Le Haut Conseil de la fatwa affirme que les prières du vendredi ne sont pas obligatoires à ce stade

Le Haut Conseil de la fatwa affirme que les prières du vendredi ne sont pas obligatoires à ce stadeLe Haut Conseil de la fatwa et des recours gracieux a souligné que les prières du vendredi ne sont pas obligatoires à ce stade où les médecins recommandent d’éviter les réunions et regroupements, conscients qu’il est de la gravité de la pandémie du Coronavirus qui s’est répandu dans le monde et de l’ampleur de la responsabilité légale qui pèse sur lui et fondant sa décision sur des preuves claires et valables.

Dans une déclaration, dont une copie est parvenue à l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI) le Conseil a insisté sur l’importance qu’il y a à interdire l’infiltration d’individus d’un pays touché vers un pays qui ne l’est pas en raison du risque que revêt la transmission de l’infection.

Il a notamment souligné l’obligation pour tous de remettre aux autorités médicales les personnes suspectées d’être atteintes et de cette maladie en vue de les isoler si ces dernières ne le font pas elles-mêmes.

Le Conseil a réaffirmé, à l’intention de tous, qu’il est nécessaire de se conformer aux instructions des hautes autorités et des services compétents pour préserver la santé et le bien-être des populations de ce pays et recommande à tous de craindre Allah le Tout-Puissant, de faire preuve de repentir envers lui, de s’en tenir aux règles prescrites dans son Livre, de pratiquer régulièrement la charité et la prière.

Voici le texte de cette déclaration:

« Au nom de Dieu le Miséricordieux

Louange à Allah, et que les bénédictions et la paix soient sur le Messager d’Allah, sa famille, ses compagnons et les siens.

Étant donné que les médecins dans ce pays sont unanimes sur la gravité de l’épidémie du coronavirus – qu’Allah nous en préserve – et au regard de sa vitesse de propagation et du fait qu’il n’y a encore aucun médicament, sauf à faire preuve de grande prudence, d’appliquer rigoureusement les règles de la prévention et en raison de ce que les médecins ont mis en garde contre les rencontres, regroupements et visites de personnes sauf exception et qu’ils ont conseillé à tous de rester à la maison autant que faire se peut.

Dès lors qu’ils ont estimé que c’est le meilleur moyen de faire face à ce fléau qui se propage à la vitesse du vent en plus d’autres instructions importantes qu’ils ont conseillées.

En conséquence, les plus hautes autorités de ce pays ont ordonné ces instructions et déconseillé les rencontres et regroupements pour éviter la propagation généralisée de l’infection – qu’Allah nous en garde – et ont ensuite suspendu temporairement les prières du vendredi dont l’accomplissement engendre le rassemblement d’un nombre d’individus qui ne peut être contrôlé.

Compte tenu de tout ce qui précède, le Haut Conseil de la fatwa et des recours gracieux, conscient de la gravité de cette épidémie et mu par le sens de la responsabilité légale qui pèse sur lui estime nécessaire de respecter ces instructions émises par les spécialistes qui sont la référence dans le domaine de la santé. Le Tout-Puissant a dit: {Alors demandez aux gens du « dhikr » (ceux qui sont la référence dans le domaine) si vous ne savez pas}.

Le Tout-Puissant a dit: {Et ne vous tuez pas, car Allah a été miséricordieux envers vous}. Le Tout-Puissant a dit: {Et ne vous exposez pas à la mort} et des hadiths du Prophète (PSL) sont allés également dans le même sens.

Au regard de tout ce qui précède, le conseil considère :

Premièrement: que la prière du vendredi n’est pas obligatoire à ce stade, au cours duquel les médecins recommandent d’éviter tout rassemblement.

D’après notre rite malikite, parmi les causes rendant non obligatoire la prière du vendredi, il y a la crainte de porter préjudice à soi-même ou à autrui et même la crainte pour son patrimoine.

Cheikh Khalil a dit dans son précis : parmi les causes rendant non obligatoire la prière du vendredi et la prière commune dans la mosquée il y a les cas suivants: la force majeure ; la maladie ; l’assistance d’un malade ; la surveillance étroite ; la crainte pour son patrimoine etc.

Il est également connu que la loi islamique a fondé, dans bien des situations, ses décisions sur les recommandations du médecin qui connaît la réalité des actes de culte. C’est ainsi qu’il est permis de suspendre les ablutions et de prier moyennant le ‘’tayammum’’, et de rompre le jeûne au cours du mois de ramadan, si le médecin le prescrit et lorsque les ablutions ou le jeune portent préjudice à la personne. De même, l’Islam accepte le témoignage, dans les transactions des experts même polythéistes.

On sait également que, dans le rite de l’imam Malik, la prière du vendredi n’est valable que dans la mosquée donc la mosquée est une condition essentielle de sa validité, a déclaré Cheikh Khalil dans l’énumération des conditions de la prière du vendredi: « Et avec une mosquée construite ».

Et le Cadi Abdul-Wahab a déclaré dans son ouvrage de l’aide: « Les conditions exigées pour la prière du vendredi sont cinq: un Imam, une mosquée, un groupe de personnes, un sermon, un lieu de résidence avant de poursuivre: le prophète n’a prié la prière du vendredi que dans la mosquée et jamais en dehors de celle-ci et a dit : « priez comme vous m’avez vu prier ».

De même, il est de notre devoir de suivre « les ordres d’Allah, de son Prophète et de ceux qui ont vocation à nous diriger ».

Les érudits Malikites ont déclaré que si le dirigeant interdisait la prière du vendredi, alors celle-ci devient de facto illicite, et il n’est donc pas permis de la prier. Il s’ensuit que si le croyant la prie quand même alors sa prière est nulle et il doit la recommencer…

Deuxièmement: le Conseil a insisté sur l’importance de l’interdiction de l’infiltration d’individus d’un pays touché vers un pays qui ne l’est pas en raison du risque que revêt de la transmission de l’infection. Il a notamment souligné l’obligation, pour tous, de remettre aux autorités médicales les personnes suspectées d’être atteintes de cette maladie en vue de les isoler si ces dernières ne le font pas elles-mêmes…Sinon ils seraient tous responsables de porter préjudice aux autres et de propager la pandémie parmi les leurs.

Quatrièmement: Le Conseil a réaffirmé, à l’intention de tous, qu’il est nécessaire de se conformer aux instructions des hautes autorités et des services compétents pour préserver la santé et le bien-être des populations de ce pays, et recommande à tous de craindre Allah le Tout-Puissant, de faire preuve de repentir envers lui, de s’en tenir aux règles prescrites dans son Livre et de pratiquer régulièrement la charité et la prière.

Le conseil tout en étayant ses propos par des versets du Saint Coran et des Hadiths du Prophète (PSL), a imploré le Tout Puissant de nous prémunir de cette pandémie et de nous couvrir des ses bienfaits. »

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire