Coronavirus : protestations et coup de gueule de personnes mises en quarantaine à Nouakchott

Coronavirus : protestations et coup de gueule de personnes mises en quarantaine à Nouakchott« On en a ras-le-bol ». Ce coup de gueule est poussé ce lundi par l’une personnes confinées dans l’un des hôtels réquisitionnés par le Gouvernement, à Nouakchott, pour les besoins de la mise en quarantaine pour freiner la courbe d’évolution de la maladie et réduire la transmission locale.

Au total, elles sont au nombre de 83 personnes confinées dans cet hôtel dans le cadre des mesures préventives contre le coronavirus en Mauritanie où la pandémie a fait un décès. Dans ce groupe, « il y’a des enfants de 9 mois, 4 ans, 3 ans…Parmi nous, il y’en a qui ont eu des décès sans pouvoir rien faire, d’autres ont eu écho qu’ils ont été sortis de leurs maisons, faute d’avoir payé leurs loyers », explique cette personne confinée qui a contacté la rédaction de Cridem.

Cette personne confinée, qui a souhaité garder l’anonymat, dit s’exprimer pour dénoncer « une situation de trop et injuste » et s’étonne que le ministère de la santé relègue leur situation en second plan. Ce qui l’a profondément agacé.

Elle raconte : « nous sommes ici confinés depuis le 22 mars. Au départ, il était prévu que nous passions 14 jours. Nous l’avons fait. Puis, il a été décidé le prolongement de notre confinement. Là, aussi, nous avons pris notre mal en patience, car nous avons jugé nécessaire de s’aligner sur les décisions de nos autorités, notamment le ministère de la santé pour lutter contre le coronavirus. On devait sortir ce lundi 13 Avril. Mais, à notre grande surprise, voilà qu’on vienne nous dire qu’avant de sortir qu’il faut qu’on fasse le test…OK. D’accord. Hélas, au lieu de s’occuper de notre cas, on nous balance qu’il y’a des urgences ailleurs…Il ne faut pas qu’on nous sacrifie. Etre cloitré pendant plus de 21 jours, c’est psychologiquement intenable. C’est du n’importe quoi ».

Elle ajoute : « Et là, au moment où je vous parle [13h25 GMT], ils n’ont pas trouvé mieux, pour nous calmer, que de nous envoyer des policiers. Nous sommes tous sortis de nos chambres pour pousser un coup de gueule. Les policiers sont là et usent de menaces si nous refusons de retourner dans nos chambres. Les policiers sont là, que tout le monde sache qu’ils sont là ».

Un témoignage très nerveux qui illustre la difficulté pour beaucoup de personnes mises en quarantaine à endurer le confinement.

Par Babacar Baye NDIAYE, pour Cridem

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