Rappel historique : Admission de la RIM aux N.U, la vigoureuse percée diplomatique de Mokhtar

Amin Daddah Kountche Presidents Moktar Ould Daddah Photos éditoriales  libres de droits - Image libre de droits | ShutterstockIl a fallu à la toute nouvelle république islamique de Mauritanie, après la proclamation de son indépendance le 28 novembre 1960, une année d’attente devant la porte de Nations Unies , pour , enfin, se faire admettre comme nouveau membre,le 25 Octobre 1961.

Ce jour là , le Conseil de sécurité des Nations Unies, au cours de sa 971e session, a voté la Résolution 167, qui recommande à l’Assemblée générale des Nations Unies d’admettre la République Islamique de Mauritanie  comme nouveau membre.

Dans sa farouche volonté , d’impulser une diplomatie des plus agressives ,pour  hisser  son pays à la place qui lui sied ,dans le concert des nations libres, le tout nouveau président Mokhtar Ould Daddah est introduit dans la vaste salle des  conférences des Nations Unies. Reportage :

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Quelques jours, plutôt, rongeant sa patience ,en attendant l’admission de son pays aux Nations Unies, Maitre Mokhtar Ould Daddah , dans sa percée diplomatique,tout azimut, faisait parvenir au journal  le  » MONDE « ,la déclaration suivante :

« La Mauritanie n’acceptera pas de renoncer à l’indépendance pour devenir une marche lointaine de l’empire chérifien

(Le Monde du 31 août 1960)

Au moment où le gouvernement de Rabat décide de porter devant l’O.N.U. les problèmes que pose l’accession de la Mauritanie à l’indépendance et où les États arabes assurent le Maroc de leur appui, M. Moktar Ould Daddah, chef du gouvernement de Nouakchott, nous adresse la déclaration suivante :

 

 » Ces derniers Jours, commentant les dissensions qui opposent certains États africains, d’aucuns comparent le différend mauritano-marocain à la situation du Katanga vis-à-vis du gouvernement de Léopoldville, et du Sénégal vis-à-vis de la Fédération du Mali. » D’autres pensent au litige qui a opposé le gouvernement de Khartoum à celui du Caire, il y a quelques années. » Ces situations n’ont rien de comparable avec celle où se trouve la République islamique de Mauritanie à l’égard du Maroc. » En effet le Katanga a fait partie de la colonie belge du Congo, il en faisait encore partie lors de l’accession à l’indépendance de ce territoire. Le Sénégal, à une date récente de son histoire, a adhéré à la Fédération du Mali. Le Soudan de Khartoum a été appelé Soudan anglo-égyptien et a constitué un condominium du même nom. » Rien de comparable, l’histoire ancienne et moderne le prouve, n’existe entre le Maroc et la République islamique de Mauritanie.

Deux pays distincts

 » Avant la colonisation française, pendant cette même colonisation, il a toujours existé un Maroc et une Mauritanie distincts : en Orient arabe, dans les lieux saints de l’Islam notamment, la Mauritanie est appelée  » Chenguitt « , alors que le Maroc est appelé  » Marrakech « .

 » Depuis 1957, la personnalité mauritanienne a été s’affirmant à l’intérieur comme à l’extérieur, et ce malgré les revendications de Rabat sur notre pays. Ces revendications, sans aucun fondement historique ou juridique, ont semblé trouver une confirmation dans la présence au Maroc depuis 1956 d’une demi-douzaine de réfugiés mauritaniens venus de leur propre gré s’installer dans ce pays et qui ont accepté d’être les porte-parole des visées annexionnistes de Rabat.

 » Or, la simple présence de réfugiés politiques sur un territoire étranger n’a jamais été une preuve de l’adhésion de leur pays d’origine aux thèses qu’ils expriment, c’est là une vérité qu’il fallait rappeler.

 » Sans prendre parti devant la naissance des nationalismes sénégalais et katangais, une constatation s’impose : ces nationalismes expriment une tendance à la  » balkanisation « , au  » micronationalisme  » en Afrique, tendance qu’on peut regretter, mais qui n’en est pas moins évidente.

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Malgré sa jeunesse, la Mauritanie, grâce à la volonté inébranlable de ses dirigeants de l’époque et leur persévérance , s’est imposée , en quelques courtes années , un état libre et indépendant, reconnu au niveau africain, arabe et international

Ely Salem Khayar

Rédaction Adrar info

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