounir retire sa candidature pour permettre à Moktar Ould Daddah de porter le flambeau de représentation de la 7eme ville sainte, devenue , bien aprés,vers  les années 80: patrimoine de l’humanite.

Ainsi donc  Moktar Ould Daddah fut  élu en mars 1957 conseiller territorial de l’Adrar.

Depuis lors ,  il n’a cessé de manifester sa reconnaissance à l’endroit d’Ehel Adrar . Dans son discours fondateur  le 1er Juillet 1957 à Atar (justement), il disait en guise d’introduction :   

« Mes chers amis, mes chers compatriotes,  C’est avec une émotion toujours renouvelée, que je me retrouve dans ce cadre de l’Adrar immortalisé par le poète qui a chanté les noms prestigieux de « Gour Hamogjar, du Batem, du Dhar Tiffojjar » et surtout au milieu de vous tous, à qui, je dois la place que j’occupe maintenant. Je tiens à vous remercier à nouveau de la confiance que vous m’avez accordée, me permettant ainsi d’accéder aux plus hautes responsabilités. Je puis vous assurer que cette confiance ne sera pas déçue. Je veux aussi remercier tout particulièrement l’Emir de l’Adrar à l’hospitalité duquel nous devons de nous retrouver tous ensemble ce soir. Je lui suis reconnaissant de vous avoir rassemblés ici pour entendre ce que j’ai à vous dire.

http://mauritanie-ouldkaige.blogspot.com/2012/12/un-discours-fondateur-celui-du.html

En mai  1957, Moktar Ould Daddah devint vice-président du conseil de gouvernement de la Mauritanie. Il fit alors décider le transfert de la capitale mauritanienne en territoire national, mettant fin à la situation surprenante d’un pays dont l’administration et les pouvoirs publics siègent à l’extérieur, à Saint-Louis, chef-lieu commun du Sénégal et de la Mauritanie à l’époque coloniale.

L’autonomie adoptée par référendum en novembre 1960 fait de Moktar  le Premier ministre de la République islamique de Mauritanie. Ould Daddah est ensuite élu président de la République par l’Assemblée nationale en 1961.

 Comme pour justifier les propos de Pierre Messmer qui parle du Grand  Adrar, couvrant en son temps l’Inchiri, Nouadhibou et Tiris Zemmour, la Mauritanie continue, après la proclamation de son indépendance en 1960, de battre au rythme du cœur de l’Adrar.

Ainsi ,  les cinq  principaux présidents qui ont réussi  a tenir la barre de commandement du pays et marquer par  leur passage, l’évolution du pays, sont issus de l’Adrar ou de localités qui lui sont satellites.

Moktar Ould Daddah «  adoptif politique de l’Adrar  »connu pour :  (abnégation  diplomatique pour la reconnaissance du pays ;  Sortie de la Mauritanie de la zone franc ;  Nationalisation de Miferma ;      Guerre au Sahara. …)

Mohamed Khouna Haidalla : (Application de la Chari3a islamique  et loi interdisant l’esclavage…)

Maaouiya Ould Taya :( Introduction des nouvelles technologies de communication  ;Premières élections démocratiques dans le pays ;  Relation diplomatique  avec Israël; événements sanglants  89-91 ; Liberté de la presse… )

Ely Ould Mohamed Fall : ( Transition démocratique et remise du pouvoir aux civils….)

Mohamed Ould abdel Aziz  (nouvel hymne, nouveau drapeau, suppression du sénat, réécriture de l’histoire ,  dans le cadre de la création d’une 3eme république en Mauritanie ).

Très tôt de parler du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani , natif de la moughataa  d’Aoujeft , wilaya de l’Adrar.

L’Adrar a  offert en martyr le premier maire de la ville d’Atar , Abdellahi Ould Oubeid 1922-(nuit du 8/9novembre) 1960 ,  assassiné pour avoir osé interdire,dés l’indépendance du pays, aux militaires  Français  d’organiser des manifestations perverses dans sa commune .

Tout comme l’Adrar a donné à la capitale du pays naissant ,Nouakchott,  son premier maire autodidacte , en la personne de Mohamed Ould Khayar ( 1912-1986 )….

Mais l’Adrar n’est pas que le cœur politique de la Mauritanie. Il est aussi  son cœur culturel : Le poéte Hamam Fall , fils d’Atar,est  fondateur du théâtre et  cinéma modernes, Jeich Ould Seddoum avec sa troupe artistique ,est l’ initiateur de la danse  «  Jaguar » devenu universel; Brour Ould Mahmoud avec sa  percée dans le  Med’H et  Bendje ….La culture de l’Adrar ,  terre  de  la Guetna et des bonnes manières, : El Kebdé We Dherwa (Atajine de 10H):Tehyadh (prendre le thé sous l’ombre d’un  mur:  Coiffit Wawa (1eres coiffes des jeunes hommes avec la tondeuse électrique ): Cérémonies de  baptêmes, condoléances, mariages,modes vestimentaires,dont les adrarois sont précurseurs,  sont aujourd’hui partagés  dans tout le pays .

Au plan économique, les premiers hommes d’affaires sont ressortissants de l’Adrar..

D’ autres sujets  à aborder ultérieurement…

Ely Salem Khayar (texte écrit le 8 fevrier 2016 et réactulisé le 1er  juin 2020)

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