Pas pour défendre le président Aziz … mais! /Youhanna Anwar Daoud / écrivain égyptien spécialiste dans les affaires africaines

La question que s’est posée  -peut etre-  l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz  pendant les sept nuits qu’il a passées en «détention préventive» avant sa libération conditionnelle et l’interdiction de voyager est : avais-je fait une erreur en quittant volontairement le pouvoir?!

Ou du moins, avais-je tort de ne pas utiliser bon nombre des atouts que je possédais pour amender la constitution et rester au pouvoir face aux forces  qui s’opposent à moi et enfoncer  ainsimon pays dans un tunnel sombre?!
La question qui traque -peut etre- l’esprit de tous les présidents arabes qui envisagent désormais de quitter volontairement le pouvoir est : échapperai-je au sort de l’ancien président mauritanien si je faisais comme lui,  même si je céderai ce pouvoir à mon vice-président ou ministre de la Défense et non pour un parti d’opposition?!

Certes, le président Ghazwani se posera la même question après neuf ans, qui est la période constitutionnelle maximale qui lui permet de rester au pouvoir!

Personne ne défend la corruption et les corrompus, mais les accusations ne doivent pas être faites n’importe comment  et l’accusé est innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie.

Dans le cas de l’ancien président mauritanien, il y a de nombreuses questions suspectes dans la manière de traiter son cas.

Cela ne convient pas non plus ,à un ancien président qui a volontairement quitté le pouvoir. Notamment en l’empêchant de tenir des  conférences de presse,  qui est un droit constitutionnel pour tout citoyen tant bien même quand il s’agit d’ un ancien président.
En plus de le restreindre dans son activité politique, qu’il s’agisse de la création ou de l’achat d’un parti politique.

Toutes ces questions soulèvent des doutes sur l’impartialité de son procès. D’autant que beaucoup de ceux qui veulent ce procès  aujourd’hui, étaient les piliers de son autorité hier. Et s’il  y’a donc, mauvaise gestion , elle ne peut se faire sans eux !

Quel message véhicule   tout ce qui se passe contre l’ancien président de la République islamique?!  La vérité c’est un message très négatif, que ce soit au niveau national ou au niveau régional africain et arabe.
Le président Aziz a, peut-être commis une erreur en renversant l’ancien président démocratiquement élu Sidi Ould Cheikh Abdallah ,lors d’un coup d’État militaire qu’il a dirigé avec l’actuel président Mohamed Ould Ghazwani en août 2008.
Mais en quittant hier, le pouvoir  volontairement et en se refusant à manipuler  la constitution, évitant ainsi à la Mauritanie les risques luttes intérieures , cela lui vaut d’être  grandement intercédé.
Certes, a-t-il eu de nombreux défauts ou même des excès, au cours de ses dix années de règne. Mais il ne fait aucun doute qu’il avait de nombreuses réalisations à son actif, dont les plus importantes sont: l’élimination du terrorisme et le changement qualitatif face à la corruption. En plus du bon statut régional dont la Mauritanie a joui tout au long de son règne.
La valeur de la tolérance, sur laquelle l’ancien président sud-africain Nelson Mandela a bâti son projet tout en faisant revivre les valeurs nationales, est ce qui a placé son pays dans cette position avancée. S’il s’était plutôt tourné vers la vengeance, il aurait  sombré sa patrie comme de nombreux dirigeants des pays africains l’ont fait.
Ceci dit, personne ne demande que l’ancien président ne soit pas jugé  en cas d’erreur, à condition, avant tout,  que son procès soit équitable et pas  sous le sceau du règlement de compte.
Deuxièmement, il doit s’agir d’un procès objectif, ce qui signifie que l’ancien président ne doit pas supporter seul les conséquences d’une décennie de corruption et muavaise gestion  qui ont tourmenté le pays .
La perception du dirigeant est en général une constance  dans toute la région arabe, pas seulement en Mauritanie.
Youhanna Anwar Daoud / écrivain égyptien spécialiste dans les affaires africaines
Source : http://zahraa.mr/node/24751
Traduit par adrar.info
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