Général Ghazouani, je le dirai à ta vénérable mère. Par Pr ELY Mustapha

Général Ghazouani, je le dirai à ta vénérable mère. Par Pr ELY MustaphaPr ELY Mustapha – Lorsque tu as prononcé ton discours de campagne au stade de la capitale, tu l’avais fait non seulement devant tout le peuple, mais aussi devant ta propre mère. Tu l’avais invitée, pour prouver que tu avais du respect pour tes parents et gagner leur bénédiction.

Elle t’écoutait en égrenant son chapelet, tout comme le peuple t’écoutait en égrenant sa misère. Une misère qu’ont implantée tes prédécesseurs. Misère à laquelle tu as échappé car tu étais dans le sérail. Depuis le coup d’Etat de 2005, et ceux successifs, jusqu’au dernier, tu étais là, dans l’ombre et tu connais mieux que personne les tenants et les aboutissants de tout ce qui arrive à ce pauvre pays sous-développé et à son peuple miséreux, criant famine, soif et ignorance.

Si uniquement par la révérence que tu dois à tes parents, tu recherches le paradis, tu ne l’auras pas. Car s’il est vrai que « le paradis est sous le talon des mères », celle-ci, biologique soit-elle, s’efface définitivement devant la mère patrie. (Voir mon article précédant sur ce sujet : « De la mère en général. De la mère du Général. De la mère patrie en particulier. – http://cridem.org/C_Info.php?article=721057 )

Si ta mère-patrie, rampe et panse chaque jour ses blessures et sait que ton pouvoir l’a meurtrie, ta propre mère que tu vénères, sait-elle que tu présides un pays où le taux de mortalité est l’un des plus élevé au monde ?

Sait-elle que certains de tes ministres ont, depuis des dizaines d’années, détourné des milliards des revenus de ce pauvre peuple, entrainant des milliers de morts, dans les hôpitaux, sur les routes, dans les campagnes, dans les villes de soif, de faim et de malnutrition.

Ta propre mère sait-elle, que tu donnes confiance à des corrompus notoirement connus, qui ont mis à genoux, l’économie nationale, détruit le système éducatif, hypothéqué le domaine public, confisqué les ressources nationales ?

Ta propre mère sait-elle, que tu ne fais que nommer et renommer, des fraudeurs et des falsificateurs qui ont détourné les finances publiques, qui ont accaparé les prêts, dons et subventions accordés au pays depuis des dizaines d’années

Ta propre mère que tu as pris à témoin, dans ta campagne électorale, sait-elle que depuis ton investiture tu ne fais que gérer les dissensions politiques calamiteuses, les fratries douteuses, y compris celle de ould Abdelaziz, de ould Baye et d’autres dont l’évidence des crimes économiques et financiers ne t’a même pas fait prendre des mesures souveraines de sanctions ou de recours pour la restitution des biens publics ?

Te rappelles-tu ce que tu as dit devant le peuple et ta propre mère :

« Ce n’est ni la recherche des fastes du pouvoir qui m’attire, encore moins les privilèges ou les honneurs ; C’est uniquement mon sens du devoir vis à vis de la nation, mon profond désir de la servir, et le souci de m’investir pour le développement du pays. Vouloir servir mon pays comme Président de la République, constitue le prolongement naturel des valeurs que mon parcours professionnel et mon éducation m’ont inculqué. » ?

Je ne sais ce que ton parcours professionnel t’a inculqué mais je sais que de ton éducation, ta mère en sait quelque chose.

Cette éducation, que nos mères mauritaniennes, nous ont inculquée. La croyance en l’éternel, la justice, la compassion, la dignité et l’honneur.

Je ne doute pas un instant de cette éducation que nous avons tous reçue, mais saurais-tu faire qu’elle soit ton mentor dans cet environnement de traitrise, de mauvaise foi, de calculs mesquins, d’intérêts inavoués, de clientélisme permanant, de corruption et de malversation généralisée, qu’est l’espace politique mauritanien ?

L’Education, du latin « educere », signifie étymologiquement « guidée hors de ». Elle permet de guider, l’esprit pour sortir de l’ignorance, de retrouver les sphères d’un intellect qui lui permettent d’acquérir un savoir qui dicte son devenir humain, sa noblesse et sa dignité, le hissant au-dessus de l’animal.

Il est vrai que le pouvoir corrompt, et le seul rempart contre la corruption c’est l’éducation inculquant les hautes valeurs. Celles de l’honneur, la dignité, l’honnêteté et la justice.

Il est vrai aussi que, dans la sphère politique mauritanienne, la courtisanerie infamante et le clientélisme à genoux, sont les ennemis de cette éducation.

Maintenant, c’est à toi de prouver, ce qui tarde à venir, que tu n’as point renoncé à cette éducation, en prenant les mesures qui s’imposent. Celles justement que tu as citées dans ton long discours, devant ta mère biologique et ta mère patrie éternelle.

Ce discours, que l’on peut consulter ici (http://mauriweb.info/node/6959) est tout à ton honneur, et toute mère, serait fière que son fils ait atteint ce degré de conscience et cette volonté d’œuvrer pour le bien de son peuple.

Hélas ! Jusqu’aujourd’hui, il y a plus de déception que de satisfaction. Le paysage politique est une copie – conforme de celui qu’il est censé changer. Les mêmes corrompus, les mêmes corrupteurs, Les mêmes intouchables qui se jouent de la justice et qui œuvrent encore en toute impunité. Le pays qui s’enfonce davantage dans la pauvreté et la misère.

Alors, tout cela, je le dirai à ta vénérable mère. Car elle fut là quand tu as promis et qu’elle est encore la quand tu peines à tenir tes promesses.

Je le dirai à ta vénérable mère, que Dieu lui prête longue vie. Je le dirai, comme autrefois, enfants, nous menacions nos camarades qui fautaient de « le dire à leur mère ».

Sinon, pourquoi, penses-tu que tu l’as déplacée au stade de la capitale, à ton discours de promesses, si ce n’est pour qu’elle soit le témoin de tes engagements vis-à-vis du peuple, ton peuple ?

C’est à ce vénérable témoin que je m’adresserai. Car nulle autre personne, parmi toutes celles présentes ce jour où tu as fait tes promesses électorales, ne t’écoutait autant avec son cœur et son esprit, que ta propre mère. Et qui d’autre mieux qu’une mère connait son fils ?

Le Paradis, est sous le talon des mères. Et la mère des mères est la mère patrie.

Et qui d’autre, aujourd’hui, plus que notre mère-patrie, souffre autant de ses propres fils ?

Pr ELY Mustapha

Via cridem

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire