Dr mohamed ould radhi : Etat religieux versus Etat civil en Islam (suite et- fin)

Dr Mohamed Ould Radhi : La guerre internationale contre le covid ...II-L’Etat islamique sous  la Révélation

Dès son arrivée à Médine, le Prophète(Psl) a promulgué la première constitution écrite de l’histoire, communément connue sous le nom du : Journal ou Charte de Médine.

Cette charte constitutionnelle contient 52 articles dont 27 destinés à l’organisation des rapports entre les Emigrants (Mouhajiroun) et les Hôtes (Ansar) d’une part et entre ceux-ci formant la communauté musulmane et les juifs, chrétiens et  païens de Médine d’autre part.

Malgré le caractère religieux de  l’Etat à l’époque, la neutralité religieuse était bien expresse dans le journal de Médine et dans la pratique du pouvoir exécutif : les non musulmans n’étaient redevables que des droits inhérents au statut de citoyenneté.

Dans le préambule du Journal de Médine, le Prophète (Psl) dit: « les croyants et les musulmans parmi Qoraich et Yathrib (Médine), ceux qui cohabitent avec eux, ceux qui les rallient et ceux qui combattent dans leurs rangs constituent une seule Oumma sans les autres »

Ce journal pose la première pierre d’un « Etat civil » qui se développa sous la coupole de l’ « Etat religieux » pour préparer les musulmans à l’après  révélation.

Le comportement du Prophète (Psl) ne fut que la traduction pratique de la révélation divine qui dit dans la sourate de la vache : « Nulle contrainte en religion  car le bon chemin s’est distingué de l’égarement ; donc quiconque mécroit au juggernaut tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide qui ne peut se briser  et Allah est auditent et omniscient ».

Et pour compléter, dans la sourate de Jonas : « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru ; est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? »

Durant cette époque, La bonne marche de l’Etat islamique fut garantie par la présence du Prophète Psl dont les commandements étaient protégés par la révélation divine en ce sens que toute décision pour qu’elle soit définitive doit avoir l’aval d’ALLAH.

Il est arrivé parfois que le Prophète (Psl) dut se prononcer sur des questions à un moment où il n’était pas en contact avec la révélation.

Certaines décisions prises dans de pareilles circonstances furent désapprouvées par ALLAH  et rapidement la révélation intima  au Prophète (Psl) de les revoir.

Le premier exemple est celui d’Abdoullah ibn Oumy Mektoum, l’aveugle qu’il se saurait abstenu de l’accueillir au moment où il était en discussion avec de grandes notabilités arabes pour les convertir à l’Islam.

Immédiatement, ALLAH en a voulu autrement et le message divin ne se fut pas attendre : Sourate Refrogné (عبس) « Il s’est renfrogné et il s’est détourné, Parce que l’aveugle est venu à lui, Qui te dit : peut-être cherche-t-il à se purifier……? »

Et depuis lors à chaque fois que le Prophète (Psl) rencontre Ibn oummy  Mektoum, il lui dit : «  bienvenue à celui qui m’a causé le reproche de mon Dieu. (أهلا بمن عاتبني فيه ربي) »

Le second fut lorsque  le Prophète (Psl) répondit à une femme qui s’est plainte de son mari de se revancher de lui, immédiatement un message divin descendit et ordonna le contraire.

Le Prophète (Psl) appela la femme et lui dit : « Nous avons décidé  quelque chose et ALLAH en a décidé autre et ce qu’a décidé ALLAH est le vrai » et lui récita de la sourate des femmes, 34 : «  Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens…. ».

Un troisième cas, quand le prophète opta pour l’avis d’Abou bakr –contrairement à celui de Omar et Abdallah ibn Rawaha-  d’accepter une rançon contre la vie  des prisonniers de la bataille de Badr ; ALLAH lui révéla (Verset 67, sourate Alanval (butins) : «  Un Prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d’avoir prévalu [mis les mécréants hors de combat] sur la terre. Vous voulez les biens d’ici-bas tandis qu’Allah veut l’au-delà. Allah est Puissant et Sage ».

En conclusion,  pendant la vie du Prophète (Psl), le pouvoir est infaillible,  la gestion  irréprochable  et les rapports structurant les relations entre l’Etat et le citoyen et entre les différentes communautés sont sous un commandement auquel la soumission est une obligation religieuse.

III

Désacralisation du pouvoir politique

Cette période commence dès la rupture de la révélation, l’autorité religieuse infaillible n’existe plus, et l’autorité politique est désormais entre les mains du Calife que doit designer la communauté.

L’absence de l’autorité infaillible- le Calife quel qu’il soit est sujet à l’erreur – a ouvert la porte à l’émergence de Vetwas (avis juridiques) qui se sont accumulés au fil des temps pour devenir plus tard ce qu’on appelle Ettachrie Alislami (jurisprudence islamique).

Allah a recommandé à son Prophète (Psl) la consultation avant de prendre une décision mais l’a aussi ordonné d’agir quand il se décide (Sourate Al Imran, 159)   « et consulte-les à propos des affaires ; puis une fois que tu t’es décidé, confie-toi à Allah, certes Allah aime ceux qui lui font confiance. »

Donc  cette consultation semble avoir pour seule finalité de familiariser les musulmans à la concertation préalable dans la gestion de leurs affaires lorsque  l’ « Etat religieux »  aurait pris fin.

L’enseignement à tirer du nombre limité de peines est qu’ALLAH a laissé aux musulmans le soin d’imaginer leur propre code pénal au gré des conditions politiques sociales et économiques.

Cette analyse trouve l’appui dans le hadith Prophétique: « vous êtes mieux connaisseurs des affaires de votre ici-bas ».

D’ailleurs  pendant la  période glorieuse de l’Islam, ce pouvoir discrétionnaire fut bien illustré dans des situations bien connues dont une suspension de l’application  d’une peine révélée dans le Coran.

l’an 17-18 du Hégire, le monde musulman fut au rendez vous avec deux événements majeurs ; le premier est la peste de Imouass au Chaam qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de combattants musulmans dont d’illustres commandants tels Abou Oubeydeta ibn Eljarrah et Saad Ibn Mouadh et le second la  plus sévère des sécheresses que l’Arabie ait jamais connue.

Durant cette année communément connue  sous le nom de Ramada sous le califat d’Omar, beaucoup de personnes, sous la pression du besoin, durent commettre des actes de vol pour survivre.

Se fondant sur  les conditions contraignantes  que vivent les musulmans en cette année particulière, le Calife Omar dut suspendre la peine de vol prenant en considération la dimension miséricordieuse de l’Islam et l’intérêt de protéger les musulmans contre les effets d’une telle mesure qui aurait handicaper beaucoup de personnes moralement et religieusement correctes.

Dans d’autres cas, le Calife dut prendre l’avis de ses compagnons pour statuer sur des délits non objet de peines révélées.

Jamais le Prophète (Psl)  ni son premier Calife n’ont eu à fouetter un buveur d’alcool ; la question ne fut posée que sous le Califat d’Omar qui fit  appel à la concertation.

Son compagnon, Aly ibn Aby taleb lui répondit: le buveur est appelé à délirer et  s’il délire il peut insulter ou diffamer  alors, par analogie (القياس) lui infliger la peine de la diffamation (80 fouets).

Tous les courants islamiques sont nés dans un contexte trouble marqué par des crises politiques où chacun essaye d’étayer des arguments religieux pour  faire valoir sa vision politique  des choses et recruter le plus grand nombre de sympathisants.

Ces divergences entre groupes musulmans conduisent à des perceptions totalement antinomiques au sujet du statut du successeur du prophète et la portée de son emprise politique et religieuse :

Aux yeux des Chiites, le Prophète(Psl) a recommandé Aly comme successeur et celui-ci porte des qualités du Prophète qui l’a désigné surtout en matière d’infaillibilité contrairement aux Sunnites pour lesquels le Calife relève d’un choix et est donc loin d’incarner une dimension prophétique.

Les premiers fondent leur approche sur leur relation du hadith du Prophète (Psl)  lors de l’événement de ruisseau  de Khoum (غدير خم) : «  celui dont je suis maitre, Aly est aussi son maitre, qu’Allah accompagne celui qui l’accompagne et soit hostile à celui qui lui est hostile ».

Les Chiites,  se fondant  sur le verset 67 de la sourate de la Table servie, prétendent qu’ALLAH a même intimé au Prophète (Psl) de désigner Aly comme successeur: « Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants ».

Ce verset est le dernier ou avant dernier verset révélé et c’est pourquoi les Chiites l’évoquent  en appui à leurs revendications, car disent ils, en ce moment tout a été déjà transmis par le Prophète sauf la désignation d’Aly comme successeur.

L’argumentaire Chiite relate aussi les détails des derniers instants de la vie du Prophète (Psl), de certains hadiths et de plusieurs autres faits …

Le refus de Fatimettou, la fille du Prophète (Psl) de prêter serment d’allégeance à Abou bakr, le flou qui entache celle de Aly- que tout le monde s’accorde à dire que son allégeance ne fut pas de bon cœur- tout cela fut le germe de ce qui deviendra plus tard le deuxième plus grand courant religieux en Islam.

Les Sunnites, les plus nombreux et ceux qui ont marqué le plus l’histoire de l’Islam, réfutent catégoriquement la version Chiite  d’une quelconque recommandation à Aly.

Si le Messager d’Allah avait fait une telle recommandation, il serait difficile d’imaginer un de ses compagnons s’autoriser un avis différent, encore moins de prendre  part au conflit qui a éclaté entre émigrants (Mouhajirounes) et les Hôtes (Ansar) réunis dans le hangar de Beni Saïda (سقيفة بني ساعدة) pour choisir un successeur.

Le désaccord entre les participants à la réunion du Hangar a atteint un point de risque maximal d’une confrontation qui aurait hypothéqué l’avenir de l’Etat islamique et des musulmans en général.

Finalement eut lieu la désignation de l’un des plus intimes compagnons du Prophète, des plus pieux et des plus grands connaisseurs de la religion, Abou bakr – peu importe d’ailleurs les circonstances d’une telle désignation…ce choix annonce la genèse officielle du premier  « Etat civil » en terre d’Islam, où la religion officielle est l’Islam, sans autorité religieuse infaillible et l’autorité politique est choisie par consultation (Choura).

Tous les Califes ont exprimé dans leur déclaration d’investiture, le caractère civil du nouvel Etat islamique.

Abou bakr déclare dans son discours d’investiture : « Vous m’avez choisi et je ne suis pas le meilleur, si je fais du bien, aidez moi, si je fais du mal corrigez moi. »

La disparition de l’autorité religieuse n’a pas tardé à produire ses effets ; de nombreux groupes se sont tout simplement apostasiés, ne reconnaissant plus les vertus du Prophète dans son successeur et s’estimant alors désormais libres d’agir à leur convenance.

Tous les efforts du premier Calife  furent  orientés vers le combat de ces apostasiés et la gestion des conflits internes  à la communauté …..Il fut malgré ces difficultés et la très courte durée de son Califat, le seul à mourir une mort normale.

Quant à Omar, le deuxième Calife, il commence son discours par demander à ses concitoyens de : « l’aider contre soi par la promotion de la vertu et la prévention du vice ».

Othmane s’est limité à appeler ses concitoyens : « vous avez  besoin plus d’un Calife juste que d’un orateur éloquent ».

Le quatrième Califat naquit dans un contexte trouble, après l’assassinat d’Othmane, les querelles politiques qui l’ont précédé et qui se sont étendues au cercle le plus proche des compagnons du Prophète(Psl).

Aly  s’est dressé devant les foules pour leur rappeler : « Je ne suis qu’un parmi vous, j’ai le même droit que vous, je dois le même devoir que vous ».

Apres cette période, les Etats islamiques qui se sont reproduits l’un de l’autre, eurent un caractère commun : la forme civile de gouvernance avec l’Islam comme religion officielle de l’Etat ; ce qui permit l’éclosion d’un ensemble de doctrines ou sectes religieuses dont les adeptes malgré les divergences, s’acceptent entre eux et se reconnaissent dans l’Etat.

Les deux principaux courants islamiques, le Sunnisme et le Chiisme se sont démembrés en plusieurs écoles ; quatre pour le premier (Hanéfisme, Malékisme, Chafiisme et Hanbalisme) et trente quatre pour le second.

Mais le  fait que ces écoles, ces confessions et ces rites réclament, chacun être seul dépositaire de l’héritage religieux et politique du Prophète (Psl) rend la cohabitation communautaire sous une étiquette religieuse difficile voire tout simplement impossible.

Le Sunnisme aurait dû  se démembrer lui aussi  en plusieurs dizaines voir des centaines de rites  n’eût été la décision du Sultan Mamelouk Bybers de limiter à quatre les rites reconnus et autorisés par l’Etat (Hanéfisme, Malékisme, Chafiisme et Hanbalisme).

Cette décision, même si elle a épargné davantage de divisions et de morcellement des musulmans, elle a aussi étouffé la raison, mis à  mort l’esprit, la créativité et l’innovation, empêché tout effort de correction, d’accommodation, d’affinement…elle fut synonyme d’immobilisme

Mais la politique ne fut pas seulement  à l’origine de la consécration et de la limitation des  écoles Sunnites mais aussi la locomotive de l’épanouissement et de la vulgarisation de ces écoles bien avant les Mamelouks.

Le positionnement politique s’est fait sentir de façon notoire dans la formulation, le réassemblage et la relation du deuxième pilier fondateur de la juridiction musulmane : le Hadith

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, pratiquement rares sont les hadiths, en milieu sunnite, référencés sur une relation des faits ou des paroles émanant de Aly ibn Aby Taleb ni de son épouse et fille du Prophète (Psl)  Fatimettou.

Ils  ont côtoyé le Prophète (Psl)  plus que n’importe quel autre musulman et même si Fatima n’a passé que six mois en vie après la mort du Prophète, son époux a fait quelques décennies et il eut indéniablement un rôle primordial dans la construction de l’Etat islamique depuis les premiers jours du prêche jusqu’à sa mort assassiné à Kouffa en Irak.

N’eût été le différend politique Chiisme/Sunnisme, Aly et son épouse auraient été  parmi les références sunnites les plus avérées dans la relation des Hadiths Prophétiques mais les sunnites ont pris leur distance politique vis-à-vis de Aly et ses chiites depuis les premiers jours de la disparition du Prophète.

Les chiites de leur côté ne font aucune mention des compagnons du Prophète dans leur livres sur le hadith à telle enseigne que le lecteur sorte avec la conclusion que le Prophète (Psl) ne s’est jamais confié qu’aux membres de sa famille et que tous les autres musulmans qui l’ont accompagné depuis la genèse de la Daawa ne méritent aucun crédit dans la relation de ses actes et de ses dires.

Certaines écoles chiites dont le rite duodécimain vont même jusqu’à maudire certains Califes et certains membres du cercle rapproché du Prophète (Psl)….les empreintes de la politique sur la jurisprudence musulmane restent encore indélébiles.

Les jurisconsultes se sont repartis entre  la Vetwa et le hadith et chacun eut un appui fort par un ou plusieurs Califes de son époque : l’école Hanéfite dut son envergure au juge  Abou Youssef qui eut l’appui indéfectible des premiers Califes abbassides ; Almahdy, Alhady et Haroun Errachide.

L’imam Malik quant à lui s’est appuyé sur le soutien du Calife Abou Jaavar Almansour avec qui, il entretenait de très fortes amitiés ; ce même Calife qui interdit toute fetwa tant que Malik est à Médine (c’est-à-dire en vie).

Cette même faveur profita beaucoup à son disciple Echavii dans la propagation de son école jurisconsulte.

Ahmed ibn Hanbel mit à profit ses rapports personnels avec le Calife abbasside Elmoutewakil pour vulgariser et répandre l’école hanbalite dans la région.

La force d’appui politique dont bénéficient les Imams, sème la confusion et hisse la jurisprudence islamique (Ettachrie) au rang de la loi d’ALLAH (Echariaa) ; les fatwas (jugements) de ceux-ci sont désormais opposables à tous et toute action contestataire est synonyme de défi au Califat.

Le pacte est désormais scellé entre une autorité politique en quête d’une légitimation religieuse et une autorité religieuse (Imamat) à la recherche d’un appui et d’une protection politique du Calife pour la vulgarisation de son rite.

La Jurisprudence islamique (التشريع الإسلامي) naquit dans ce contexte historique, fin du Califat Omeyade et début du Califat Abbasside où les deux autorités politique et religieuse ne peuvent se légitimer l’une sans l’autre.

Cette jurisprudence islamique revêt désormais un caractère de sainteté imposé par la force politique  et les Imams deviendront l’unique référentiel théologique en matière civile, pénale etc.

D’ailleurs pratiquement tous les jugements rendus par les instances religieuses ne se référent qu’aux écrits des Imams ou de leurs disciples proches, rarement à un texte coranique ou un hadith.

Les quatre imams eux-mêmes  reconnaissent  la relativité des codes qu’ils ont construits sur fond de leur interprétation du coran et de leur validation des hadiths car si ces codes étaient d’ordre divin, l’Imam Malek ne s’aurait pas autorisé à se distinguer de son prédécesseur Abou hanifa tout comme Echavi et Ahmed ne l’auraient jamais fait de lui.

L’échec de la communauté musulmane à  préserver son unité jurisprudentielle à un peu plus d’un siècle de l’âge d’or de l’Islam et à un moment où la voix de l’Islam retentissait partout au monde ne laisse présager aucune possibilité de la fédérer de nouveau autour d’une conception religieuse de la chose politique surtout en ce moment où l’Oumma se perd chaque jour davantage.

Serait-il concevable que  la communauté Chiite accepte l’autorité religieuse sunnite !!! Serait-il imaginable de voir un malékite accepter de bon cœur de subir une juridiction fondée sur les dogmes hanbalites !!! Et quels seraient les rapports entre les groupes soufis et les groupes salafistes à l’antipode l’un de l’autre en matière dogmatique et conceptuelle !!! Serait-il raisonnable qu’un Abadhi (الأباضية) se départit de son rite pour se laisser subir les dispositions réglementaires fondées sur la vision d’un Imam sunnite…autant des contradictions et beaucoup d’autres  ne peuvent cohabiter que sous un Etat civil où chacun se fait son propre choix religieux et dogmatique et où tous se reconnaissent dans la même appartenance citoyenne……Seule une autorité infaillible peut fédérer tous les musulmans dans un Etat religieux ; cette autorité  a été appelée à son Seigneur  un triste 8 juin 632 de l’ère chrétienne.

Sous les Abbassides, un  peu moins sous les Omeyades, la civilisation musulmane a donné au monde les lois fondamentales structurant son progrès d’aujourd’hui tant dans l’astronomie, les mathématiques,  la médecine,  la philosophie et toutes les autres sciences humaines.

Cette période fut aussi le tremplin du développement de la pensée religieuse, de l’exégèse du texte sacré et de l’assemblage et la vulgarisation du Hadith(les quatre Imams Sunnites ont tous vécu sous les Abbassides) et de la philosophie musulmane….

Il y’avait une osmose parfaite entre les musulmans et reste du monde, sur le plan des découvertes scientifiques et aussi sur les plan des échanges culturels et philosophiques.

Aujourd’hui, malgré ce présent chaotique, il y a des pays musulmans comme la Malaisie et l’Indonésie  qui ont  survécu à ce rachitisme mental qui a frappé la majorité des pays musulmans.

Ces pays donnent un modèle d’un Etat islamique stable, développé  et en harmonie sociale malgré  la diversité religieuse et culturelle …….. .contrairement au modèle obscurantiste Afghan et aux modèles arabes démissionnaires !!

En ces temps où chacun s’autoproclame unique dépositaire de la vérité religieuse, du pouvoir d’accréditer et d’apostasier et où d’autres mettent à profit leurs connaissances théologiques  pour des fins politiques, partisanes et trop sectaires, même au prix d’un dérèglement et désarticulation des principes fondateurs de la bonne compréhension de la théorie et de la pratique religieuses, le monde musulman a besoin de renouer avec la raison, le savoir et le bon sens qui ont été par le passé les tremplins de son rayonnement et de son expansion.

Source : Dr mohamed ould radhi

 

 

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