Si j’étais à la fois, le Président et l’Ex-Président, voilà comment j’aurai manœuvré pour gagner la bataille du pouvoir

Si j’étais à la fois, le Président et l’Ex-Président, voilà comment j’aurai manœuvré pour gagner la bataille du pouvoirSi j’étais à la fois, le Président et l’Ex-Président, voila ce que j’aurai fait, en hommes avisés, en bons stratèges militaires et en bon juriste, pour garder le pouvoir que je devrai, inévitablement, lâcher d’une main pour le reprendre de l’autre.

Le pouvoir est sacré, de lui dépend la vie de chacun de nous, de notre pays, de nos populations. Il ne doit pas tomber entre les mains des autres.

Le problème auquel je suis confronté est clair. En ma qualité d’actuel Président, ma candidature, le soutien public et privé dont j’ai bénéficié, et la victoire qui s’en est suivie ont, très majoritairement, été le résultat du Président sortant que je suis, également.

A cela, il faudra ajouter que j’ai partagé avec moi-même quarante ans de services loyaux, d’amitié, d’alliances sociale et politique, de partage et de bonne complicité. Je l’ai dit et répété en conseil de ministres, nous sommes liés pour le bien et pour le pire. Tout cela ne présente que des avantages pour ma dualité. Je dois, inévitablement, respecter mes engagements envers l’autre moi-même et envers le peuple et tous ceux qui m’ont élu, si je veux être respectueux et fidèle à mes engagements. Je ne peux lâcher l’un au profit de l’autre sans tomber dans le déni de mon serment. LiI’AHDI INDI MAE’NA. L’engagement à pour moi un sens, un sens particulier.

Mais tout cela n’est pas facile à raconter. La victoire a été, difficilement, arrachée. Si les vieux loups de politique comme Messoud, Daddah, Maouloud et les autres cadets de la politiques ont perdu la partie, affaiblis par près de trente ans de pouvoir sans partage dans leur propres partis ou avec une opposition qui grandit et faiblit, proportionnellement, au niveau d’opposition de ces même partis au pouvoir central.

L’absence de résultats probants, sur une durée de 30 ans, est douloureuse pour ceux qui ont investis toute leur vie pour changer la donne. Le résultat est pathétique : beaucoup de militants se sont lassés ont perdus espoir et désaffecté, poliment ou avec tapage, ces partis. D’autres plus jeunes, plus dynamique, plus assoiffés de pouvoir et moins regardant sur le comment ?, ne rêvant que d’enterrer leur ainés pour prendre les commandes sont venus. Mais comme les produits et objets fabriqués de leur temps, leur durée de vie, leur capacité de résister, d’endurer pour une cause, qui n’est jamais bien précise, ni à portée de main, fat qu’ils abandonnent très tôt, pour diverses raisons, laissant derrière eux un vide, meurtrier. La modeste masse des croyants se retrouve dans une situation de désordre ou l’on essaie de sauver quelques pans de ces vieux corps qui s’effritent, irrémédiablement. Une opposition agonisante sous les effets de la corrosion produite par les effets des années qi coulent, de la faiblesse des moyens (qui est une des causes de l’opposition chez, mais ailleurs, aussi) et l’absence de discours fédérateurs. Tant les mots, les citations, les diatribes, les analyses, les discours ont été mâchés et remâchés, qu’ils ne produisent plus de réaction chez les foules. Ceux qui parlent bien et beaucoup sont devenus suspects, comme ceux qui parlent peu, ou ne parlent pas, d’ailleurs. Les personnes morales comme les personnes physiques perdent leur dynamisme avec le temps. Le recyclage ne donne, souvent pas de bons résultats, de nos jours.

Seulement cette mort naturelle de l’opposition ne présente pas que des avantages pour le pouvoir, surtout en ces temps de désordre, ou chaque individu peut créer des groupes sociaux, politiques, échanger des idées, mobiliser des moyens, engager des actions, qui semblent être nées spontanément, et fédérer des groupes d’individus sur des objectifs simples, mais qui peuvent surtout être dangereux pour tout le monde en raison du désordre qui les a engendré, et des force maléfiques qui peuvent s’y insinuer. Satan est là, guettant la moindre occasion, infatigable, toujours en alerte. Contrairement à nous, êtres humains.

Ces nécessaires précisions étant données, passons aux choses sérieuses, maintenant. Commençons par bien poser le problème, dans l’espoir qu’un bon diagnostic, puisse aider à trouver le bon remède.

Les deux pôles de ma personnes sont deux promotionnaires, deux amis, deux alliés de longue date, deux associés, deux hommes liés par des rapports familiaux, liés par le pain et par le sang. Seulement, nous nous sommes trouvés dans une situation inconfortable, risquée, difficilement faisable, même avec beaucoup de tact et d’ingéniosité. Nous devons abandonner le pouvoir tout en le gardant. Mais, le pouvoir pour le bien-être des mauritaniens, de la communauté des musulmans et des habitants de la planète est un acte hautement moral. Tout sacrifice fait pour réaliser cette œuvre, dont personne ne peut contester la noblesse, devient sans valeur.

Le vaisseau ne comprend qu’un seul siège pour le pilote ou le conducteur. Le poste de copilote ou co-conducteur n’a pas été prévu par le concepteur.

Tout pouvoir exercé, pendant un certains temps, permettrait, inévitablement, à son détenteur de tirer, quelques profits moraux et matériels. Il travaillera pour le bien de la communauté, fera avancer son pays sur la route du développement, largement entendu. D’ailleurs, c’est ce qui restera, parfois, quand tout le reste se sera évaporé. Moi ex-président, je peux bien me targuer d’avoir fait et engagé plus de chantiers, dans tous les secteurs d’activité, qu’aucun de mes prédécesseur n’a réalisé. Mais, j’ai créé des inimitiés. J’ai tapé sur la fourmilière. J’ai écarté ceux qui de mon avis avaient mis la Mauritanie à sac. Je les écarté pour cette raison, mais, aussi, parce qu’habitués au pouvoir, quelqu’en soit le détenteur, apparent, je ne pouvais m’accommoder de leur présence. Je voulais un pouvoir sans partage, pour que je puisse l’exercer pleinement, pour le bien-être du pays, et mon bien-être personnel diraient certains.

Ah, oui, excusez moi, je sais que c’et difficile de convaincre, quand on perd le pouvoir. Ceux qui ne m’aiment pas ne me croiront jamais, quelque soit la réalité des choses. Et ceux qui m’aiment auront peur de me croire. Il faut avoir du courage pour croire, expressément, un président qui a perdu sa baguette magique. Oui, le détenteur du pouvoir l’utilisera, bien sûr, dans l’intérêt de son pays et de ses populations. Il aura, aussi, l’occasion de rendre service, de nommer certains parents et amis, de renforcer la position financière et sociale de son milieu parental, au énième degré. Il pourrait se faire, aussi, un peu d’argent, emporter quelques provisions, pour vous prémunir les aléas de la vie. Ne soyons pas mesquins. Il était là. Il aurait pu tout emporter et ne pas laisser de traces. Il aurait pu manger, les routes, les ports, les aéroports, les grands lotissements urbains et ruraux, boire toue l’eau, manger l’électricité, le Fer, l’Or, les écoles, les universités, les denrées, les hôpitaux, les centres de santés. Qu’est ce qu’il n’aurait pas boire et manger devant tout le monde ? Il lui suffirait juste de partagé un peu avec l’assistance, de partager un peu avec les force vives du pays, pour se mettre à l’abri de toute poursuite, future. D’ailleurs, étant fils du campement, il sait, pertinemment que ceux qui lui feraient querelles se sont déjà abreuvés, sans retenu, les eaux, de ce même fleuve, qu’ils ont l’outrecuidance de vouloir lui interdire.

Il est bien évident, que parmi ceux qui réclament justice, contre tout président déchu, il y’a ceux qui veulent que le pays soit géré comme le faisait, le MEILLEURD DES HOMMES, LE PROPHETE MOHAMED SALLA ALLHOU ALEIHI WE SELLEM ET SES COMPAGNONS. Une gestion juste, honnête, et saine, où le dirigeant a moins de privilèges que le citoyen ordinaire, où les parents et proches du dirigeant se sacrifient et dépensent toute leur énergie, leur savoir faire, leur richesse propre (je dis bien propre, et dans les deux sens) pour le bien commun, pour le bien des autres. Ils sont excessivement rares ceux-là. Lorsqu’ils existent, ils sont éloignés du pouvoir. Ils nagent à contre courant, et exacerbent, les autres, ceux qui cherchent le pouvoir à tout prix et qui abhorrent le langage et les attitudes moralisateurs.

Il y a, aussi, ceux qui avaient le pouvoir et ceux qui lui étaient apparentés au pouvoir d’une manière ou d’une autre et qui s’y sont incrustés, à longueur d’années et de nominations, provoquées, qui en tiraient profit, quelque soit son détenteur formel. Ceux la, quand ils sont expulsés ressentent, toujours, des douleurs thoraciques insoutenables, ils perdent leurs souffle, ils deviennent verts, pitoyables. Ils voient l’édifice s’écrouler sur eux et rêvent toujours d’apocalypse. Les biens mal acquis représentent une maigre et éphémère consolation.

Il ya aussi, parmi les opposants qui rechercheraient la tête d’un ex-président, à défaut de pouvoir se procurer une tête de président encre, fraiche, ceux qui ne se reconnaissent pas dans un pays qui ne traduit pas leurs préférences et qui rejettent toute vie commune. Il y a ceux qui ont des allégeances extérieures et qui rêvent d’un tremblement de terre qui emportera tout le monde sauf eux. Il y a des pays dans le monde qui voudraient avoir une main mise sur les autres pays, leurs richesses et leurs façons d’être, de croire et d’exister. Enfin, il y a le troupeau, le grand troupeau sur lequel se nourrit tout ce monde, et dont chaque membre vit dans la peur continue de passer, demain, devant le boucher.

Je ne veux pas continuer, au risque de ne pas finir. Les ennemis d’un Président de la République, sont nombreux, y compris parmi ses amis. Ah n’oublions pas ceux qui avaient fait l’objet d’expéditions punitives par le biais de la direction des douanes, de la direction des impôts ou de l’appareil judiciaire. Ceux qui ont été emprisonnés à tort ou à raison, ceux qui ont été accusé de tout et de rien et qui ont fuit le pays, pour ne pas se retrouver à la merci d’un dirigeant qui va diriger toute sa force coercitive contre eux.

Tous ces ennemis d’un président, de n’importe quel président, rêvent de vengeance. Une vengeance implacable. Ils veulent le voir, mille fois, endurer ceux qu’ils croient, à tort ou à raison avoir enduré de son propre fait.

Les deux pôles de ma personne ne peuvent aller, ensemble, devant tout le monde. La raison est simple.

Un président s’accommoderait mal d’un ex-président à ses côtés. La raison est simple. Ceux qui soutenaient l’ex-président par ce qu’il était président, le dé-soutiendraient, bien avant la passation du pouvoir, et soutiendraient le nouveau président, parce que c’est le Président. Mais contrairement, aux amis de l’ex-président qui l’abandonneront à la première escale, les ennemis de l’ex-président le suivront partout, jusque dans sa tombe, et bien après. Un ex-président dans notre cas d’espèce est inutile, voire, dangereux.

Nous sommes, donc, bien en droit de penser, mon ami et moi, qu’aller ensemble va à l’encontre de nos intérêts, affaiblirait le Président qui pourrait, facilement, perdre le contrôle navire sous le tintamarre des casseroles trainées par l’ex-président. Ce tintamarre qui irait en grandissant, car après l’exercice du pouvoir, sur une courte période, le rang des mécontents grandirait inévitablement. Le stock d’avoine et d’eau n’est jamais suffisant, et ceux qui voudraient avoir plusieurs rations quotidiennes font légion.

Mais, même si nous convenons de nous séparer comme deux vieux amis, que la vie et les responsabilités ont éloignés l’un de l’autre, personne n’y croirait et nous serons tous les deux indexés, par ceux qui réclament vengeance. Les ennemis de l’ex-président, rendront le président complice, voire responsable de tout ce qui était reproché à tort ou à raison à l’ex-président.

Par ailleurs, cette séparation, dans la sérénité, serait fatale à l’ex-président qui pourrait être poursuivi par ses ennemis devant les juridictions internationales sur la base d’une pléthore de chefs d’accusation qu’ils ne manqueraient pas d’agrémenter par des faits (vrais ou supposés) relevant de la protection des droits de l’homme, du trafic de n’importe quoi, de l’enrichissement illicite, de la corruption, de détournement de deniers public…

Laissé à lui-même, l’ex-président sera, encore plus fragile.

Quelle solution alors, demanderai-je, à moi même ? Nous allons nous faire la guerre.

L’étonnement passé, laisserait place aux questions pratiques. Pourquoi nous faire la guerre ? et comment ?

Pourquoi ?

Une guerre fratricide, nous sera plus profitable, qu’une vielle et solide amitié qui n’a pas besoin de preuve pour s’affirmer à nos yeux et qui pourrait nous causer bien des désagréments.

Qu’arrivera-t-il quand nous nous ferons la guerre ?

Ne t’avais-je pas dit que ceux qui t’aimaient pendant que tu étais président ne t’aimaient pas vraiment. Ils t’aimaient parce que tu étais président. Comme tu n’es plus président, ils ne t’aimeront plus et vont se mettre à m’aimer moi, de la même façon qu’ils t’ont aimé.

Alors que si nous nous faisons la guerre, ceux qui te détestent, vont faire semblant de m’aimer, pour me convaincre de te livrer en pâture à leur désire de vengeance. Ils rêvent de t’enlever tous les biens que tu as et t’envoyer en prison pour le restant de tes jours.

Je serai donc, le président de l’unanimité celui qui réunirait entre ses mains les aimants et les détestants.

Avec un regard narquois à peine perceptible, sous les paupières, légèrement, entrouvertes, l’ex-président dirait à l’actuel, « qu’est ce que je gagnerai, moi-même dans tout cela ?

Eh bien, tu seras blanchis, tu gagneras l’impunité et nous jouerons, un jour ensemble, main dans la main, dans la même arène politique ou dans deux arènes parallèles.

Et comment dirait l’ex-président ?

Tu n’entends pas les bruits de ceux qui veulent te juger, en demandant qu’un audit de ta gestion décennale soit fait ? Oui bien sur, des clowns. Et bien, nous allons leur donner satisfaction. Et comment, agir contre nous-mêmes et dans l’intérêt de nos ennemis ?

Ne t’inquiètes pas cher ami, se sera, juste, comme qui dirait un cadeau empoisonné, que nous allons leur offrir.

Nous les laisseront faire leur commission d’enquête parlementaire dans un cadre juridique qui fera polémique. Nous ferons en sorte que l’enquête porte, exclusivement, sur quelques gros marchés, et quelques grosses rumeurs (comme la vente de l’île) pour entacher la crédibilité de leur démarche. Tout le monde baignera dans l’euphorie. Une première dans le pays, dans la sous région. Une enquête parlementaire, un Président accusé, un grand nombre de hauts fonctionnaires mis en cause. Nous aboutirons à un scénario ou la Mauritanie sera divisée en deux tendance, comme pour une élection ou un match de football, des gens pour et des gens contre. Tu dépenseras un peu de l’argent que tu as gagné, à la sueur de ton front, pendant cette longue et rude décennie, pour engager des avocats locaux et des soutiens européens. Introduire un élément d’extranéité sera une excellente chose.

Qu’arrivera-t-il, maintenant et par la suite ?

Je ferais découvrir aux mauritaniens qu’ils ont une police judiciaire, très professionnelle, très technique, une justice indépendante, au dessus de tout soupçon. Je leur dirai que je n’interviendrai pas dans le traitement de ce dossier, parce que je crois, fortement, à l’indépendance de la justice et à la séparation du pouvoir. Ils me croiront sur parole : je suis quand même l’actuel président.

Notre guerre se fera, alors, par groupes interposés, que nous gérerons comme nos propres téléphones portables.

Pour décrédibiliser, davantage, la procédure, les personnes qui seront accusés, dans ces mêmes dossiers, et qui comprendront des échantillons représentants la Mauritanie, dans toute sa diversité, ne seront que peu ou pas inquiétés. Tu seras le seul objectif des organes d’enquêtes. Il est bien évident que cela comporterait quelques désagréments, dont des convocations intempestives aux bureaux de la police des crimes économiques, des limitations de mouvements, des enquêtes sur certains actifs t’appartenant. Tout cela sera nécessaire pour que personne ne puisse mettre en doute notre bonne foi, à tous les deux. Tu peux, cependant, être assuré, comme tu l’as exigé, que je continuerais à gouverner avec ton équipe. Je garderai toute cette équipe à quelques exceptions près. Nous sacrifierons des gens de la périphérie, pour mieux donner le change. Je ferai entrer dans l’arène quelques nouveaux ministres sans expériences, et au tempérament paisible. Mais la Mauritanie restera ta Mauritanie, celle que tu as façonnée de tes propres mains. Tes généraux civils et militaires seront toujours là pour m’aider à conserver et renforcer les acquis. Nous n’avons d’ailleurs pas le choix, le pays est très petit et nous n’allons pas nous casser la tête à trouver des remplaçants tordus à une équipe gagnante. Une équipe qui a fait ses preuves depuis les premiers jours de l’indépendance et qui reste, par ailleurs, très performante. Se seront, donc, tes hommes, agrémentés de quelques rares personnes qui t’en voudraient à mort (et qui resteront sous contrôle) et d’un nombre plus grand de gens neutres.

Moi ex-président ayant un tempérament bilieux et ayant très peu de considération pour tout ce monde que j’ai déjà vu dans toutes les postures, n’accepterait pas de répondre à ces policiers de circonstances, dirai-je. Tu n’es pas obligé de leur répondre, tu as déjà axé ta défense autour de l’article 93 de la constitution, alors, limite toi à ça et laisse les souffrir. Moins tu parles et mieux cela vaut. Ils n’ont d’autres alternatives que de te laisser rentrer chez toi.

L’opposition, toute l’opposition qui a galérer depuis près de 30 ans, est à bout de souffle. Leurs navires n’ont pas résisté au temps. Leurs coques sont fissurées. Ils ont peur de mourir noyés. Ils s’accrocheront, désespérément, à tout ce qui flotte à proximité. Ils viendront tous me saluer en sauveur, en justicier, feront beaucoup de bruits, engageront des débats infinis et stériles et le temps couplera, implacable, irréversible. Nous aurons, alors eu le temps de passer le premier mandat en toute sérénité. Mieux encore, en cas de panne nous pouvons toujours faire appel à cette opposition en manque de rôle pour pousser le véhicule.

Quand le cap du premier mandat aura été, entièrement, atteint, les pressions que nous subirons et les risques auxquels nous seront confrontés deviendraient moins importants, car la fin du second et dernier mandat deviendra leur préoccupation majeure. Ils auront entre temps perdu le très peu de crédibilité qui leur resterait encore. Et rebelote.

Les recettes du gaz nous permettront de financer certaines actions au profit des plus démunis, de faire certains gestes au profits de certains notables traditionnels, de nourrir certains requins, et d’attribuer certains gros marché à des entreprises françaises, européennes et américaines et le tour est joué. Un avenir radieux nous attend. Nous assureront alors la continuité, pour le bien-être, bien entendu de tous les mauritaniens et de toute l’humanité.

En cours de second mandat et pour booster notre chance de gagner sans coup férir les élections, tu seras peut être jugé. Ce sera un jugement, hautement, politique. Tu seras condamné. Ah, oui, on ne peut pas faire de fumée sans feu. Mais dans le pire des cas, tu seras condamné à rembourser à l’état quelques argents, disons le dixième de ta fortune. Tes biens seront peut être saisis, pas tous, ce sera dans une limite de 10%. Pour le reste, de tes biens, les preuves seraient insuffisantes, et tout cela sera étouffé dans les tonnes de paperasses, et de procès verbaux. Personne ne trouvera à redire et la médiatisation de ta condamnation fera le reste. Tu crieras ta douleur. Tu parleras encore de vendetta. Tu n’arrêteras pas de te plaindre et tes avocats de multiplier les points de presse et les déclarations tonitruantes. Tu pourrais être, aussi, dans le pire des cas, être condamné à un an de prison avec sursis, et à l’interdiction de te présenter pour des fonctions élective pour une durée de deux ans.

Mais il y aura un gain, très important, pour toi, pour nous. Après ce jugement tu seras blanchi. Quatre vingt dix pour cent de la fortune que tu soutiens avoir réalisé loin de toute origine publique, seront sécurisés. Tu ne pourras plus être poursuivi devant les tribunaux internationaux, pour les mêmes faits. Ton pays ta jugé, le dossier sera alors clôturé, définitivement. Et tu reviendras sur l’arène pour défendre tes intérêts, et pour le bien-être du pays. Nous nous retrouverons, alors, dans un pays ou il n’y aurait plus d’opposition, exceptés quelques partis cartables, nécessaire au jeu démocratique, ou des mouvements réminiscences de mouvements idéologiques ou communautaires, dont les activités pourraient être considérées contraires à la loi.

Voila comment, j’aurai manœuvré, si j’étais, à la fois, le Président et l’Ex-Président.

Ceci étant écrit, je ne sais pas en vérité ce que vous en pensez, mais je crois que chercher à corriger le passé, n’est qu’une façon très peu élégante de perdre le présent et d’hypothéquer l’avenir. Nous devons, aujourd’hui, essayer nonobstant toutes nos souffrances passées et nos déceptions essayer de poser les règles d’un état moderne, ou chacun peut apporter sa modeste contribution et d’où l’impunité est, définitivement, bannie. Une Juste Justice mettrait tous les hommes et femmes de ce pays sur les bancs des accusés et les condamnera sans faute. Car nous sommes tous auteurs, complices ou receleurs, y compris moi-même et certains citoyens qui n’avons jamais eu droit à un verre d’eau provenant de l’Etat.

Nous pouvons poser et faire respecter nos convictions de justice, d’égalité, de respect de chaque citoyen, et de chaque étranger présent sur notre sol. Nous devons mettre en place des outils, des techniques et des lois pour nous protéger, réellement contre, tous les maux que chacun dénonce. Le grand défit reste, cependant, non pas dans la production de règles et de normes, mais dans la capacité de garantir leur cohérence et leur utilité publique et de surtout de les faire respecter par tout le monde y compris ceux qui font, généralement, exception. Celui qui avance, le regard, l’attention et l’énergie captés par des faits et des événements passés, fruits de comportement et de mentalités qui gouvernent encore son présent, n’avancera jamais. Il ressemble à celui qui remplit une outre, percée, mais, qui lieu d’essayer de la réparer, s’ingénie à récupérer l’eau écoulée pour la reverser dans cette même outre.

Nota bene : « Les personnages et les situations de cet article étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

Oumar MOHAMED MOCTAR EL HAJ

Avocat

oumarmohamed@hotmail.com

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