Retraite: 250 cadres usurpés de leurs droits.

Au cours de sa campagne électorale, le président Mohamed Ould Cheikh El ghazwani n’a cessé de faire promesse de réformer la loi de la retraite. Le premier ministre a répété à plusieurs reprises que cela fait partie du programme de son gouvernement. Il a mis l’accent  sur le fait que l’Etat ne veut pas continuer à perdre des centaines de compétences qui vont aller à la retraite en 2020. Le ministre de la fonction publique a même assuré qu’il n’y aura pas de retraités au cours de cette année.

Une commission juridique à été aussitôt chargée d’élaborer le projet de loi de cette réforme…

En 1985, une promotion de professeurs et d’enseignants était sortie  pour enseigner à partir du premier octobre comme d’habitude. Ils avaient été rémunérés à partir de cette date. Le puissant responsable des ressources humaines de l’époque Dahmane, qui faisait comme bon lui semble, avait eu une altercation avec certains professeurs qui avaient hâte d’avoir leur décision de recrutement. Il avait alors été mentionné dans ce document qu’ils étaient recrutés à partir du premier juillet sans faire de même  pour les enseignants  alors qu’ils étaient sortis et avaient pris service à la même date…

Ce qui fait que le ministère de la fonction publique considère que cette promotion de  professeurs en plus d’une centaine d’autre cadres des finances et de l’administration publique devraient être mis à la retraite avant le mois d’octobre alors qu’ils n’avaient point perçu les mois de juillet, Août et Septembre 85, chose qui est en contradiction totale avec la loi. L’ordinateur du service  central de la solde mentionne que ces deux cents cinquante fonctionnaires n’avaient commencé à percevoir leurs salaires qu’à partir du premier Octobre 1985.

Ces pauvres fonctionnaires, qui prennent en charge des dizaines de personnes, vivaient dans l’espoir de bénéficier comme leurs collègues enseignants de cette mesure. Cet espoir à été  renforcé par le fait qu’aucune notification de retraite ne leurs a été parvenue dans le temps réglementaire (trois mois avant la date de retraite). D’autant plus que certains parmi eux qui s’étaient rendus au ministère concerné pour demander leurs lettres de retraite se sont vus répondre par les différents responsables qu’il n’y a pas de retraite cette année.  On attendait donc depuis Janvier ce fameux projet de loi. Les rumeurs disaient chaque semaine que le prochain conseil de ministre l’adoptera. L’attente à été longue avec la Pandémie Covid19 surtout que le conseil de ministres n’avait pas eu lieu à plusieurs reprises au grand dam des fonctionnaires menacés de retraite.

Finalement, après une longue période de rumeurs, on les assure que le projet de loi sera adopté le Jeudi 16 Juillet. Comme la date du premier juillet est déjà  dépassée, ils étaient plus que sûrs qu’ils feront partie des bénéficiaires de cette loi. Le jour J arrive enfin à leur grand soulagement. Vers quatorze heures, la nouvelle tombe. La date de retraite sera désormais à partir de 63 ans d’âge. On se congratule et chacun essaie d’être le premier à informer ses collègues qui se trouvent loin de Nouakchott. Malheureusement cela fut de courte durée. On les informe la nuit qu’ils ne font pas partie des bénéficiaires. Le lendemain, un espoir renaît. On affirme que le projet de loi n’est pas daté et que le parlement peut élaborer un amendement dans ce sens et tout le monde les assure que leurs  salaires du mois de juillet ne seront pas coupés car on est à la fin du mois. Le lundi sera une journée de déception pour eux. Les lettres de retraite sont envoyées aux différents ministères et à la direction du budget. Le salaire déjà  prêt de Juillet est coupé aussitôt.

Imaginez-vous la situation de ces pauvres pères de familles à la veille de la fête et des vacances. La balle est dans le camp du président de la république qui certainement n’est pas au courant de cette mesure dictée par le zèle. Il tiendra certainement compte de ces cas sociaux et permettra à l’Etat de ne pas perdre tant de compétences et d’expérience. Au niveau de l’éducation, la plupart des professeurs retraités avaient en charge les années d’examen( terminales et quatriemes). Il sera difficile pour le ministère de les remplacer, selon les observateurs.

 

Haiba S.

Le calame

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