Mise au point à destination de l’opinion publique

Dans un document, que la presse présente comme émanant de la Commission d’Enquête Parlementaire (CEP), mon nom a été cité en relation avec le dossier dit « de l’éclairage solaire de la ville de Nouakchott ».

Cette citation, dont le caractère malveillant n’échappe à personne, risque de créer une confusion dans les esprits de ceux ou celles qui ne me connaissent pas, et de laisser penser que je puis être, de quelque façon que ce soit, lié à des malversations ou à tout autre acte délictueux.

La présente mise au point me permettra, je l’espère, d’éclairer l’opinion sur ce que fut mon action et mon positionnement durant les années où j’étais aux responsabilités publiques.

Après avoir décliné l’offre de prendre la tête du Ministère des Mines et de l’Industrie en 2008, j’ai accepté de diriger la SOMELEC (2009) puis, deux ans plus tard, la SNIM (2009 – 2011) et après elle le Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines (MEPM) que je dirigeai jusqu’en fin 2013. C’est, pour moi, l’occasion de saluer la compétence de collaborateurs d’excellence qui ont contribué significativement à la réussite de mon expérience.

Pendant la période où j’étais Administrateur Directeur Général de la SNIM, j’ai mené à bien le projet Guelb 2 dont l’enveloppe financière approchait le milliard de dollars, sans qu’aucun de ses marchés ne fut entaché de la moindre intervention ou distorsion de la part des proches du pouvoir de l’époque. Comme l’a attesté, devant la CEP, le responsable commercial de la SNIM de cette époque, aucune pression ni influence n’ont été exercées sur la société, dans ses choix commerciaux pendant cette période.

Mon passage au MEPM a connu l’avènement et la promulgation d’une loi pétrolière qui permit d’attirer d’importants opérateurs, notamment dans le bassin côtier ultra profond, ce qui déboucha sur de fameuses découvertes dont GTA (Gisement Tortue). Ce fut aussi pendant cette période qu’a été créée la Société de Production de l’Electricité à partir du Gaz (SPEG) et qu’il y eut l’octroi d’importants permis d’exploitation tels Askaf, Bumi et les permis Quartz. C’est aussi sous mon mandat ministériel que le pays s’inscrivit ostensiblement dans le renouvelable, faisant de la Mauritanie le pionnier de l’éolien (31 MW) et du solaire (15MW). Aucun de ces domaines ne connut la moindre irrégularité et tous ont fait l’objet d’un strict respect des procédures légales et réglementaires.

En janvier 2013, alors que les travaux d’aménagement de voirie (création de trottoirs, élargissement et ouverture de nouvelles voies urbaines…) étaient en passe d’être achevés, les autorités posèrent la question de l’éclairage défaillant de certaines artères de la Capitale. Pour éviter d’ouvrir de nouvelles tranchées, le choix a été fait d’équiper les avenues visées par des lampadaires solaires à alimentation autonome. Le choix, qui était en ligne avec la stratégie de développement des énergies renouvelables du département, semblait d’autant plus pertinent que la Présidence de la République venait de faire de même et que, d’après les responsables de la SOMELEC (maître d’ouvrage délégué naturel dans ce domaine), le fournisseur du matériel était le mieux placé tant sur le plan du prix que sur celui de la qualité. Le MEPM, sur proposition de la SOMELEC et comme le stipule la convention signée avec le Ministère des Finances, a autorisé la conclusion de ce marché selon les procédures et la réglementation en vigueur. La Commission des Marchés de la SOMELEC, qui est chargée de tous les marchés d’éclairage public du pays, a approuvé le marché tout en émettant une réserve sur la garantie de la caution de l’avance de démarrage (1,8 millions USD) que le fournisseur ne voulait pas mettre à disposition.

Pour débloquer cette situation et ne pas rater l’occasion de conclure un marché intéressant tant du point de vue de la qualité que du prix, la SOMELEC, la Commission de Contrôles des Marchés Publics, l’Autorité de Régulation des Marchés Publics, la Direction Générale de la Législation, les services du Ministère des Finances et ceux du MPEM réunis pour la circonstance, proposèrent comme unique recours réglementaire possible, l’obtention d’une dérogation de la part du Conseil des Ministres qui se tint en date du 21 février 2013.

J’estime donc qu’aucune irrégularité ne fut commise à notre niveau, le marché a été exécuté et la question de la garantie n’a jamais été posée. Il y’a lieu de préciser que tous les marchés de la SOMELEC relèvent entièrement et exclusivement de sa totale responsabilité sans aucune interférence du Ministère chargé de l’Energie.

C’est pour ce marché de six millions USD et qui, comme je viens de l’expliquer, est tout sauf litigieux du moins en ce qui nous concerne, que mon nom a été cité avec toute la malice et la mauvaise foi habituelles dans de telles circonstances.

Docteur en géologie, je travaillais, avant 2008, dans le domaine minier comme haut responsable d’une major minière. Depuis fin 2013, je travaille à mon compte dans le domaine de l’énergie, des mines et de l’environnement. Entre les deux dates, j’ai exercé de très hautes responsabilités au service de mon pays. Je n’ai pas l’habitude de me défiler ni de fuir mes responsabilités, qu’elles soient directes ou indirectes. Ce n’est pas à mon âge que je changerai.

 

Taleb Abdivall

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