Decés de Abass Diallo : Le rempart et le glaive / Par Mohammed Ould Yahya Ould Abdi

Après le regrettable incident de winding, C’est avec une infinie tristesse que nous adressons nos sincères condoléances, à nous même, au peuple Mauritanien et à la famille du regretté Abass Diallo.

C’est aussi l’occasion de rappeler à certains pêcheurs en eaux troubles, qui sont toujours prompts à saisir ce genre d’occasions pour essayer de dresser nos communautés les unes contre les autres, qu’ils perdent leur temps.
Ce vaillant peuple, riche de ses différences, a toujours consenti les sacrifices nécessaires pour rester uni, envers et contre tout…et tous!
Cependant, nous qui avons vécu cette réalité et qui la portons dans notre chair, restons inconsolable que notre Armée, le rempart de notre unité et le glaive de notre souveraineté, ne puisse donner d’elle-même qu’une si déplorable image.
Mais les forces armées et de sécurité,en général, ne sont malheureusement pas une exception, parmi les institutions de notre État, si cher à nos coeurs.
Il n’échappe en effet à personne, que notre État a été dénaturé, sapé dans ses fondements, truqué dans ses modes de fonctionnement…
Tant et si bien que les principales institutions sont devenues des foires d’un jeux tribalo- maffieux, où tout se régle selon des alliances et mesalliances la plupart du temps parsemées de triche et de chausse-trapes.
A la faveur de cette tricherie générale et horizontale, même le jeu à l’intérieur des groupes traditionnels, toutes communautés confondues, à été tronqué : on a vu de nouvelles instabilités surgir du néant., de nouvelles et inexplicables fortunes, prendre, sans coups ferir, le contrôle de large pans de l’économie malade du pays.
L’armée dans ce contexte est largement phagocytée  par ce système improprement appelé  »tribalo – Ethnique ». Le recrutement, la formation, l’avencement, les fonctions, les conditions et le cadre de vie, n’obeissent plus aux normes d’une armée républicaine.

Même les sanctions….on a vu des sans grades révoqués pour des fautes graves qu’ils n’ont pu commettre que grâce à l’insouciance et l’incompétence de leurs supérieurs, qui -surprise – n’ont pas été inquiétés.
C’est la mort dans l’âme, que nous nous voyons aujourd’hui obligés de dire que notre Armée est profondément malade de la maladie de notre État, en piteux état.

Comment voulez-vous, ya nass, qu’un soldat, recruté généralement sur recommandation, mal formé pour les mêmes raisons, encadré par des cadres qui sont-soit otages de ce système exclusif, soit marginalisés et humiliés pour y avoir résisté, puisse faire preuve de professionnalisme?
D’autant plus que ces braves hommes savent ce qui les attend à la fin de la durée de leur service. Une vie de misère, avec une  »pension » dérisoire, les condamnant à la mendicité.
Nous devrions donc nous indigner des bavures et bévues, telles que le déplorable incident de Wending! Mais nous devrions surtout déplorer avec le maximum d’indignation, la  »mediocrisation » de notre armée, qui ne serait que le prélude de la déliquescence de notre État.
Donnons-nous donc la peine de demander haut et fort, en descendant dans la rue s’il le faut, la tenue d’un grand dialogue national  inclusif déjà demandé par de nombreux mauritaniens, pour repenser notre système étatique, et reconstruire des institutions fiables, dont, notamment, une Armée républicaine,    digne de confiance, garante de la sécurité des citoyens dans une vraie République, pour TOUS les Mauritaniens.
Nouakchott, le 03/06/2020
Mohammed Ould Yahya Ould Abdi.

Le calame

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