Covid – 19 Les Mauritaniens tournent la page de la pandémie


Covid - 19 Les Mauritaniens tournent la page de la pandémie
 Depuis que les Autorités aient déclaré le 18 avril dernier que la Mauritanie ne comptait plus de « cas positif », actif de covid-19, tout semble changer dans le pays, la vie revenant brusquement à la normale. En effet, malgré les avertissements de l’administration publique qui ne cesse d’appeler à la vigilance, une très forte majorité des Mauritaniens ont mis de côté les « gestes barrières » faisant fi des dangers de la pandémie.

Commerces non essentiels fermés, suppression des regroupements dans ses lieux publics, distanciation entre individus, lavage des mains au savon … Au sein des populations, ces comportements qui avaient cours ces dernières semaines, relèvent désormais du passé ! Dans les administrations publiques et privées, la vigilance reste toutefois de mise avec le strict respect des mesures barrières et l’allégement de la présence au travail.

Dans son discours à l’occasion du mois de Ramadan 2020, le président Mohamed Ould Ghazouani a appelé à plus de précaution relevant que « le risque pandémique existe toujours, en raison de la croissance et de la propagation de cette maladie ». De son côté, le ministère de la Santé a lancé un avertissement, mettant l’accent sur les dangers de ce fléau et sur la nécessité de continuer d’observer les règles de précaution et les mesures de prévention. De son côté, le ministre du Tourisme a démenti l’information portant sur l’ouverture de la saison touristique pour le mois de juin, soutenant en substance qu’il est prématuré d’aborder la question. Pour leur part, les ministères de l’Enseignement fondamental et de l’Enseignement secondaire ont annoncé que la fermeture des écoles a été prolongée jusqu’au 25 mai 2020, du fait de l’épidémie du COVID19.

Même si dans toutes les régions du pays, la consigne est maintenue au niveau des forces de l’ordre de maintenir la mesure de fermetures stricte des commerces dits non essentiels, il reste que l’activité socio-économique a bel et bien repris… clandestinement, parfois publiquement.

Il faut dire qu’en Mauritanie, l’opinion nationale, -celle-là qui n’a pas accès aux Réseaux sociaux et aux médias internationaux- n’a jamais été entièrement convaincue de la pandémie. Au départ, nombreux étaient ceux qui étaient persuadés que les musulmans en étaient protégés et qu’il s’agissait d’une « sanction divine » qui frappait le peuple Chinois, puni du fait du mauvais traitement qu’il a fait subir ces derniers mois à la minorité musulmane des Ouïghours et des Kazakhs détenus dans des centres de « rééducation politique » et obligés de manger du porc.

Une appréciation qui a évolué avec l’arrivée de la pandémie en Europe et la circulation d’une information que « les Africains et surtout les Noirs en étaient immunisés… Autant Ebola était une épidémie africaine, autant, le covid-19 ne concernait que les occidentaux et les Asiatiques » entendait-on dire !

Très nombreux furent par la suite, ceux qui n’ont pas vu que la Mauritanie a eu sans doute eu de la chance, en repérant rapidement les premiers cas sur son territoire, et en prenant très tôt, des mesures énergiques contre l’épidémie. En fait, il faut dire que pour contenir la propagation du coronavirus, le gouvernement a instauré un couvre-feu de 18 heures à 6 heures et interdit le déplacement des personnes entre provinces et ce, au lendemain de la détection du premier cas. Le 13 mars, les autorités ont fermé les frontières routières, aériennes et maritimes du pays. Elles ont également fermé les lieux de rassemblement, écoles et universités, grands marchés, restaurants et cafés puis ont mis en place un dépistage des personnes en quarantaine et l’élargissement des tests dans toutes les wilayas du pays.

Malgré tout, le cocid-19 n’était que « propagande occidentale » pour la majeure partie des populations qui pensent aujourd’hui avoir eu raison, le bilan de la pandémie en Mauritanie étant limité à un seul décès… une citoyenne de retour d’Europe.
Partant, depuis l’allégement du couvre-feu, sur l’ensemble du territoire national, tout se passe dans les familles et les places publiques, comme si la page du covid-19 est définitivement tournée. Dans cette nouvelle configuration, c’est la ville de Nouakchott qui remporte la palme d’or. Ici, malgré l’intervention soutenue des forces de l’ordre, l’activité commerciale bat son plein, même si elle s’effectue le plus souvent dans la clandestinité.

NH

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