Un touriste écrit à propos de l’amitié des mauritaniens et français et discours de Macron

L'appel d'Emmanuel Macron, en français, en anglais et en arabe, à être tous  “unis” | Valeurs actuellesJe réagis (sans le partager) à un post d’un journal mauritanien qui s’indigne des propos de Macron sur les caricatures…
J’ai beaucoup d’amis musulmans en Afrique, au Proche-Orient, en Asie.
Mes amis mauritaniens en particulier m’ont toujours impressionné par leur esprit de tolérance, d’ouverture et de respect, à la fois dans leurs discours, mais surtout dans leurs actes, notamment à travers leur hospitalité, consistant entre autres, à nous accueillir chez eux, à tout partager, et souvent, à se taire lorsque l’un d’entre nous tenait des propos désobligeants sur la tradition ou sur la religion… Ils se taisaient parce que nous étions leurs hôtes, leurs amis.
J’ai toujours pensé que j’étais très loin de ce niveau de tolérance et de respect dont ils font preuve. Et j’aimerais pratiquer l’hospitalité chez moi comme j’ai été accueilli chez eux.
Ce qui se passe en ce moment en France les meurtrit, les blesse profondément.
Lorsqu’on publie les caricatures de Mahomet en France, on oublie qu’aujourd’hui avec Internet, le monde est un village, et que ces dessins seront vus par des millions de gens pour qui la religion passe avant toute chose, pour qui la reproduction de figures vivantes (et du prophète) est rigoureusement proscrite, et surtout qui n’ont aucune idée de ce que “Laïcité” veut dire, ils n’ont d’ailleurs aucun mot dans leur langue pour traduire ce concept très français, presque exclusivement français d’ailleurs (avec la Turquie, tiens, bizarre ?)
Quand nous français, convaincus de notre bon droit, brandissons cette laïcité et cette liberté d’expression comme un étendard, quand notre président en tête exhorte à la poursuite de publications de ces caricatures, tous ces musulmans qui nous ont accueilli chez eux comme des frères sont dans l’incompréhension la plus totale. De la même façon qu’ils ne comprennent pas non plus comment on peut tuer un être humain de la façon la plus abjecte et la plus barbare au nom de l’Islam. Mes amis mauritaniens sont de ceux-là.
Ne faudrait-il pas se rappeler que le respect de l’Autre, même (surtout) si cet autre est ailleurs, fait aussi partie des valeurs fondamentales de notre République ? Et que notre liberté s’arrête là où commence celle des autres ?
En tous cas, rappelons-nous que le Monde est tout petit, que la France n’est pas le Monde, ni en son centre, bien que parfois certains en soient persuadés…
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