Les Arabes sont-ils moins matures que les Africains? *

Trois pays arabes vivent  des guerres civiles ,nées de la lutte pour le pouvoir ,après le déclenchement de la soi-disant révolution du printemps arabe.  Il, est averé que les  révolutions ne conduisent pas nécessairement à une transformation démocratique.

Les politiciens ont évoqué la question de l’échec de la démocratisation ,dans le tiers monde avec beaucoup d’élaboration.

Ils notent qu’il existe de nombreux facteurs, dont le plus important est l’absence d’un programme clair de démocratisation entre les mains de  ceux qui mènent des soulèvements populaires, dans la période ,suivant la chute des pouvoirs.

Aussi, Il existe une grande différence entre le renversement d’un  système et la re- construction d’un autre.

Nous allons essayer de comprendre la misère des expériences arabes vers  la transition démocratique et leur virement  vers, plutot,  le stade du chaos, de l’autodestruction et de la guerre civile, passant par le  sectarisme, communautarisme aboutissanr au glissement dans la rupture.

Faisons la lumière sur les expériences des pays africains, qui ont conduit à la ruine, la destruction ,entraînant  la mort de milliers de personnes, et le déplacement des milliers d’autres.

Par exemple: Rouwanda – qui est sortie des décombres de ses guerres  et est devenue un modèle, malgré la grande tragédie humanitaire dont ce pays a été témoin. Le Zimbabwe, aussi, n’est qu’un autre exemple.

La maturité de l’élite africaine  a, au moins , veillé à  maintenir  le consensus sur le caractère sacré de l’État , en acceptant des sacrifices  et en maintenant un plafond de conflit, qui ne s’étend pas au délà de  l’intérêt du peuple.
Essayons de comparer les élites africaines et leurs congeneres arabes.

À cet égard, nous devons alerter que le tissu social, ethnique, religieux et linguistique n’était pas homogène dans les sociétés africaines  : Affaire Rouwanda (Tutsi – Hutu),des tribus différentes sur les plans religieux et racial .   Le Zimbabwe n’était pas loin de cette situation.

Le Libéria, la Sierra Leone, l’Angola et l’Éthiopie ne sont que des exemples de la maturité des élites africaines sur le continent africain, malgré leur retard et leur manque d’engagement envers les valeurs démocratiques.

Par contre, au niveau  arabe,le tissu social  est surtout harmonieux sur le plan racial, religieux et linguistique. On peut aller plus loin ,dans le cas libyen,par exemple . Ce pays   ne souffre pas de   problème de sectes ou confreries .Il s’agit  d’une communauté sunnite selon la définition confessionnelle .

De même, le Yémen est uniformément linguistique et ethnique, même si le fait de dire que le mouvement Houthi qui suit l’école de pensée zaydi est considéré comme une  pensée chiite, mais plus pragmatique que les autres chiites.
Une coexistence mutuelle et une harmonie entre la société yéménite, a duré ,pendant plusieurs siècles, sans causer de problèmes, ce qui réfute l’affirmation selon laquelle le différend au Yémen est de nature sectaire.

La réalité yéménite exprime, au contraire,  un échec catastrophique de l’élite dans ce pays, pas plus!

L’amour du pouvoir dans la conscience arabe est-il si sacré au point que les élites sont incapables de rechercher un accord sérieux ,face à  l’impasse dans leurs pays ?

Si l’aspiration des intellectuels et des élites arabes est suffisamment forte pour déclencher des révolutions , nourrir  des  désirs de changement et d’alternance pacifiques au pouvoir , comme annoncés dans leur littérature et leurs conférences, pourquoi ne pas concretiser ces aspirations ,dans des situations serieuses et courageuses, dans lesquelles, tout le monde contribue ?

Et au  premier rang desquels ,se trouvent des penseurs, les intellectuels et les leaders des organisations de la société civile, pour  que tout le monde ,se débarrasse de ces perceptions fossilisées sur lesquelles certaines forces politiques arabes continuent de parier .

Le moment est venu pour les élites arabes de prêter attention à leurs erreurs fatales, qui ne sont pas fondées sur une base logique et réaliste . Elles doivent prendre conscientes de l’ampleur de leurs responsabilitéset cesser de s’autodétruire et de déchirer leurs sociétés.

Thomas Friedman dit: il n’est jamais trop tard!!!

A suivre  .. / Ahmedou  Mohamed Lemine

 

Source : https://www.anbaa.info/?p=57227

Traduit ^par adrar.info

 

 

 

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