Le G20 suspend le remboursement de la dette des pays pauvres, sans l’annuler

Des déplacés vivent dans des maisons en ruine, le 28 octobre 2019 à Bangui (République centrafricaine).Les ministres des finances du groupe se sont mis d’accord, mercredi, pour une suspension partielle du service de la dette de 77 Etats à bas revenus, à hauteur de 14 milliards de dollars, sur un total de 32 milliards.

C’est une grande avancée diplomatique et un petit geste envers les pays pauvres. Les ministres des finances du G20 se sont mis d’accord, mercredi 15 avril, sur une suspension partielle du service de la dette de 77 Etats à bas revenus, à hauteur de 14 milliards de dollars (12,8 milliards d’euros), sur un total de 32 milliards de dollars.

Une initiative qualifiée d’« avancée majeure » par le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire. En effet, c’est la première fois depuis des décennies que des pays du Club de Paris et d’autres, à l’instar de la Chine, décident ensemble d’une telle mesure.

La proposition d’une « annulation massive des dettes » africaines, lancée lundi par le président de la République, Emmanuel Macron, est toutefois absente du communiqué final. « La suspension du remboursement est immédiate, alors que l’annulation prend du temps et se négocie au cas par cas », explique un proche du dossier.

Remboursement reporté à 2022

Comme le montrent les documents de travail préparatoires du G20, auxquels Le Monde a eu accès, l’ambition de départ a été revue à la baisse pour parvenir à un compromis. La durée de suspension du paiement du service de la dette a été réduite à son strict minimum, à savoir jusqu’à fin 2020, alors qu’il était envisagé de l’étendre pour une période de douze mois, et même jusqu’en juin 2021.

Loin d’être annulé, le remboursement prévu en 2020 est reporté à 2022, et échelonné sur trois ans, moyennant un léger surcoût pour compenser ce retard. Les négociateurs du G20 disent avoir obtenu des créanciers privés un engagement similaire pour le remboursement de 8 milliards de dollars de dettes. Le dernier groupe de créanciers, celui des banques multilatérales de développement (dont fait partie la Banque mondiale), ne participera pas à cet effort.

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« C’est une bouffée d’oxygène pour des pays pauvres, reconnaît Fanny Gallois, coordinatrice de la plate-forme Dette et Développement, même si cette décision n’allège pas le poids de la dette, qu’il faudrait annuler. » Vingt-cinq Etats à bas revenus étaient en situation de surendettement ou considérés comme à « haut risque » par le Fonds monétaire international (FMI) en 2019, un chiffre qui a crû de 50 % en un an. La pandémie de Covid-19 les rapproche du précipice.

La charge de la dette s’est alourdie, avec la baisse des revenus tirés des exportations de matières premières, la récession mondiale qui pèse sur leur économie et une dépréciation de leurs devises, qui augmente le remboursement de leurs emprunts contractés en yens, en euros ou en dollars. L’ONG Oxfam a calculé que le Ghana dépensait onze fois plus pour le remboursement de sa dette que pour son système de santé publique.

 

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Source : https://www.lemonde.fr
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