Le ministre des mines et le directeur général de Maaden Mauritania font le point sur les résultats des réunions participatives sur l’activité minière

Le ministre du Pétrole, de l’énergie et des mines, M. Abdel Salam Ould Mohamed Salah, et le directeur général de Maaden Mauritania, M. Hamoud Ould M’hamed, ont tenu une conférence de presse conjointe vendredi soir au Palais des Congrès de Nouakchott sur les résultats des réunions participatives sur l’activité minière artisanale et semi-industrielle.


Ces réunions tenues hier et aujourd’hui à Nouakchott, portent sur les perspectives d’avenir de cette activité et les moyens propres à encourager l’investissement dans ce secteur dans le respect le plus strict des plus hauts standards de l’environnement tels que reconnus sur le plan international.

Le ministre a déclaré que l’exploration aurifère artisanale a commencé en 2016, dans des circonstances presque exceptionnelles, et que le secteur a connu une forte participation de larges pans de la population mauritanienne en l’absence de tout cadre juridique ou institutionnel clair réglementant cette activité, une ruée vers l’or similaire à ce que les États-Unis ont connu au XVIIIe siècle ainsi que des pays africains et dans une certaine mesure, plus tard, la République du Soudan et certains autres pays.

Le ministre a expliqué que cet afflux est justifié par l’importance de l’or et de son prix, le deuxième au monde après les diamants, soulignant que cela a conduit au chaos et à des pertes humaines, environnementales et sécuritaires et dans certains cas à encourager la contrebande et le blanchiment d’argent.

Cette situation, dit-il, a conduit le gouvernement à considérer que le moment est venu d’y mettre un terme à et d’œuvrer à contrôler ce secteur, mettre en place un cadre juridique et institutionnel le régissant et garantissant l’augmentation de son efficacité et la réduction de ses répercussions négatives sur la santé et l’environnement.

Dans ce cadre, l’entreprise Maaden Mauritania a été créée à cet effet et s’attelle depuis cinq ans à mieux connaitre le secteur, et depuis quelques mois à identifier les zones d’exploration et jeter des ponts pour communiquer avec les acteurs sur le terrain et écouter leurs avis en coordination avec le ministère de tutelle et les autres départements concernés : les ministères de l’environnement, de l’intérieur, de la défense, de l’eau et divers autres acteurs.

Ainsi, un plan d’action a été élaboré pour encadrer les activistes du secteur et appliquer des règles leur permettant d’éviter d’éventuelles répercussions négatives sur l’environnement dans le cadre de la transparence et de dissiper certaines inquiétudes apparues ici et là.

C’est dans ce contexte, poursuit le ministre, que les premières réunions participatives de ce type sont organisées sur la petite exploitation minière civile et semi-industrielle et en prenant l’avis de tous pour réguler et encadrer le secteur, améliorer son efficacité, le faire connaître et relever les défis y afférent.

Concernant le chiffre d’affaire des prospecteurs, il a déclaré qu’il n’y a pas encore de chiffre précis mais des efforts sont déployés pour trouver des informations précises sur la production et le chiffre d’affaire.

Il a souligné que les ventes des huit derniers mois avoisinent les 5 tonnes d’or, ce qui constitue un tiers de la production des grandes entreprises opérant dans le domaine, comme Tasiast.

M. Ould Mohamed Salah a déclaré que la valeur ajoutée de l’extraction d’or de surface s’éleve à 74 milliards d’ouguiyas en 2019, bien que les chiffres soient jusqu’à présent approximatifs.

Il a appelé les orpailleurs à respecter la loi, à coopérer avec la société Maaden Mauritania et s’en tenir rigoureusement à la règlementation et aux procédures en vigueur, mettant en garde contre l’approfondissement des puits au-delà de 15 mètre,s porteur de gros risques dans le passé et ayant entraîné des pertes humaines bien connues.

Au sujet des dommages résultant de l’utilisation du cyanure, le ministre a indiqué que si des licences sont accordées pour son utilisation, il est alors indispensable de respecter les conditions qui seront édictées par le ministère de l’Environnement.

S’agissant de la récente visite du ministre à la SNIM, il a souligné l’importance de cette entreprise et les politiques et interventions négatives de l’État ces dernières années, qui ont augmenté le coût de production, érodé le mécanisme de production et contribué à accumuler la dette de l’entreprise la mettant dans une situation difficile.

Il a précisé qu’un plan stratégique a été élaboré pour sauver l’entreprise, lui permettant de sortir de l’impasse de la problématique de la dette, d’augmenter sa capacité technique, de la réhabiliter. Par ailleurs, il est question de renforcer la formation et les investissements dans les ressources humaines de l’entreprise, et de faire soutenir par l’Etat son positionnement car celui-ci est le principal propriétaire de l’entreprise. Aussi, il lui paartient de restaurer le rôle qu’elle joue et d’améliorer sa rentabilité.

À son tour, le directeur général de Maaden Mauritania a évoqué les objectifs de l’entreprise, les visites de terrain dans les zones concernées et les sites d’exploration dans les wilayas de Dakhlet Nouadhibou, du Tiris Zemmour et de l’Inchiri, et une enquête de terrain qui a été réalisée pour s’enquérir de la situation réelle des orpailleurs, avoir une idée du secteur et s’assurer de la réalité des choses, ce qui a permis de démentir certaines rumeurs qui couraient parmi certains au sujet des acteurs sur le terrain.

Il a déclaré que l’entreprise, créée en mai 2020 et chargée principalement de suivre l’activité minière artisanale et semi-industrielle, encadre plus de vingt mille prospecteurs affiliés à elle entre juillet et octobre, ce que l’entreprise considère comme 75% des orpailleurs opérant sur le terrain.

Elle est en train de suivre de près les différentes activités dans le domaine depuis l’étape du forage jusqu’à la phase de la vente passant par le convoyage, le broyage, le concassage, la purification etc. tout comme elle s’enquiert de la mise à leur disposition de conditions de vie adaptées en termes d’eau, d’électricité, de voirie et de santé.

Il a précisé qu’environ trente mille mauritaniens de différentes composantes et régions travaillent sur le terrain, et qu’une enquête a été menée par l’entreprise en coopération avec le 3è bureau de l’état major général des armées a abouti au chiffre réel des nationaux actifs dans le sous secteur de l’orpaillage en plus de 11% de travailleurs étrangers, de migrants ainsi que celui des sites de prospection.

Après les visites de terrain, ajoute le directeur général, l’entreprise s’est engagée dans une large concertation, dans une démarche d’implication de tous, pour une prise de conscience de part et d’autre des obligations qui pèsent sur chaque partie.

Il a ajouté que cette réunion aura lieu chaque année dans le cadre d’un processus d’évaluation de diverses activités, comblant les lacunes et faisant face aux défis éventuels.

Il a expliqué que l’entreprise, née de l’engagement électoral du Président de la République, s’est attelé à avoir des contacts avec l’extérieur via Internet et d’autres médias, dans le contexte de la pandémie Covid 19, afin de bénéficier des expériences d’autres pays ayant une expérience dans ce domaine.

Concernant la réponse à certaines rumeurs sur l’utilisation de produits chimiques dans les zones d’exploration, le directeur général a déclaré que la société n’a encore donné aucune licence d’exploitation chimique et que des mesures strictes en matière de protection de l’environnement seront appliquées dès que des licences seront accordées dans ce domaine dans le cadre de l’approche visant à assurer la protection des intérêts du pays et la préservation de la santé publique.

AMI

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