Ahmed Yedaly : Un apartheid en couleurs

Monsieur Birama Diakité, « la petite minorité blanche et musulmane » de Mauritanie, après avoir analysé votre discours hystérique de Genève,  vous remercie de l’avoir reniée et d’avoir pris l’initiative de vous séparer d’elle. A cette occasion, elle présente ses condoléances au Parti Sawab à l’occasion de la disparution de son député BiramOuldDahLabeid, qu’elle vous accuse d’avoir assassiné et incinéré dans le bucher que vous avez organisé pour les écrits de l’Imam Malick, principal artisan de l’unité de tous les Mauritaniens. INNA LILLAHI WE INNA ILEYHI RAJI3OUN

Ahmed Yedaly

 

 

Je réponds au Président Samba Thiam

J’ai lu votre dernière déclaration, publiée sur CRIDEM de la fin de la semaine dernière, et j’en ai retenu quelques passages auxquels je ne m’attendais pas de la part du leader politique, du patriote et de l’intellectuel que vous êtes :

1-votre approbation et votre soutien au qualificatif de « petite minorité blanche et musulmane, berceau de l’apartheid », dont Biram a affublé tous vos frères et compatriotes Bidhanes. Une  position qui ne vous honore pas et qui confirme, hélas, les soupçons de racisme et de communautarisme dont certains accusent votre mouvement, les FLAM

2-la caution que vous apportez, en particulier, au qualificatif injurieux de « berceau de l’apartheid », qui véhicule une charge de haine et de mépris, à l’égard de cette communié, en particulier à son intelligentsia et à ses militants politiques et qui constitue une rupture avec la culture du respect de l’autre et des règles de « bon voisinage » auxquelles vous nous avez habitués. Relisez-vous : « Ceux qui, aujourd’hui montent au créneau, vocifèrent sous l’indignation, feinte, en entendant le mot « apartheid » constatent pourtant, tous les jours, cette réalité triste, sur laquelle ils ferment les yeux, sans rien dire… » La rampe de rappel à laquelle vous tentez de vous accrochez, ne vous dédouane pas de la gaffe politique et du risque de la rupture de solidarité entre « militants progressistes » que vous inaugurez : « Seule une infime minorité courageuse de cadres s’insurge … »

3-l’amalgame « intellectuel » par lequel vous tentez de « blanchir » l’apartheid Afrikaner, « qui était lui, non pas officieux, sournois et hypocrite, mais codifié et déclaré, et chacun savait donc à quoi s’en tenir … »
en « chargeant » celui dont vous accusez votre propre pays, ne trompe que les faibles d’esprit : «  En notre âme et conscience aucune résonance, aucune similitude avec ce qui se passe chez nous ? Si ce que nous vivons n’est pas de l’Apartheid stricto sensu, ça lui ressemble, au moins par métaphore… »

Enfin, la seule note « positive » que je retiens de votre déclaration, est l’annonce de l’ouverture des FLAM à un éventuel « dialogue citoyen », faute d’un dialogue national officiel. Cette note d’espoir pour une nouvelle retrouvaille, que je partage, permettrait peut-être de passer, ensemble, chez un blanchisseur commun, faute de pouvoir laver notre linge au sein de la famille politique de gauche, ou ce qui en reste.

Ahmed  Yedaly

 

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