Retour d’un soldat dans sa ville natale…

Résultat de recherche d'images pour "soldat mauritanie" Zram débarqua de la land-rover au rond point, happa son sac-à-dos, l’enfila, prit congé de l’équipage et s’arrêta un moment en observant tout autour de lui. Il n’était pas revenue à Atar depuis dix huit mois.

Tout a changé depuis qu’il avait quitté sa ville natale. Le commissariat de police était maintenant adossé à une longue rangée de boutiques. Le marché central, malgré son extension était toujours aussi bruyant avec les mêmes clichés. Le loueur de vélos est toujours à la même place, grattant une chambre à air et soufflant dessus pour accéler l’assèchement de la colle, une rustine à la main. Les vendeurs de pain sont toujours là avec leurs brouettes pleines de pains chauds obstruant la vue aux vendeuses de légumes visiblement contrariées. De l’autre côté de la rue, les vendeurs de dattes alignaient cérémonieusement leurs caisses de thé pleines de dattes multicolores. C’était la période de la Guetna. Zram, tout heureux de retrouver cette ambiance qui lui est si chère, sourit intérieurement et pensa à la surprise qu’il allait faire à sa mere, qui le pensait disparu dans une attaque. Zram prit l’avenue principale et se dirigea vers Mbarka-Ou-Amara. Il passa à côté de l’école des filles nouvellement construite et réduisant l’espace vitale de la boutique de vente de pièces détachées d’automobiles SAKALI & FRERES. Il passa les “Douerat El Bidh” et s’arrêta au niveau du cimetière des enfants, puis lentement, très lentement, il fit un quart de tour en direction de l’avenue principale de Mbarka-Ou-Amara. Il releva doucement la tête, la petite case est toujours à la même place au sommet de la dune d’Ehl Mamina. Une joie intense illumina son visage. Il s’engagea dans l’avenue, la tête haute, les yeux fixés sur la case. Au fur et à mesure qu’il s’approchait, une joie indescriptible le submergeait. Il se mit à fredonner un vieux chant qu’il avait appris au CE2 et qui lui revint à l’esprit.

Sous l’humble toit de mousse,
Fumant à l’horizon,
Pensive aimable et douce,
Là-bas est ma maison.

Ma mère à la fenêtre
Sourit à mon retour.
J’approche et tout mon être
S’emplit d’un tendre amour.

Ô douce, Ô douce maison!

A la vue de Mariétou assise à l’ombre de la case, une boule lui obstrua la gorge, sa vue se brouilla et les larmes se déversèrent en cascades continues sur ses joues émasciés par les événements de ces derniers jours.

Mohamed Lemine Taleb Jeddou
Zram ou la Saga des Mreiba

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