Scandale de l’éclairage solaire de la décennie Aziz : JoySolar a vendu 10.000 poteaux solaires, 90% ont disparu

Scandale de l’éclairage solaire de la décennie Aziz : JoySolar a vendu 10.000 poteaux solaires, 90% ont disparuAqlame - (…) Pour faire la lumière sur tous les aspects de l’accord suspect relatif au marché de l’éclairage solaire inscrit au menu des dossiers objet des investigations de la Commission d’Enquête Parlementaire, le site web « Aqlame » a obtenu des informations indiquant que JoySolar a vendu 4 700 unités d’éclairage public solaire (poteaux) à la Mauritanie, soit la quantité la plus élevée exportée annuellement vers un Etat et représentant également 47% de ses ventes annuelles à l’étranger.

La capacité d’exportation de l’entreprise est de 10 000 unités par an, puisque JoySolar, basée à Shanghai, en Chine est une petite entreprise qui emploie entre 50 et 200 travailleurs.

Ce qui intrigue dans ce marché est qu’il est le plus gros obtenu par JoySolar à l’étranger entre 2006 à 2013 avec la SOMELEC à laquelle, elle a vendu 4 700 unités, tandis qu’elle a exporté 1 000 en Guinée en 2008, 500 au Japon en 2011 et 6000 au Nigéria réparties entre deux commandes différentes, en 2006 et en 2007.

Où est allée cette grande quantité de poteaux d’éclairage solaires et de batteries solaires acquis par la SOMELEC, sachant que ce qui est installé dans les rues de Nouakchott n’a pas dépassé jusqu’en 2015, un millier d’unités d’éclairage solaire, selon une source au sein de la SOMELEC.

Il y’a lieu de rappeler aussi que cette dernière société a acheté en 2016 une quantité estimée à 2 600 lampadaires solaires et batteries, afin de les installer le long de la route menant de la ville de Nouakchott vers l’aéroport international Oumtounsy de Nouakchott, en concomitance avec la tenue du Sommet des Etats arabes organisé à Nouakchott.

Ce dernier marché a été attribué aussi à une entreprise chinoise.

A propos du prix, les documents relatifs à la transaction montrent que la SOMELEC a acheté l’unité d’éclairage solaire (poteau + batterie + une lampe) pour 1440 $ l’unité, tandis que la même entreprise, JoySolar, affiche sur son site Internet la valeur du même type d’unités d’éclairage installées dans les rues de Nouakchott pour 500 $ seulement.

La différence de prix est-elle due aux frais de transport desdites quantités de la Chine à Nouakchott?

Il faut souligner par ailleurs que le montant de l’accord mentionné dans les documents de la SOMELEC est de 6,031 millions de dollars pour 4 700 unités dont la société chinoise indique sur son site internet avoir cédé à la Mauritanie au prix unitaire de 1283,1 dollars!

Le prix exorbitant d’achat de la SOMELEC de l’unité est corroboré par ailleurs par d’autres élements.

C’est le cas notamment du Sénégal voisin qui a conclu en juillet 2019 un marché avec la société française Fonroche spécialisée dans la fabrication et l’installation de lampes solaires dans les rues, en vertu duquel, ladite société fournit au Sénégal 50 000 unités d’éclairage, prend en charge leur fixation au niveau de 88 villes et villages, avec la garantie de l’entretien des poteaux et des batteries pour une période de 6 ans.

La société française a ouvert à cette fin une succursale au Sénégal et recruté la main d’œuvre locale.

Le coût de l’unité d’éclairage, les frais d’acheminement au Sénégal, de transport vers les villes et villages et d’installation inclus ainsi que la maintenance obligatoire pendant 6 ans a atteint un million de francs CFA ; soit l’équivaut de 640 000 ouguiyas anciennes, soit également un prix proche du prix d’acquisition de la SOMELEC des unités d’éclairage de la société chinoise JoySolar sans garantie d’entretien ou de couts d’installation dans les rues.

Edité par Aqlame

Traduit de l’Arabe par Cridem

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