Ces fortunes colossales qui naissent avec chaque régime…

Ces fortunes colossales qui naissent avec chaque régime…Oumar MOHAMED MOCTAR EL HAJ – Tous les régimes qui ont commandé la Mauritanie ont créé leurs propres hommes d’affaires, très souvent de toutes pièces. Des fortunes colossales ses sont constituées en quelques années.

Des entreprises géantes (proportionnellement à la taille de l’économie de notre pays), des sociétés de bâtiments et de travaux publics, des sociétés de logistiques, des cimenteries, des sociétés de pêches, des sociétés de voiries, des sociétés d’assurance, des marchés, des hôtels et des banques. Cela n’a jamais posé problème.

Ceux qui gagnent de l’argent avec la rapidité de l’éclair, développent vite un embonpoint. Ils deviennent grassouillets, leur peau se dilate sous l’effet des nouvelles charges qu’ils ingurgitent au quotidien, du luxe et de la mollesse, dans lequel ils se retrouvent tout à coup.

Dans la hiérarchie des besoins, connu sous le nom de pyramide des besoins, ou pyramide de Maslow, les nouveaux riches du pays, habitués à brûler les étapes se projettent, sans transition, du premier groupe (axé sur la satisfaction des besoins physiologiques, respiration, faim, soif, sexualité, sommeil, élimination) dans le quel ils tournaient en rond toute leur vie vers le 4éme groupe, celui du Besoin d’estime (confiance et respect de soi, reconnaissance et appréciation des autres). Ils commencent à fréquenter la mosquée, plus assidument (pas celle du quartier ou ils vivent, car les voisins ne manqueront pas de poser des doléances à la fin de la prière, ce qui est fort gênant). Ils construisent une ou deux mosquées, dans le quartier ou dans la petite localité ou ils maintiennent en dépendance certains affiliés de leur milieu social, à travers la mise en place d’un réseau élémentaire d’alimentation en eau potable et quelques ampoules luminescente pour éblouir l’obscurité et participent à cultiver chez eux le sentiment d’une identité spécifique.

Ils distribuent de petites aumônes et l’on voit les jours du vendredi, ou en certaines occasions un essaim de femmes, de vieillards et d’handicapés faire la veille plusieurs jours devant leurs domiciles, attendant de recevoir n’importe quoi. Parfois quand je passe devant une de ces demeures, je me dit pourquoi cet homme qui semble bien riche fait-il poireauter tout ce pauvre monde devant son domicile ? S’il veut donner pour l’amour d’ALLAH, ils aurait pu charger quelqu’un de son milieu de donner rendez vous à ces parias de la société de consommation, dans un lieu neutre (pour éviter la RIYAE –le m’as-tu vu ?) et de les libérer rapidement. Je ne veux pas penser qu’ils sont parqués comme la NHIRA (jeune chameau à dépecer que les gens fortuné et moins fortunés aiment offrir aux seigneurs ou à ceux qu’ils aiment). Ces pauvres fils de chameaux et de chamelles restent quelques jours entiers, avec les pattes avant pliées et attachés, très souvent sans nourriture, pour les offrir en spectacle aux passants et à ceux qu’il faut subjuguer.

Aujourd’hui une lueur d’espoir pointe à l’horizon. Les deniers publics seront traqués à l’ouguiya près. Du moins c’est ce qu’entrevoit le citoyen ordinaire. C’est, aussi, ce qui semble suinté des bouches des bouches de ceux qu’on écoute quand ils parlent.

Mais la traque des hommes politiques, des décideurs, des ordonnateurs de budget même s’il l’on ratissait large serait-elle suffisante pour ramener au moins 10% de ces rares et précieuses ressources financières qui se sont volatilisés à longueur de marchés publics et privés. Il est bien clair que la seule façon de faire perdre la trace de cet argent volé de manière vorace aux pauvres citoyens par les gardiens de la chose publique est de trouver des receleurs, qui pourraient aussi servir de prêtés noms. Tous les pouvoirs que la Mauritanie a connu ont vite compris et appliqués la formule, avec des nuances bien sur et selon les spécificités de chaque époque.

Vous demanderez au mauritanien le moins informé et il vous dressera la liste de ceux à qui les banques, les sociétés d’assurances, les usines frigorifiques du secteur de la pêches, les grandes surfaces agricoles, les licences de pêches, les centaines de parcelle urbaines, périurbaines et rurales ont été octroyés. A une autre époque, avant que la Mauritanie ne se connecte au monde extérieur, et avant que l’argent n’ait déclassé toute autre valeur matérielle et morale, les enjeux portaient sur les bourses de formations dans les grandes universités étrangères, les grands postes au sein des organismes internationaux, des chancelleries, des ambassades, de l’administration publique, l’accès aux rares marchés publics, l’accès aux médias publics (radio, presse publique écrite et plus tard télévision nationale). Tous ces avantages se procuraient, généralement, par les privilèges de la naissance par le sang ou par la terre. Il est bien des exceptions à ces règles, dans tous les régimes qui se sont succédés.

Je disais donc qu’un mauritanien, moyen, non instruit pourrait facilement dresser ce que l’Etat, en tant qu’entité publique, a perdu au profit de groupes restreints d’individus qui pèsent, aujourd’hui, pour plus de 80% du secteur privé. Il serait, inadéquat, contreproductif, et pas du tout convainquant, de chercher querelle aux corrompus, sans inquiéter les corrupteurs, de reprendre aux fonctionnaires publics ce qu’ils ont pu garder par devers eux, et qui n’est que la partie visible de l’iceberg, en laissant le gros du pactole entre les mains d’hommes d’affaires qui détiennent en leur qualité alternative de corrupteurs, receleurs et de blanchisseurs….

Bien sur tout cela semble douloureux. Ça ressemble à s’y méprendre au dilemme du « wey ou noun ». Les alternatives de l’actuel pouvoir sont limitées.

1. Soit ratisser large et aller en expéditions, partout ou l’argent public détourné est entré, et ce quelle que soit la manière utilisée pour le détourner : privatisation de complaisance avec sous-évaluation extrême des actifs cédés, marchés publics surévalués, dont de licence ou d’autorisation sans transparence, ni respect des règles de la saine concurrence, ni prise en compte des exigences de cahiers de charges, ni existence d’une contrepartie réelle, effective et compensatoire au profit de l’Etat, Il ne faut pas oublier, dans la foulée, l’attribution de millions de m² de lotissement urbains et périurbains, dans des conditions les plus opaques avec un manque à gagner qui se chiffres à des dizaines voir, centaines de milliards de nos vielles ouguiyas. Les seuls cas du RIBAT ALBAHR, des DIAR ELQATARISA, de l’HOTEL EHLSIDINA, de milers de m² n bordure de la plage, qui rend difficile l’accès de la plage aux citoyens démunis, parce que les privés laudateurs ont dressé des murs en loguer, sans laisser parfois de passage, même pour des piétons. Les grandes superficies sur l’a roue menant à l’aéroport OUMTOUNSI sur les quelles s’érigent, actuellement, des clôtures de tous genre, démontre bien que la machine à lotissement tourne, toujours à plein régime.

Dans cette logique le pouvoir doit croire dur comme fer au bien-fondé de son action et doit s’attendre à avoir sur le dos toute la Mauritanie vociférante, criarde mesquine et rapace. Des tribus, des ethnies, des parties, des groupements, des médias, des ongs et même des gens portant des accoutrements pas très communs déclareront la guerre à ce pouvoir qui voudrait se hasardera à vouloir aller sur les traces du FAROUGH, Oumar IBN ELKHATTAB, en interrogeant sans excès ni faiblesse ceux qui affichent, aujourd’hui, et ont affiché hier, une richesse démesurée, alors le commun des mauritaniens, les savait pauvres, sans moyens, il y a très peu de temps encore.

2. La seconde alternative, qui s’offre à l’actuel pouvoir, est de réduire le champ des investigations à l’ex-président, certains membres de sa famille et quelques rares collaborateurs choisis parmi ceux qui l’on soutenu, sans retenue, mais qui n’ont pas engrangés beaucoup d’argent au cours de la décennie suspectée. Cette approche aura l’avantage de réduire le champ de bataille à quelques zones bien circonscrites, de permettra de régler son compte à l’ex-président qui perdra l’appui des grosses fortunes de son régime, qui demanderont que de participer à sa mise à sac pour faire preuve de bonne tenue. L’Ex-président étouffera, alors, sous le pression d’un Etat dont le genou une fois posé sur sa nuque, trouverait du mal, à se mettre debout pour le libérer et lui permettre de respirer, encore.

Cette alternative, qui semble jusqu’à preuve du contraire, celle qui est, suivi jusqu’à ce jour par l’actuel pouvoir, aura l’inconvénient de laisser le mauritanien moyen, le soldat inconnu, sur sa soif. Une soif de justice, éternelle, qu’il essaiera peut être d’assouvir par d’autres moyens.

Cette approche renforcera la position de l’ex-président quand il avait parlé d’une vendetta politique engagée contre lui et son milieu restreint alors que 317, 316 ou 314 suspects dans le même rapport se la coulent douce.

Les mauritanien garderont uniquement l’idée d’un règlement de compte ou la Mauritanie aura tout perdu. Tout le pays aurait été pris en otage dans des accusations et contre accusations stériles dont l’issue quelle qu’elle soit n’aura que des incidences négatives sur le budget de l’Etat, et sapera le peut de crédibilité auquel l’Etat pourrait encore prétendre.

Oumar MOHAMED MOCTAR EL HAJ

Avocat

oumarmohamed@hotmail.com

Via cridem

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