La belle affaire ! Voilà tout ce qu’ils peuvent reprocher à Ghazouani…

Le dernier audio qui circule chez les bonnes consciences auto-proclamées nous vient d’un homme mâture qui interpelle les justes de son acabit en réclamant plus de cohérence dans la procédure en cours contre Aziz et ses complices.
Quand on écoute ça, on a envie que Ghazouani soit dégoûté du pouvoir et qu’il le quitte dans les meilleurs délais pour redonner à ces gens Aziz comme ça il achèvera de les piétiner, de les mépriser et il continuera ce qu’il avait largement entamé et consommé à savoir gérer le pays comme un juteux bien personnel sur le dos des mauritaniens et de l’unité nationale sans qu’aucun de ces planqués, arbitres des élégances démocratiques, ne puisse mettre le nez dehors pour dénoncer ses dérives sachant que leurs convictions étalées sur le net ne valent pas un réel coup de matraque ni un spray de lacrymo.
L’argument des esprits sournois pour défendre l’indéfendable consiste à dire qu’il faudrait juger tous les responsables depuis 40 ans ou du moins qu’on ne pourrait juger Aziz en épargnant Ghazouani qui fut l’homme fort de l’armée pendant deux mandats.
Ainsi l’homme qui avait les pleins pouvoirs civils et militaires serait aussi responsable que celui qu’il pouvait limoger du jour au lendemain. Celui dont le nom, comme celui des membres de sa familles, quelques ministres, premiers ministres et hommes de main, a défrayé la chronique jour et nuit pendant plus de 10 ans dans mille affaires économiques, politiques, sociales, diplomatiques scandaleuses serait à accuser comme celui qui dirigeait l’armée en toute discrétion et dont le nom n’a jamais été mêlé à aucun scandale économique ou politique.
Il faut être un peu sérieux et reconnaître la nature du pouvoir en Mauritanie. Il n’y a jamais deux chefs et celui qui est le chef de l’Etat, surtout venu suite à des coups d’état, est le chef suprême ; tout lui obéit et face à lui il n’y a pas de numéro 2 aussi puissant. N’importe qui sous Aziz pouvait être limogé du jour et lendemain sans que cela ne fasse la moindre vague et si Ghazouani est resté aussi longtemps à la tête de l’armée pendant qu’Aziz se faisait homme d’affaires avec les biens de l’état, c’est parce qu’Aziz savait que Ghazouani ne s’occupait ni de politique ni des affaires économiques.
Si Ghazouani s’occupait comme Aziz de s’enrichir au point de ne pas pouvoir avouer l’origine de sa fortune et mépriser un salaire mensuel de 7 millions, l’armée n’allait jamais se relever de l’état où elle était jusqu’à 2005. Il ne faut pas être ingrat comme Aziz et refuser de reconnaître la différence de nature entre sa gouvernance et celle de Ghazouani.
Ce sont deux hommes qui n’ont rien à voir, n’ayant rien en commun sinon la carrière militaire. Leur caractère, leur personnalité sont diamétralement opposés, tout le prouve. Il suffit de voir comment Ghazouani a pacifié la scène politique pour s’en convaincre. Quant à la soif de pouvoir, Aziz savait que Ghazouani n’était pas intéressé par la présidence sinon Aziz l’aurait anesthésié depuis longtemps. Chef des armées quand Aziz était entre la vie et la mort, Ghazouani pouvait prendre le pouvoir, comme il aurait pu même faire un coup d’Etat quand tout le monde, même les puissances étrangères, ont compris le danger que représentait Aziz qui n’inspirait plus confiance à personne tout en étant capable de tout avec les pleins pouvoirs.
Ghazouani n’a jamais fait mystère qu’il était pour un 3ème mandat comme la majorité des députés. Il ne s’est déclaré que lorsqu’Aziz a renoncé. Ghazouani est loyal et il était même près à protéger Aziz qui a mille ennemis mortels car Ghazouani est un produit du pouvoir mauritanien, c’est un produit des forces qui tiennent le pays et sans lesquelles il aurait éclaté depuis longtemps ; ces forces sont d’abord militaires. On peut dire à juste titre que l’expérience civile des militaires depuis 1978 fut un malheur pour le pays car ils n’étaient pas formés pour ça mais les temps ont changé : l’armée est la dernière institution encore debout dans ce pays. Si l’armée était traversée par la guerre intestine des civils, le pays aurait éclaté en petits morceaux surtout à l’heure des richesses nationales colossales réelles ou potentielles.
N’ayant rien à reprocher à Ghazouani comme toutes ces affaires qui valent à Aziz et ses complices la procédure judiciaire en cours, voilà que les faux justes veulent faire diversion en voulant accabler Ghazouani par un autre argument de pacotille. Ainsi ils crient partout que si Ghazouani n’était pas complice du pillage du pays au moins était-il au courant de tout ce que faisait Aziz !
Qui peut dire que Ghazouani était au courant de tout alors que les ministres, les premiers ministres expliquaient que l’essentiel des ordres était reçu oralement et surtout chacun sait que ce pays était sur écoute ! Pensez-vous que si Ghazouani cherchait à s’informer de ce que faisait Aziz économiquement, Aziz ne l’aurait pas su ? Si Aziz a laissé Ghazouani gérer l’armée et la sécurité du pays, se contentant de gérer son Basep, c’est parce qu’Aziz savait que Ghazouani ne s’occuperait que de l’armée.
D’ailleurs même s’il savait ce que faisait Aziz, que pouvait-il y faire ? Tenter un coup d’Etat et affronter le Basep ? C’eût été un bain de sang avec une issue incertaine sans oublier que pour la communauté internationale Aziz a été élu démocratiquement…
Ghazouani ne savait probablement pas tout ce que trafiquait Aziz économiquement. C’est d’ailleurs ce qui expliquerait cette commission d’enquête parlementaire pour en avoir le coeur net. Voilà qui expliquerait pourquoi certains ministres n’ont pas été remerciés pour avoir des informations de premières mains. Ghazouani ne savait pas tout, c’est faux !
Tout ça pour dire que vouloir épargner à Aziz et ses complices leurs responsabilités en disant qu’il faudrait pour être juste juger même Ghazouani est la marque des avocats du diable qui demandent l’injustice et l’impossible pour épargner des coupables.
Tout dirigeant chez nous ayant les pleins pouvoirs doit être tenu pour le premier responsable surtout quelqu’un comme Aziz qui disait partout qu’il gérait tout, suivait tout. Même les comptes de l’UPR, même les profits de Sahel TV pour ses amis. Responsables aussi les hauts cadres qui ont mis leur génie à l’aider à piller et endetter le pays pour ses délires. Il ne faut pas confondre le grand donneur d’ordres, ses complices et le reste de l’administration qui obéît comme les soldats du rang qu’on ne juge jamais même en cas de coup d’état !
Il ne faut pas minimiser ce qu’Aziz a fait surtout qu’il persiste dans l’arrogance et le mépris de la justice et des mauritaniens jusqu’à oser, en tant qu’ancien chef des armées, vouloir semer la zizanie dans l’armée car il est toujours assoiffé de pouvoir.
Si on veut que ce pays se redresse, il faut voir la réalité du pouvoir et des forces en présence et ne pas décourager ceux qui de l’intérieur du pouvoir essayent de bien faire car Aziz a montré comment on peut diriger ce pays impunément sans torturer quiconque avec les prisons quasiment vides, s’enrichir au-delà du raisonnable, créer des hommes d’affaires milliardaires sortis du néant en toute impunité, diviser le pays, toucher à l’unité nationale, piétiner ses symboles qui ont traversé le temps depuis la création du pays, insulter les pères fondateurs du pays, salir leur mémoire, nourrir le racisme, le fanatisme religieux et s’en sortir toujours aussi arrogant pendant que le régime laisse madame quitter le pays à sa guise pour gérer les affaires familiales en question.
Quand on entend la manière mesquine de s’attaquer à Ghazouani pour trouver de faux arguments histoire de blanchir Aziz et lui épargner la note de ses responsabilités, quand on voit qu’on attaque Ghazaouni via de petites choses, on a envie que Dieu rende Aziz à tous ces esprits visqueux qui occupent l’espace public avec leur sournoise bonne conscience. Dieu merci, inch’allah dieu n’irait pas jusqu’à rendre au pauvre peuple Aziz et ses complices pourtant c’est tout ce que nous méritons car chaque fois qu’il a eu un changement de pouvoir dans ce pays ce ne fut que par l’armée pendant que les beaux esprits restent planqués derrière les claviers et les petites marches stériles vite dispersées…
Ahmed Ould Soueid Ahmed ( chezvlane.com )

 

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