Dr Mohamed Mahmoud ould Mah n’est plus: Une flamme s’éteint

L’ex-président du CNOSM, Dr Mohamed Mahmoud Ould Mah est décédé, ce mercredi (17 juin 2020), à l’âge de 80 ans. Figure emblématique dans le paysage politique et sportif,  économiste de renom, Dr Ould Mah, avait été hospitalisé dans un « état très grave », au centre national de Cardiologie. Après la prière mortuaire à la mosquée Ibn Abass, Dr Ould Mah a été inhumé au cimetière du Ksar.
Ould Mah a imprimé son visage et son caractère au CNOSM qu’il a façonné. Les fédérations sportives sont, dans leur large majorité, satisfaites du CNOSM. Malgré l’aura dont il bénéficie, au plan international, notamment au sein de l’ACNOA et du CIO, le docteur n’a jamais voulu se porter candidat au sein de ces structures. Il s’en est toujours abstenu, pour garder sa liberté d’expression. En politique depuis le lancement du processus démocratique, le secrétaire général et fondateur de l’UPSD a toujours pris la même position basée sur ses convictions profondes. Après 21 ans de règne sur le mouvement olympique mauritanien, Ould Mah passa le flambeau à Abderrahmane Ethmane.

Un parcours sportif hors du commun
Président du Comité National Olympique et Sportif Mauritanien (CNOSM), le docteur Mohamed Mahmoud Ould Mah «a surtout triomphé d’avoir résisté, ces vingt dernières années, à l’ensemble des ministres chargés des sports qui lui ont, tous, sans exception, fait la guerre, à un moment ou un autre », soulignait Cheïkh Aïdara de «L’Authentique ». L’homme sut, dès sa jeunesse, concilier sport (de haut niveau) et (brillantes) études. Au lycée Faidherbe de Saint-Louis, alors que d’autres justifiaient leur échec scolaire par la pratique du sport, il sut pratiquer, grâce à Dieu, trois disciplines sportives – athlétisme, natation, football – et collectionner les références scolaires. A chaque distribution solennelle des prix, du temps où cette ville était à la fois la capitale du Sénégal et de la Mauritanie, on le voyait ainsi obtenir de hautes distinctions.
Dans la pratique du sport de haut niveau, il fut vice-champion d’Afrique Occidentale Française (AOF) du 1000 m cadets (Dakar 1957) ; champion du Sénégal du 1500 m juniors (Thiès 1958) ; finaliste d’un 50 m nage libre scolaire en France (Saint Nazaire 1958) et classé par la Fédération Française de Natation (FFN). Atarois de naissance, Ould Mah surprit bon nombre d’encadreurs et de nageurs, par son étonnante progression, à chacune de ses sorties, qui suscitait de vives admirations. Capitaine de l’équipe de football du lycée de Faidherbe, il devient, plus tard, président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) et amende une proposition du Bureau exécutif de la FIFA, à son congrès de 1986, à Mexico, pour que la représentation de l’Afrique, à la Coupe du Monde, passe de trois à cinq équipes. « J’ai dégagé une majorité en faveur de cet amendement », note-t-il alors (« Amendement Ould Mah », PV du congrès FIFA 1986 à Mexico). Notre compatriote, feu Bâ Mahmoud, alors ambassadeur de Mauritanie à Abidjan, lui rapporta un numéro du journal «Fraternité Matin », avec, en manchettes: «L’honneur du football africain défendu par le président de la Fédération mauritanienne de football à Mexico ».
La CAF aurait pu l’honorer, en 2010, lors du passage du trophée de la CM dans le Continent ou, encore, de l’une ou l’autre CAN où des distinctions sont accordées à de soi-disant personnalités sportives africaines pour services (imaginaires dans bien de cas) rendus au football continental. La CAF s’en est malheureusement abstenu.
Inna lilahi wa inna ileyhi raji’oune

Le Calame

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