L’histoire politique de la Mauritanie est-elle soluble dans les fantasmes du Directeur Général de l’AMI?

L’histoire politique de la Mauritanie est-elle soluble dans les fantasmes du Directeur Général de l’AMI?Abdellahi Ould ISSELMOU – Dans le cadre de la commémoration du soixantième anniversaire de l’indépendance du pays, l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI) s’est fendue d’un numéro spécial du Magazine Horizons, qui, comme à l’accoutumée, pour ce type d’exercice, encense, tout au moins en apparence, le régime en place.

A sa page 15, cette livraison présente un article intitulé l’histoire politique de la Mauritanie. Cet article, de 4 pages, signé du Directeur de l’AMI et Directeur de Publication du magazine, au titre très ambitieux, certains diront prétentieux, a l’avantage de s’attaquer à un sujet qui relève de la mémoire nationale du pays, et, à ce égard, il mérite d’être lu.

L’on s’attend, à cette occasion, dans un pays où l’histoire politique a été peu écrite, à, enfin, détenir une version officielle de cette histoire, adossée au sceau de l’État et issue d’une analyse politique forcément impartiale, objective et étayée par des faits avérés.

L’on imagine aussi, sans le moindre doute, qu’à ce niveau de solennité, l’AMI a dû s’attacher les services d’un expert en la matière, voire d’un panel de spécialistes, composé, entre autres, d’historiens, de politologues, mais aussi d’acteurs des différents évènements supposés articuler l’histoire politique du pays. L’on s’attend aussi à ce que l’article soit bien documenté et les faits et évènements qui y sont cités rigoureusement référencés.

L’histoire politique de la Mauritanie comptée par le Directeur de l’AMI

D’emblée, l’auteur annonce que l’histoire politique de la Mauritanie peut se résumer entre deux repères(la syntaxe est quelque peu originale mais pas forcément très heureuse, soit): (i) le 10 novembre 1946, qui marque la première consultation électorale populaire du pays;et (ii) le 19 novembre 2006, date de l’organisation des premières élections législatives et municipales libres et transparentes du pays.Sans doute, l’auteur voulait-il écrire que cette histoire pouvait se résumer à la période comprise entre ces deux élections.

Le cas échéant, pourquoi alors avoir consacré une part importante de cet article à l’intervalle2006-2020, et plus précisément 2019-2020 ? Ou alors, considère-t-il que cette période fait déjà partie de l’histoire de la Mauritanie.Par ailleurs, l’affirmation que des élections sont (ou non) libres et transparentes,ou qu’elles le sont plus que d’autres,ne devait-elle pas s’adosser à une référence à un organisme / une institution pouvant porter sa légitimité, au risque de n’être qu’une allégation gratuite, une interprétation subjective, et donc peu crédible.

Le déroulement de l’article donne, lui, une structuration et un contenu différents du plan annoncé.On y apprend, non sans une certaine consternation, que :

i. L’essentiel des faits politiques marquants de l’histoire de la Mauritanie se sont déroulés avant même la naissance du pays, puisque près de 40% du contenu de l’article lui sont consacrés. Ce constat s’explique-t-il par la richesse des évènements politiques de cette période, par l’intérêt particulier que lui porte l’auteur, par une narration volontairement sélective, ou tout simplement par la facilité d’accès aux informations qui y sont relatives,puisque la période a été beaucoup documentée;

ii. La période de 1960 à 1978, à laquelle l’auteur consacre, dans un élan nostalgique et euphorisant,le quart du contenu de l’article, est réduite à trois événements: (a) la création d’une monnaie nationale; (b) la nationalisation de la MIFERMA, avec la naissance de la SNIM; et (c) la réforme du secteur éducatif par son arabisation;

iii. La période de 1978 à 1984 est traitée en deux paragraphes, sans discernement aucun et avec mépris, comme un détail malheureux qu’il convient de reléguer aux oubliettes de l’histoire.Elle représente,aux yeux de l’auteur,la régression politique et la déconstruction des fondements de l’Etat, avec le grief suprême, comme pour illustrer ses propos,celui de l’introduction d’une nouvelle appellation des régions, qualifiée de traditionnelle,et qui, au passage, semble avoir traversé les temps, malgré tous les régimes qui se sont succédés, puisqu’elle est encore en vigueur aujourd’hui: wilayas du Hodh Echargui, du Gorgol, del’Assaba, du Guidimakha…,en lieu et place de l’ancienne dénomination par numérotage (1èreRégion, 2èmeRégion…), qui n’existe nulle part dans le monde;

iv. La période 1984-2019 est balayée sur moins d’une page.Tout d’un coup, dans un style elliptique et monotone, l’auteur se montre moins prolixe, sans doute pressé de servir la cerise sur le gâteau. Cerise de l’espoir économique et de la cohésion sociale suscités par l’élection de Mohamed Ould CHEIKHELGHAZOUANI. Cette période, mal articulée, jette en vrac un certain nombre d’évènements,sans fil conducteur : les élections présidentielles et législatives de 1992, les rendez-vous manqués de l’opposition, les coups d’état (et tentatives de coup d’état), et,bien sûr, le rôle prééminent joué par le FDUC et le RFD. La décennie de Mohamed Ould Abdelaziz, quant à elle, n’a apparemment pas connu de faits politiques marquants, sinon ses deux élections successives à la présidence, le tout évacué en 6 lignes.

v. Enfin, l’article est conclu sur les perspectives ouvertes par l’élection de Mohamed Ould CHEIKH ELGHAZOUANI, l’espoir du chantier politique entamé par le régimeactuel, et par un hymne à la réconciliation nationale, dont tous les ingrédients sont, semble-t-il, déjà été trouvés.

Par cette sortie, l’auteur nous suggère l’idée que l’édification de la Mauritanie s’est arrêtée en 1978, pour reprendre en juin 2019. Ça sent,malheureusement, le réchauffé,le discours éculé, puisque d’autres, grands laudateurs devant l’éternel,étaient arrivés à la même conclusion, à coup d’affiches et slogans ostentatoires, sans forcément passer par de grandes circonvolutions analytiques. Sauf que, pour ces thuriféraires infatigables de la dernière décennie,les mêmes de celles qui l’ont précédé, il s’agissait de lier le règne du Président Mohamed Ould ABDEL AZIZà celui d’avant 1978. Chacun glorifie, sacralise, le régime de son cœur, de sa région, mais plus souvent, de ses intérêts. Et on s’en donne à cœur joie, sans conviction aucune, tous les coups sont permis. Ne dit-on pas que tout est bon dans le mouton(aussi). L’auteur s’adonne à un exercice devenu sport national. Quoi de plus normal, peut-on reprocher à un homme d’être au rendez-vous de ses intérêts. Comme quoi lorsque les grands esprits se rencontrent, la conclusion est la même, peu importe la démonstration, l’exactitude et la pertinence de l’analyse.L’important, comme le disent si bien nos courtiers, est de pouvoir introduire une corne.

L’amnésie coupable du Directeur de l’AMI

L’auteur égrène un chapelet d’assertions qui relèvent, tantôt de l’approximation historique, tantôt de la fiction peu ingénieuse. Au passage, il se rend coupable d’une omission volontaire, peu chevaleresque, à la limite de la malveillance, lorsqu’il oublie de mentionner des faits, des évènements, quelques fois dramatiques, survenus avant 1978 et qui ont marqué l’histoire politique du pays:

a- L’erreur fatale d’avoir été entrainé par le Maroc dans une guerre sans objectifs politiques précis, injuste, et à laquelle le pays n’était pas préparé, ni économiquement, ni militairement;

b- Le conflit du Sahara, qui a emporté plus de 4000 soldats et civils mauritaniens; oublier de mentionner cet évènement tragique est une insulte à la mémoire des martyrs et à toutes les familles qui ont été profondément touchées, spoliées de leurs biens, par cette guerre insane, inopportune et fratricide ;

c- La porte fermée à la démocratie et à toute alternance politique, par la monopolisation de la vie politique du pays par le PPM. Au lieu que de s’attarder sur l’analyse des causes et des conséquences de la dictature du PPM et au sein du PPM, ce qui aurait pu éclairer la lanterne du lecteur sur une période et sur des pratiques peu documentées, l’auteur a préféré nous servir une diatribe facile du PRDS;

d- Les répressions sanglantes de toutes les velléités d’émancipation, de revendication économique et/ou sociale, ou de contestation politique(évènements tragiques de 1966, grèves meurtrières de Zouerate de 1968, emprisonnement et torture des syndicalistes, des Kadihines…);

e- L’inauguration de pratiques jusque-là étrangères à la société mauritanienne, dont la corruption et la prévarication. Deux marchés opaques, aux conséquences catastrophiques sur le moral des troupes et la stratégie mise en place, permettent d’illustrer ces propos : (i) celui des véhicules Santana(pâle imitation de Land Rover, en beaucoup mois solide, de fabrication espagnole dans les années 70’s, et dont l’utilisation sur le champ de bataille fut rédhibitoire, face aux moyens(Land-Rover et Toyota)du Polisario; et (ii) celui des armes Mauser, fusil non automatique fabriqué durant la première guerre mondiale, au moment où l’ennemi de l’époque disposait déjà d’une arme d’assaut automatique, le Kalachnikov;

f- Les salaires n’étaient plus payés à temps, et la SNIM, vache trop longtemps traite, ne pouvait plus supporter l’effort de guerre, dans un contexte économique terne, où la dette extérieure dépassait 140% du produit intérieur brut (Baduel, 1994) ;

g- Le désintéressement total des pouvoirs publics de l’institution militaire, et ce jusqu’à 1975, ce qui conduisit à l’atonie de cette dernière;

h- L’allié dans cette guerre, le Maroc, avait fait entrer près de 9000 hommes, à Atar, à Akjoujt et à Bir Moghrein. Leur intégration dans la stratégie de guerre établie par la partie mauritanienne n’a jamais pu se faire, leur confrontation avec l’ennemi a été épisodique et timide, et surtout, beaucoup de doute planait sur les véritables intentions du Royaume Chérifien.

L’acharnement aveugle et haineux contre les auteurs de 1978

Pour présenter les motifs du 10 juillet 1978, l’auteur passe, de façon gauche mais toujours condescendante, des mirages d’une certitude désormais bien établie à un fantasme fictionnel fortement dictée par sa nostalgie. Le tout préparé dans le creuset d’une imagination, manifestement débordante. On y découvre, à titre d’exemples, que :

(i) Ce sont les partis nationalistes qui sont à l’origine du coup d’État de 1978. Pour rappel, ces partis, dont la plupart évoluait dans la clandestinité, avaient été d’abord muselés, réprimés par le régime en place, éclipsés à l’ombre du mastodonte de la vie politique,le PPM, avant de rallier ce dernier, pour une grande partie d’entre eux, à partir de 1975 ; (ii) Les auteurs de ce changement sont sans envergure, sans vision politique et étaient essentiellement mus par des relents putschistes propres à l’idéologie dont ils se réclament.

L’auteur peut-il, à ce point, ignorer que les initiateurs de ce changement sont des hommes honnêtes, valeureux, patriotes, qui avaient, pour la plupart d’entre eux, participé à la construction de ce pays, bien avant l’indépendance. Les mépriser constitue une insulte à la mémoire de toute une nation. Il oublie de signaler qu’ils étaient des collaborateurs proches du Président Mokhtar Ould DADDAH (Rahmetoullahi Aleyhi). A titre d’exemple, la confiance et la proximité entre le Président Moustapha Ould MOHAMED SALECK (Rahmetoullahi Aleyhi) et le Président Mokhtar étaient réels, ce que l’auteur semble, manifestement, ignorer. Mohktar reconnaissait honnêteté, rectitude, compétence et rigueur à Moustapaha. Il l’avait souvent appelé pour les missions difficiles. Les nominations à trois reprises au poste de Chef d’État-Major, le décret présidentiel signé, en sa faveur, en 1966 et qui valait délégation de fonctionnement de l’Etat(Evrard, 2015), la mission de mise en place et d’organisation de l’armée nationale (bien qu’ils aient divergé sur la proposition faite par Mokhtar d’intégrer cette armée au PPM), ne sont que des illustrations parmi tant d’autres. Pour ce qui est des relents putschistes, l’auteur aurait dû être plus explicite et moins cynique. Pour lever toute équivoque à ce sujet, il convient de rappeler, à l’adresse de l’auteur, quelques faits importants, qui, sans nul doute, lui permettront, à l’avenir, de farcir ses analyses d’un brin de discernement : (i)Moustapha avait, durant sa carrière d’instituteur, milité dans le cadre du Parti Ennahda, dont il était l’un des membres actifs. Il a d’ailleurs, au titre de certains agissements militants, été puni par le Ministère de l’éducation nationale. Cela fait-il de lui un putschiste potentiel?

(ii) Sa proximité avec Mohamed Ould CHEIKH ould AHMED MAHMOUD (Rahmetoullahi Aleyhi), avec lequel il partageait un certain nombre de convictions, notamment sur des questions comme l’unité nationale ou encore la nécessité d’instaurer le multipartisme pour ouvrir à une alternance démocratique (entretiens publiés par Fessart de Foucault, 2006), a valu aux deux hommes d’être accusés de vouloir fomenter un coup d’Etat en 1964-1965. Ces mêmes accusations ont d’ailleurs été portées à l’encontre d’Ahmed Ould MOHAMED SALEH(que Dieu lui accorde longue vie). Il s’est avéré par la suite qu’il s’agissait de ragots rapportés par les flagorneurs du régime de l’époque. Mokhtar, qui connaissait la sincérité et la loyauté de tous ces hommes n’en a jamais tenu compte. Cela fait-il de Moustapha un putschiste potentiel?

(iii) Moustapha a toujours exprimé ouvertement, à l’adresse de Mokhar et de ses ministres de tutelle (à l’Intérieur et à la Défense) ce qu’il pensait des politiques entreprises. Si l’auteur s’était donné la peine de consulter les archives de la Présidence, du Ministère de l’Intérieur ou encore celui de la Défense, il aurait compris de lui-même l’attachement qu’avait cet homme à son pays et à la réussite de ses politiques. C’est d’ailleurs, l’une de ses notes qu’il avait l’habitude d’adresser à ceux qui président à la destinée du pays, qui le conduisit en prison, lorsque, coulant une retraite paisible, il avait fait remarquer au Président Haidalla (que Dieu lui accorde longue vie) que les objectifs du 10 juillet avaient été dévoyés et qu’il convenait de revoir la politique mise en œuvre. Là encore, les apologistes du régime de l’époque ont, comme à l’accoutumée, fait correctement leur vil travail. Résultat: quatre années de prison et bien d’autres choses qu’il n’est pas utile de mentionner ici. Bien plus tard, Haidalla viendra chez Moustapha demander Essimah. Ce qui fut fait sur le champ. C’était aussi ça Moustapha. Cela fait-il de lui un putschiste potentiel?

Ensuite, pour répondre aux sous-entendus de machination sur fond de trahison, il est rappelé à l’auteur que Moustapha, alors Chef d’Etat-Major, était encore dans le bureau de Mokhtar, quelques jours avant le coup d’Etat, pour essayer de le dissuader de changer de stratégie. Deux propositions avaient été faites: renforcer les moyens de l’armée pour éviter la débâcle politique et en pertes humaines, ou alors arrêter cette guerre. La réponse de Mokhtar fut catégorique, et les deux propositions ont été rejetées (entretien avec Yedali Ould CHEIKH, Rahmetoullahi Aleyhi, à l’époque Secrétaire Général Adjoint à la Présidence, chargé des affaires juridiques, sociales et culturelles).

Enfin, concernant l’absence de vison, il est rappelé à l’auteur que le coup d’Etat de 1978 avait trois objectifs majeurs, à réaliser en deux ans: (i) l’arrêt de la guerre du Sahara; (ii) la relance de l’économie; et (ii) la transition démocratique devant remettre le pouvoir aux civils. Le premier objectif a été réalisé et les premiers actes devant conduire au deuxième et au troisième avaient été posés(relance économique de la SNIM, Conseil Consultatif…). Malheureusement, certains officiers supérieurs, membres du CMRN, avec l’appui du Maroc, ne partageaient plus ces objectifs, notamment celui de la transition démocratique. Moustapha a été mis en minorité au sein du Comité, et a préféré s’en aller. Et l’histoire du pays prit une autre trajectoire…;

(iii) L’œuvre principale de ces putschistes a été la déconstruction totale du pays et la remise en cause de ses fondements.

Monsieur le Directeur de l’AMI, le coup d’état de 1978 a bien eu lieu, et il serait temps d’assimiler le fait qu’il était, malheureusement, inévitable devant l’entêtement du régime en place à choisir la guerre comme seule voie possible. Le 10 juillet 1978 restera pour une grande partie des mauritaniens, un acte patriotique et salvateur, qui a évité à la Mauritanie une déroute humaine et une mort politique et économique certaine. Là, pour l’occasion, on peut dire que la poursuite de cette guerre fratricide aurait pu tout remettre en cause, non seulement les fondements mais l’existence même du pays. La déliquescence de l’État et la fragilité de toutes ses institutions étaient bien réelles. Les appétits expansionnistes des pays voisins l’étaient tout autant. Cette situation, vous ne pouvez l’ignorer.

Monsieur le Directeur de l’AMI, Emil CIORAN disait « n’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi ». La nostalgie qui semble fonder toutes vos certitudes vous a aveuglé. On n’écrit pas l’histoire par le parti-pris.

L’usurpation d’une tribune officielle aux fins de manipuler la mémoire nationale

Cette sortie regrettable du Directeur de l’AMI aurait pu passer inaperçue, comme les précédentes, n’eût été la Tribune, cette fois officielle, qui lui a été donnée, ou, plutôt, qu’il a usurpée, profitant, pensait-t-il, du faible intérêt qu’accordent les décideurs aux publications de l’AMI.

L’auteur ciblait deux objectifs : grappiller quelques sous via les espaces publicitaires ouverts par ce numéro spécial et s’offrir une propagande, une de plus, pour un combat, aux relents régionalistes, qu’il mène depuis de nombreuses années. Toutefois, lorsque c’est le Directeur de l’AMI qui tente de réécrire l’histoire par des allégations fausses, calomnieuses, empreintes d’approximation, de subjectivité, et échafaudées sur le lit d’un régionalisme manifestement bien assumé, cela mérite réponse.

Pour que le contenu de cet article de l’AMI ne soit pas demain archivé, pour la postérité, comme élément ou clef de lecture de l’histoire de ce pays; pour que les chercheurs, les étudiants, les générations futures ou tout simplement ceux en quête de connaissance des évènements qui ont, jusque-là, structurés la trajectoire politique de la Mauritanie, ne soient pas abusés, cet article doit être dénoncé.

Tout d’abord, l’auteur réussit l’exploit de passer en revue ,et en 4 pages seulement, ce qu’il considère comme évènements majeurs de l’histoire politique de la Mauritanie, sans jamais citer de référence bibliographique, ni référence à un entretien écrit ou à une communication orale, d’une personnalité, acteur ou témoin de cette histoire. Il s’agit, certes, d’une histoire récente, mais à laquelle l’auteur n’a pu être ni acteur direct ni témoin crédible, au moins de 1946 à 1980. Pour un Professeur (même Adjoint) d’histoire on était en droit d’attendre meilleure copie. Il est regrettable que la rigueur, qu’exige toute reconstitution historique, et la pertinence de l’analyse politique n’aient pas été au rendez-vous.

Ensuite, la narration des évènements, à défaut de parle rd’analyse, est faite avec une partialité affective manifeste, doublée d’une amnésie malveillante. Cela soulève plusieurs questions:

(i)Est-il acceptable qu’un média public, de surcroit organe officiel de l’État, financé grâce à l’argent public, puisse servir, à ce même public, des informations mensongères dans l’objectif machiavélique de manipuler les consciences par le dévoiement de l’histoire ;

(ii)Est-il tolérable qu’un Directeur d’un média public fasse preuve d’autant de légèreté et si peu de respect de l’éthique et de la déontologie du Journaliste ou de l’Historien, en étalant ses préférences politiques, son appartenance régionale, au détriment de la qualité et de la pertinence de l’information qu’il présente;

(iii)Un organe officiel de l’État peut-il insulter la mémoire d’anciens présidents de la République en toute impunité et sans qu’une voix ne s’élève au sein de la hiérarchie gouvernementale;

(iv) Le silence de la tutelle gouvernementale de l’AMI est-il coupable, de complicité, ou irresponsable, par son absence. Le Gouvernement devra apporter une réponse à cette question.

En attendant, un constat s’impose d’ores et déjà, et il mérite, au moins, une explication: la sortie du Directeur de l’AMI est en contradiction manifeste avec le discours d’investiture du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould CHEIKH EL GHAZOUANI, dans lequel il avait affirmé le rôle central et constructeur, joué par tous les présidents de la république, qui se sont succédés depuis l’indépendance, dans l’édification de la Mauritanie d’aujourd’hui.

Monsieur Mohamed Vall Ould BEYE, vous avez eu la chance d’avoir été élevés dans la quiétude de la périphérie d’Elhille, dans les valeurs de la noblesse et de la sagesse de l’Emirat, loin du cynisme,de la fourberie et des commérages. L’héritage est lourd. Tâchez, au moins, de vous en souvenir.

Par Abdellahi Ould ISSELMOU –Instituteur à la retraite

via cridem

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