« CHRONIQUE DE LA MAURITANIE: Nouvelles d’ailleurs: Célibat, polygamie et autres misères…

Femmes et médias : L'Apartheid linguistiqueSi l’on en croit un confrère, une tribu des Nous Z’Autres aurait trouvé l’arme absolue contre le célibat des femmes, célibat dû à un nombre plus élevé de femmes que d’hommes, chez nous (c’est, d’ailleurs, le ratio international) : la polygamie.
Ou, pour résumer à l’intention de mes lecteurs non-avertis des us et coutumes des indigènes que nous sommes : 1 homme/4 femmes, 4 étant le nombre autorisé. Entre 0 et 4, des variantes : 1 homme/1 femme (je sais, ça ressemble à la parité mais ce n’est pas du tout de cela dont nous parlons), 1 homme/2 femmes (ça c’est un trio), 1 homme/3 femmes (un quatuor… à cordes, peut-être) et, datte sur la cacahouète, 1 homme/4 femmes (ça s’appelle le début du commencement d’un harem).
Bref : marions-nous gaiement, en couple ou à plusieurs. Attention : ceci ne va que dans un sens. Il n’est absolument pas question d’inverser et de, par exemple, promouvoir un quelconque « 1 femme/4 hommes ». C’est comme ça, y a pas à discuter. OK.
Cette tribu-là qui vient de s’élever au rang de « marieuse » n’a pas inventé le fil à couper le beurre ou, si vous préférez, l’eau chaude. La polygamie est un concept très banal, chez les Nous Z’Autres musulmans.
Un code matrimonial quelque peu étrange et exotique pour les non-Nous Z’Autres, objet de fantasmes, avoués ou non. Le rêve de tout homme quoi ! Un mâle entouré légalement, de femmes, ah, regardez-les tourner de l’œil, nos candidats machos…
Si la polygamie est peu pratiquée, chez les Nous Z’Autres communément désignés sous le vocable de « Maures », elle est beaucoup plus en vogue chez les Nous Z’Autres des autres ethnies. Attention : je tiens à rester dans les normes de la moralité, je ne parle donc que des unions matrimoniales estampillées hallal.
Donc, pas un mot sur les unions « deuxième, troisième, quatrième, cinquième, énième bureaux », diverses et variées, grand sport national. Ceci fait partie du haram. Non. Là, je parle de la famille idéale : un monsieur, plusieurs madames, des enfants et toute la khaïma est contente. Si contente que ça? Pas si sûr.
D’un, à vous tous, mâles rimiens qui ont gouté aux délices de la vie conjugale, je ne peux qu’adresser une pensée émue : 1 femme = 1 belle-mère ; 2 femmes = 2 belles-mères; 3 femmes = 3 belles-mères ; 4 femmes = 4 belles-mères. Alors, si vous avez décidé de prendre 4 femmes, c’est que vous avez, sûrement, un esprit suicidaire…
De deux (ceci s’adresse toujours aux principaux « bénéficiaires » des amours multiples), selon la sagesse populaire, 1 femme c’est pas facile ; alors, 2 femmes ou plus, bonjour les emmer….. Si vos femmes s’entendent, vous êtes les plus heureux des hommes ; mais la nature étant ce qu’elle est, à savoir très malicieuse, les 4 femmes s’entendent rarement et passent leur temps à chercher à savoir comment évincer la dernière jeunette qui est arrivée dans la concession, celle qui a la peau lisse, le ventre plat de la femme qui n’a pas encore eu d’enfants et qui, grâce à ces perfides attributs, a rendu raide dingue le mari « démultiplié ».
En douce, c’est la guerre mondiale des traîtrises, des maraboutages, des jalousies, des fantasmes de meurtres. Quand ça ne se tape pas dessus à coup de pilon… Une vraie guerre de tranchées, avec, comme consigne de base et de survie : pas de prisonnières ! Et objectif final : conquérir, de façon définitive, le lit du seigneur et maître et renvoyer les co-épouses aux travaux très ingrats de la cuisine, ménage, raccommodage et comptage des mouches sur les murs de leurs chambres de « chômeuses ».
Ne pas oublier qu’une femme, chez les Nous Z’Autres et sous nos latitudes rimiennes, ça coûte cher : un petit bijou par ci, un petit cadeau par là, une attention motorisée de ci, un parfum, des voiles, des boubous, des chaussures, des montres, des sacs, de là, etc., etc., et j’en oublie sûrement encore. Si vous réfléchissez, un peu, vous vous rendez compte que toutes ces douceurs qui prouvent votre amour de mari méritant, multipliées par 4, ça va vous coûter votre séroual.
Je sais que vous avez la possibilité d’offrir, au lieu d’une voiture à chacune de vos madames, un vélo, par exemple. Oubliez cette idée tout de suite : ça vous ferait passer pour des avares. Ne pas tricher, aussi, dans les cadeaux vestimentaires : il n’est pas question d’offrir du lagos à une et du bazin à une autre.
Ou, autre exemple, à votre préférée, un voile à la mode (vous savez le voile « Twitter » ou « Facebook »…) et un « minable » à 1000 UM que vous avez acheté, à la nuit tombante, au marché capitale. Pffuittt… Ce serait de la plus totale inélégance. Venons-en au principal : à savoir qui dormira avec vous ce soir.
Là, rappelez-vous qu’il n’y a aucune négociation possible : chacune son tour, avec des tours égaux. Je sais qu’inconsciemment, vous faites le calcul suivant : comment arriver à évincer votre vénérable première épouse qui a l’âge de vos rhumatismes, pour attirer la jeune mignonne que vous venez d’épouser.
Votre cœur balance entre corps svelte et sexy et corps de matrone de la « première ». Nonobstant que ceci est profondément humain, il est FORMELLEMENT interdit de choisir ! C’est votre problème si, certains soirs rodés comme un calendrier, vous vous retrouvez avec une Jaguar et les autres soirs avec un tacot. Z’avez qu’à assumer. Autre petite remarque : si vous aviez rêvé d’une vie tranquille, dans la paix et le recueillement (genre « je pense donc je suis »), abandonnez tout de suite, si vous décidez d’être polygame, toute quiétude.
Vous passerez votre temps à désamorcer les conflits des co-épouses, évitant les coups de balais, les cris, les menaces, les crêpages de chignon, les grèves du lit, les plats trop salés comme arme de destruction massive, les intrusions des belles-familles. Sans parler de la gestion des magnifiques enfants qui seront issus de vos amours.
A ce sujet, je ne peux que vous conseiller de tenir un carnet de bord avec, dedans, les dates de naissance et les noms, histoire de ne pas se tromper pour les anniversaires. Et, surtout, d’inscrire le nom des mères respectives. Ceci peut vous éviter bien des désagréments.
Mais tout n’est pas si noir dans la polygamie. Imaginez toutes les choses que vous pourrez faire : à partir de 11 enfants, vous montez une équipe de foot ; de 15, une équipe de rugby ; plus, une milice de quartier. Si vous perdez votre job et que c’est la misère chez vous, tous ces bambins font de bons talibés que vous pouvez envoyer mendier de par les rues ; ou, pourquoi pas, les offrir, tous beaux, tous propres, à vos voisins.
Que de délices… Bref… Faut que je vous quitte car j’ai du boulôt, moi! A savoir préparer la résistance, s’il passait par la tête de mon mari que, peut être, ça serait cool pour lui de me flanquer d’une coépouse.
M’en vais écrire à cette honorable tribu qui veut perturber nos monogamies exclusives d’aller prêcher ailleurs. Créer le front des « anti-polygames ». Des coépouses ? Et puis quoi encore!!!!! Salut
Mariem mint DERWICH
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