BOIKARI FOFANA N’EST PLUS, La Côte d’Ivoire pleure son leader musulman

L’image contient peut-être : 1 personne, barbe et plein air Cheikh Boikari FOFANA est décédé dimanche 17 mai dernier.
Sa disparition est une immense perte pour la région, vu sa notoriété, ses qualités de leader fédérateur et son rôle dans la réconciliation.
Ce banquier de formation possédait des qualités humaines et une formation supérieure  impressionnantes. Outre sa formation religieuse au sein de la plus grande université du monde musulman Al-azhar, il a également étudié dans l’une des plus préstigieuses universités du monde, la Sorbonne.

Tous cela a fait de lui un leader religieux exceptionnel, ce qui a élargi sa vision et éclairé sa conception. Il était à jour et connaissait parfaitement ce qui se passe au tour de lui et était conscient du chantier complexe qu’il devait mener.
Suite à la disparition de ce leader charismatique, les musulmans de Côte d’ivoire ont été appelés à élire un successeur pour prendre la relève.
Ce qui ne sera pas de tout repos.
L’imam Mamadou Traoré a été élu par (cosim) le  conseil supérieur des imams, mosquées et des affaires islamiques de Côte  d’ivoire les 28 et 29 mai derniers.

L’imam Mamadou Traoré né en 1944, est l’imam de la mosquée de Riviera golf à Abidjan.

L’élection de l’imam Mamadou Traoré, lequel appartient à la même école que le défunt est judicieuse. C’est une réelle preuve de maturité. Ils n’ont qu’une volonté, que ce dernier marche sur les pas de son prédécesseur et qu’il poursuive son travail inachevé.
Cette souplesse de transition est dûe au mécanisme démocratique que le défunt Boikari avait mis en place.

Ce mécanisme basé sur la transparence doit  servir de modèle pour la sous-région afin de prôner la tolérance et barrer la route à  l’extrémisme qui menace toute la région.

La stabilité locale et communautaire qui découle de cette succession va se refléter positivement sur la sous-région qui est menacée par la prévalence des extrémistes tels que Boko haram et autres.

En effet, l’émergence de ces groupes est dûe à deux facteurs essentiels, à savoir l’anarchie dans les fatwa religieuses qui a fait que toute personne qui arrive à mémoriser un hadith prétend être en mesure d’émettre des fatwa, ce qui a engendré une lecture erronée des textes sacrés à cause de l’incompétence, voire de l’ignorance de ces imposteurs, de ces faux religieux qui ignorent la signification des versets et le contexte historique dans lequel ils furent révélés.
Le deuxième facteur découle de l’absence des référents religieux jouissant d’une crédibilité pouvant influencer positivement et orienter les croyants vers le droit chemin.  Malheureusement, cela devient la règle et il en découle toute l’indiscipline que nous connaissons aujourd’hui et qui s’est concrétisée par le recours quasi systématique à la violence au nom de l’Islam. Rappelons que l’islam condamne formellement toute forme de violence.

Il est bon de rappeler que la sous-région a connu l’instabilité à partir du moment où l’on a commencé à importer des visions et des interprétations qui contrevenaient à l’école malikite qui était la seule référence dans la zone et était de facto un facteur de stabilité grâce à sa tolérance et à sa voie prônant le juste milieu.

Pour preuve, les pays qui forment cette sous-région n’ont jamais connu de guerre sainte destinée à convertir les populations à l’islam. Les autochtones de ces pays se sont convertis à l’islam à travers les commerçants musulmans qui agissaient avec les non- musulmans conformément aux enseignements de l’islam, ce qui a attiré ces non musulmans à l’islam.

Après la conversion à l’islam de la majorité des populations de la sous-région, on n’a jamais connu de guerre interreligieuse, sauf dans des cas isolés. Par ailleurs, les musulmans ont cohabité avec leurs compatriotes non musulmans. Ils vivaient tous en harmonie jusqu’à l’arrivée des gens venant de l’extérieur avec des agendas cachés visant à semer la haine et la discorde.

Il va sans dire que l’influence extérieure se fait par le biais de correspondants locaux et de certaines O.N.G présentes sous prétexte de fournir des aides humanitaires. Celles-ci sont des sortes de cheval de Troie ayant pour but de semer la discorde, monter les communautés les unes contre les autres et tenter de discréditer les personnalités.

Il est vrai que le manque de référents a laissé  place à des personnes qui n’avaient pas autant de savoirs que leurs prédécesseurs, aussi bien du point de vue du savoir religieux que de la piété. Par conséquent certains ont perdu leur crédibilité aux yeux des jeunes générations.  Ce manque de référents est dû au fait qu’un nombre non négligeable d’entre eux  sont décédés.

En fin, toutes les communautés musulmanes doivent apprendre de l’expérience et de la clairvoyance du leader FOFANA et mettre en place des institutions qui représentent les musulmans élus de manière démocratique à l’instar des ivoiriens.

Puisse Allah accorder Sa miséricorde au défunt, protéger et guider le nouvel imam sur le bon chemin.

Cheikh Mohamed el Hadj Mahmoud Taleb.
Théologien-Doctorant en langue et civilisation arabes
Auteur de nombreux ouvrages sur l’islam.

 

Via :Alpha Oumar Ndiongue (+222 46 40 70 75)

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