Histoire environnementale en Mauritanie et maximes saisonnières traditionnelles

En ces moments de confinement et de COVID 19, il faudrait réfléchir d’abord  sur soi-même, la société et son environnement. Tous nos yeux sont rivés actuellement, sur la santé et les conseils sanitaires qui déterminent, aujourd’hui en Mauritanie, notre rythme de vie, nos libertés et dans une moindre mesure, les réaménagements à porter même, à nos pratiques religieuses. En ce moment de repli sur soi de tous les Etats et à travers, cette modeste contribution, j’invite les mauritaniens à faire une observation environnementale de leurs pratiques et leurs traditions en matière de comportements et de régimes alimentaires à appliquer face aux épidémies. Cette rétrospective environnementale nous permettra de puiser en nos ancêtres, et en nos vieux et vieilles, leurs sages savoirs sur leurs milieux respectifs (Fleuve, littoral, oasien et désertique).Comme mentionné dans le saint Coran, il y a dans l’année, des saisons qui rythment la vie de toutes les espèces. En Mauritanie, on peut grosso modo, déterminer quatre saisons climatiques, qui dans nos traditions, étaient distinguées et suivies par nos populations. Ces dernières développaient des comportements et des attitudes à chaque saison, par exemple dans la saison dite « froide » (Janvier, Février, Mars-Avril), les règles suivantes étaient plus ou moins appliquées :

  • Couverture et un turban pour chaque individu, afin d’éviter la poussière et le froid,
  • Un cérémonial durant ces mois, dits « mois du R », était effectué même dans certains milieux communautaires, et qui consistait à égratigner du sang, au niveau des chevilles des enfants.
  • L’équinoxe de Mars(le 21) était particulièrement scruté par les populations, notamment celles du littoral, pour éviter les raz-de-marais meurtriers et les vagues déferlantes, ainsi que la dynamique des Sebkhas où il était interdit de s’en approcher, car en mouvements hydrostatiques saisonniers (Voir la tradition des Imraguens en la matière).
  • Certaines espèces d’oiseaux sont aussi à surveiller, car leurs apparitions  pendant «  les mois du R » pouvant être annonciateurs de malheurs ou de bonheurs. De même qu’était suivi le comportement des chauves-souris (car ces volatiles ont des règles gynécologiques comme il y en a chez les femmes/Et du coup certains anciens maudissent leur sang en vrai ou faux) et des criquets.

De tout cela, on en a cure aujourd’hui, car les anciens et les sages disparaissent progressivement dans notre pays, sans que personne ne recueille auprès d’eux, leurs savoirs millénaires en protection traditionnelle, et en matière de santé et d’environnement.

Contrairement à d’autres pays, la Mauritanie n’a jamais inventorié son patrimoine naturel et social, issu des différentes cultures du pays, et encore moins corrélé ses conseils sanitaires publics, par rapport à l’alternance des saisons climatiques. Ne parlons même pas de recherche universitaire engagée : sur santé et environnement en Mauritanie, qui pourrait, par exemple, faire l’objet d’amples investigations de la part de nos institutions d’enseignement supérieur.

Notre modeste Labo LEERG (laboratoire d’études environnementales et de recherches géographiques) met à la disposition des chercheurs et des intéressés, les notes suivantes que nous souhaitons développer à l’avenir, si un jour on voudra s’intéresser à la recherche dans ce pays :

  • Typologie des catastrophes naturelles et leur chronologie en Mauritanie de 1555 à nos jours,
  • Les signes traditionnels annonciateurs de catastrophes dont entre autres, le comportement d’oiseaux, leurs migrations, l’hibernation des chauves-souris, la fuite collective des chiens, etc.

Enfin, nous recueillons avec les moyens personnels des étudiants volontaires, et comme on peut, l’histoire environnementale du Hodh, du Fouta (le lion a disparu du KOUNDI en 1950) du Guidimakha (l’éléphant a disparu en 1965) de l’Adrar, du Littoral, etc. à travers les rapports coloniaux de 1760 à 1958 et ce, afin d’avoir des références environnementales sur nos régions et notre territoire face aux changements climatiques.

MERCI AUX BONS TRADUCTEURS DE TRADUIRE CETTE MODESTE CONTRIBUTION DANS NOS LANGUES NATIONALES, ET LA PUBLIER DANS LES MEDIAS.

PR HABILITE MOCTAR EL HACEN AHMED SALEM

Source : Le calame

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