Récit émouvant : Et Moriba tua le lion !!!

Résultat de recherche d'images pour "moriba tua le lion"Moriba avait grandi sur les plateaux d’Amboma. Il avait été élevé dans les rigoureuses traditions de la tribu Ghezo. A dix huit ans, les guerriers apprentis doivent commencer à partir en groupes pour la chasse au lion, cependant, dès l’âge de quatorze ans les jeunes ambomais commencent l’apprentissage de la vie de guerrier qui débute avec la chasse des petits rôdeurs avec des pièges. Dès quinze ans, le jeune ambomais commence à manipuler la sarbacane, la sagaie et l’arc. La prèmière chasse au lion de Moriba a été accidentelle. Alors qu’il était parti pour la chasse au chat sauvage, il se trouva au détour d’un sentier face à face avec un lion. A la vue du fauve, le sang de Moriba se glaça dans ses veines, pendant une infime fraction de seconde, son cerveau se liquéfia et il resta figé comme hypnotisé. Il sentit ses cheveux se dresser sur sa tête et de terribles frissons parcoururent tout son corps. Une grosse goutte de sueur nacquit dans sa nuque et roula le long de son échine. La lance trembla légèrement dans la main du jeune guerrier et son bouclier en bois faillit glisser de son bras. Aux claquements des muscles du lion répondait un imperceptible cliquetis du bouclier de Moriba. Le lion s’arrêta net à la vue du jeune guerrier, l’une des pattes avant en suspension. Les deux adversaires s’observèrent en silence. Le félin, instinctivement, se ramassa pour bondir, puis se ravisa et s’aplatit, le reflêxe félin pour mieux évaluer la situation.
Passé le premier moment de surprise, Moriba sentit son sang reprendre sa circulation et les enseignements de son maître des arts martiaux lui revinrent à l’esprit: “l‘ennemi mortel du guerrier est la panique, toujours dominer sa peur et regarder son adversaire dans les yeux pour déchiffrer son intention et anticiper la reaction”. Moriba fixa les yeux mauves du fauve. Visiblement en confiance, le fauve bailla longuement avant de se relever lentement et commencer à se déplacer doucement de sa marche feutrée en cherchant à prendre à revers sa proie. Moriba se mit à tourner lentement au rythme du mouvement du félin. Il eut la présence d’esprit de mettre en oeuvre sa petite sarbacane qu’il tenait toujours de la main gauche. Au moment où le fauve se ramassa et se detentit comme une flèche, Moriba souffla puissamment dans le tuyau et la fléchette atteignit le lion au flanc au moment où ses pattes arrières quittaient le sol. Moriba s’arc-bouta derriére son bouclier et planta la sagaie dans le sol dans la direction de la bête en attaque. Sous le poids de l’animal, Moriba tomba à la renverse, restant sous la protection du bouclier, le poison à l’effet instantané de la flèchette paralysa l’animal. Moriba roula de côté, se releva et fondit sur le lion paralysé qui essayait de se relever et planta sa sagaie à plusieurs reprises dans les flancs de l’animal qui se debattait pour se redresser, jusqu’au moment où la bête resta inerte. Moriba, exultant, lança un terrible cri de victoire qui résonna sur tout le plateau. Il prit son couteau, dépeça l’animal, prit sa peau, lui coupa la tête qu’il accrocha à son flanc et se dirigea vers le village. Au cri de Moriba tous les villageois étaient sortis des cases pour s’informer sur l’évènement. Il était clair pour chacun qu’ un groupe de chasseurs a fait une grande prise et ils se rassemblèrent à l’orée du village pour les accueillir. Mais quelle ne fut pas leur surprise, lorsqu’ils virent au loin une silhouette frêle portée par le mirage qui s’approchait du village en titubant. Wama, la mère de Moriba hurla :
- Moriba!

Mohamed Lemine Taleb Jeddou
Zram ou la Saga des Mreiba

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