Coupure d’eau à Nouakchott : Les dessous sulfureux de la panne

Coupure d’eau à Nouakchott :  Les dessous sulfureux de la panneAprès le démenti cinglant de l’Omvs quant à une panne électrique sur le réseau d’acheminement de l’eau vers la Mauritanie, les raisons qui remontent à la surface paraissent n’être rien de plus que la boulimie de nos responsables (Ministère et Snde) se battant pour la mainmise sur un projet de 200 millions d’euros obtenus du Fades pour la sécurisation de l’alimentation en eau potable des villes de Nouakchott et Nouadhibbou.

Nouakchott et Nouadhibou crèvent de soif à cause de conflits d’intérêts entre le Ministère de l’Hydraulique et la SNDE. La SNDE a initié un projet structurant avec le FADES pour sécuriser d’une part l’Adduction d’Eau Potable (AEP) de Nouakchott en cas de pannes du réseau de l’Aftout Essahili par l’augmentation de la production au champs captant d’idini, et d’autre part, pour augmenter la production à Nouadhibou à partir de la nappe de Boulenouar.

Le financement de ce projet hautement stratégique a été obtenu depuis le mois de juin pour un montant de 208 millions d’euros, par la signature de la convention de financement par le FADES et le Ministère de de l’Economie.

Tout a commencé quand l’ex Ministre de l’Hydraulique, Madame Naha Mouknass, a désigné son cabinet (Secrétaire Général ) pour l’ancrage institutionnel de ce projet (Lettre n* 47 en date du 13 mars 2020, adressée au Ministre de l’Economie et de l’Industrie).

Cette mesure d’accaparement n’a pas été appréciée par les bailleurs de fonds, la SNDE et les cadres du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Elle viole également les clauses des accords de prêts. De même, les autres projets du Ministère sont en stand by, à cause essentiellement de la tentative de centralisation des projets au cabinet ministériel et notamment leur ancrage au niveau du Secrétaire Général à travers des notes de service et de circulaires de l’ex-ministre Naha Mouknass.

Ces mesures sont contradictoires avec les accords de prêts qui précisent l’ancrage institutionnel, la gestion et l’exécution du projet au niveau des structures centrales du Ministère et des institutions sous tutelle. De plus le SG ne possède pas de compétences pour la mise en œuvre de ce projet d’une importance sécuritaire pour le pays.

Les conséquences peuvent donc se révéler énormes. Au premier chef, la perte par notre pays de ce financement et donc la perpétuation des aléas de l’approvisionnement pour nos deux capitales. Pire encore, il se peut que le bailleur se retire alors que le financement est déjà bouclé.

Depuis la permutation entre eux, il semble qu’un deal qui ne dit pas son nom est passé entre l’ancienne et le nouveau ministre. La question est de savoir pourquoi le nouveau Ministre n’intervient pas pour clarifier cette question d’ancrage institutionnel de ce projet et qu’attend-il pour démarrer ce projet dont l’objet principal est de sécuriser notre capitale et que notre pays a obtenu depuis quatre mois déjà.

Pour l’heure, beaucoup de problèmes se posent au niveau de ce département qui n’arrive pas à résoudre 49% des besoins en eau de la capitale. Apparemment, le nouveau ministre de l’Hydraulique semble aveuglément entériner toutes les mesures prises par l’ancienne ministre au sujet de l’ancrage de ce projet malgré que la SNDE soit la mieux indiquée pour réaliser ce projet d’un financement de 208 millions d’euros et qui fait suite au projet Aftout Essahili.

Jusqu’à quand les responsables vont-ils continuer à penser uniquement aux intérêts personnels et mercantiles de quelques hauts fonctionnaires fourbes au détriment de l’Etat et de la population?

Jusqu’à quand la population de Nouakchott souffrira du manque d’eau à cause des conflits d’intérêts entre responsables. Il ne faut donc pas chercher des alibis fallacieux car les citoyens ne sont pas dupes. Cette impasse doit être levée pour mettre fin aux conflits MHA-bailleurs de fonds-SNDE. Le président et son premier ministre devraient sévir contre ces pratiques héritées de l’ancien régime et qui discréditent la crédibilité de l’Etat.

Mauriweb
 

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