Journées inoubliables de Guetna ou période de cueillette de dattes fraiches en Adrar

Quand 'Guetna ' rime mal avec 'Ramadan '. Zram connaissait déjà la plupart des palmiers, Lahmar, sekkani, Alvet Essemssiya, selmedina, lemdina, sembahra, enzer, ejeney, tiguidert, elvalha, aboudiera, tembedda, amsekhsi, edaghd, tijib entre autres.
Il savait la quantité d’eau minimum nécessaire à chaque type de palmier, ceux qui sont destinés à la conservation et ceux destinés au Tegla’. Les activités de Zram à la palmeraie sont toujours les mêmes.
Dès son arrive, il ramasse avec Bidjel le Tiah, les dattes tombées durant la nuit qui seront étalées à la fin de la journée avec le reliquat du Tegla’ non consommé, dans l’Iwili, une cour pour le stockage des dattes à ciel ouvert.
La coopérative de dattes d'Aoufous : un exempleEnsuite, il procède au Tegla’, la cueillette des dattes. Cette cueillette est faite en combinant les dattes de palmiers rouges El houmour, sekkani, tijeb et celles de palmiers jaunes, elvalha la plus appreciée, selmedina, tembedda, sembahre et aboudjera.
Au pied du palmier, Zram attache son Aboune, un morceau de toile de un mètre sur quatre vingt centimètres dont il attache la partie supérieure autour du cou et la partie inférieure autour de la taille. Il grimpe le stipe du palmier, passe adroitement entre les palmes en évitant les terribles piqures des épines et s’assoit en équilibre sur deux palmes un pied sur chacune face au régime.
Le choix des dattes à cueillir est un art des plus raffinés que Zram a assimilé très vite grâce à la finesse de son palais. Le Tegla’ doit comporter des dattes à différentes étapes de maturation, allant de celles ayant juste fini la coloration dont on distingue deux types la Belha et l’Anjaya, passant par celles moitié Belha et moitié mature, la Tenguira jusqu’à la Temra, la datte complètement mûre.
sow arɗo on Twitter: "C'est la période de la 'Guetna' en #Mauritanie la  période de la récolte annuelle des dattes, moment de partage et de  festivités. Quelques photos des diffèrentes variétés dePlus la couleur de la Belha est foncée plus elle est succulente. Les Tenguirat de choix sont celles dont la partie Blah est plus prépondérante que la partie Tmar. La Temra de choix doit être dodue, tendre, fondante en bouche, moelleuse à souhait et pleine de sève.
Les dattes sont cueillies avec les deux mains et chaque main dépose sa cueillette de son côté dans le Aboune. Pendant la cueillette, les dattes les plus délicieuses vont naturellement chatouiller les papilles de Zram.
Le prélèvement des dattes s’effectue raisonnablement et équitablement sur les régimes. Il ne faut pas affliger un régime d’une plus grande cueillette par rapport aux autres. Généralement, Zram fait le tour de la plupart des régimes du palmier cible et chaque jour il change de palmier pour permettre une maturation équilibrée des régimes.
Ensuite Zram irrigue la palmeraie, ce qui ne prend pas plus d’une à deux heures et tout le temps restant Zram le partage entre l’entretien de la palmeraie et l’oisiveté. Il s’assure que la haie entourant la palmeraie est étanche aux incursions des animaux en divagation, arrache les mauvaises herbes poussant sous les palmiers, répare les azlamez et les hovras.
Parfois, il aide Bidjel à repiquer des rejets, couper les palmes en excédant ou enrichir les hovras avec le fumet. Une fois ces travaux terminés, Zram recherche un endroit bien ombragé pour s’y prélasser.
Il s’était découvert un penchant particulier pour la paresse. Couché à la renverse, une main sous la tête, il écoute avec ravissement les roucoulements des tourterelles, les piaillements des colibris, l’agréable vagissement de l’eau dans les azlamez, le doux et voluptueux bruissement des palmiers balançant leur beaux cimiers sous une brise légère.
Dans le ciel bleu, les corbeaux font leur rondes ininterrompues. Ils descendent en planant et puis s’éloignent en cercles conscentriques. Les hirondelles passent si près de Zram qu’il sent le mouvement de l’air déplacé par leurs ailes, puis s’éloignent en coup de vent avant de revenir d’une autre direction comme si elles voulaient le narguer.
Très haut, un aigle, tel un point noir, en quête de proie, généralement un lapin de garenne ou un rat des champs, tournait en cercle. Tout-a-coup, il descendit en piqué à une vitesse phénomenale. Quand Zram vit le rapace piquer, il se lèva pour mieux observer la scène.
Tourisme : L'Adrar, voyage au pays Maure Par Aïssata Lam | Adrar InfoL’aigle percuta le lapin de ses avillons, le lia de ses puissantes serres et s’éloigna à tire d’ailes avec sa proie. Zram se recoucha, méditant cette incroyable vitesse et cette fantastique puissance de percution. Zram ne s’interrompe que lorsque Marietou vient lui apporter son déjeûner.
Le régime alimentaire, à quelque rares exceptions, est le même tous les jours. Le matin c’est une bouillie à base de semoule d’orge avec le traditionnel thé. Le déjeûner est un riz Mbakhal. Le soir c’est, soit un couscous à base de semoule de mil ou de blé dont la sauce est préparée avec du Maghvou ou de l’Awnive, des viandes faisandées ou bien un Aich Vendi.
Exceptionnellement à l’occasion de la visite d’un hôte de marque, on prépare les ksours essavia, des crêpes locales préparées avec de la semoule d’orge grillé d’echeilal. La journée continue ainsi jusqu’a l’approche du crépuscule.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou
Zram ou la Saga des Mreiba

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