Concert de désapprobations après la suspension de la contribution américaine à l’OMS

Concert de désapprobations après la suspension de la contribution américaine à l'OMSFrance24 - Des Nations unies jusqu’à la Chine en passant par l’Europe, l’annonce par Donald Trump de la suspension de la contribution américaine à l’OMS a provoqué de nombreuses réactions négatives à travers le monde.

Les réactions à la décision de Donald Trump de suspendre la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se multiplient, mercredi 15 avril, à travers le monde. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a jugé que « ce n’était pas le moment » de réduire les ressources de l’OMS.

« C’est à présent le temps pour l’unité et pour la communauté internationale de travailler ensemble et solidairement pour arrêter ce virus et ses conséquences graves », a-t-il déclaré.

« Il n’y a pas de temps à perdre. La seule préoccupation de l’OMS est d’aider tous les peuples à sauver des vies et à mettre fin à la pandémie de Covid-19″, a réagi pour sa part, le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sans toutefois mentionner explicitement la décision du président américain Donald Trump.

De Londres à Moscou, la décision de Trump critiquée

En Europe, le chef de la diplomatie de l’UE, l’Espagnol Josep Borrell, « regrette profondément » la suspension de la contribution américaine, écrit-il sur Twitter. « Il n’y a aucune raison qui justifie cette décision à un moment où nous avons plus que jamais besoin de leurs efforts pour contenir et réduire la pandémie du coronavirus. »

À Paris, la porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye, a déclaré que la France « regrette » la décision américaine et espère « un retour à la normale » pour que l’OMS puisse poursuivre son travail.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, estime pour sa part qu’un renforcement de l’OMS est au contraire nécessaire. « Le virus ne connaît pas de frontières. Nous devons travailler en étroite collaboration contre le Covid-19. L’un des meilleurs investissements est de renforcer l’ONU, en particulier l’OMS sous-financé, par exemple pour développer et distribuer des tests et des vaccins », a-t-il déclaré sur Twitter.

Le Royaume-Uni, fidèle allié des États-Unis, dit ne pas avoir « l’intention d’arrêter de financer l’OMS, qui a un rôle important à jouer pour mener la réponse sanitaire mondiale », selon le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson, lui-même contaminé par le virus. « Il est essentiel que les pays travaillent ensemble pour contrer cette menace commune ».

La Russie a dénoncé pour sa part une « approche très égoïste » de Washington et l’a qualifiée de « très alarmante ».

Pour le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, la décision américaine est « profondément regrettable ». « Plus que jamais, le monde dépend de la capacité de leadership de l’OMS pour diriger la lutte contre la pandémie de Covid-19″, a ajouté le diplomate tchadien.

La Chine « vivement préoccupée »

La Chine, de son côté, a fait part de sa « vive préoccupation » et a exhorté les États-Unis à « assumer sérieusement leurs responsabilités et leurs obligations, et à soutenir l’action internationale, contre l’épidémie, menée par l’OMS ». Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a également déclaré à la presse que la décision de Donald Trump affecterait tous les pays du monde.

La décision est contestée y compris aux États-Unis. Bill Gates, un des principaux bailleurs de fonds privés de l’OMS via sa fondation, a jugé la décision américaine de « dangereuse (..) pendant une crise sanitaire mondiale », estimant que « si le travail (de l’OMS) est arrêté, aucune autre organisation ne peut la remplacer, le monde a besoin de l’OMS ».

Patrice Harris, président de l’American Medical Association, l’une des plus importantes associations de médecins et d’étudiants en médecine du pays, a déclaré que cette décision constituait un « dangereux pas dans la mauvaise direction qui ne facilitera[it] pas la défaite du Covid-19″. Il a exhorté le président américain à reconsidérer sa décision.

L’élue démocrate Nita Lowey, qui dirige la commission de la Chambre des représentants des États-Unis fixant les dépenses du gouvernement, a estimé que Donald Trump commettait là une erreur. « Le coronavirus ne peut pas être vaincu seulement ici, aux États-Unis, il doit être vaincu partout dans le monde », a-t-elle déclaré.

Avec AFP et Reuters

Source : France24

via cridem

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire