Irrigation de la palmeraie Timazdatten à Chinguetti, de Khalihena….un art..

Résultat de recherche d'images pour "irrigation palmeraie de Chinguetti"Khalihena avait une palmeraie à Timazdatten à Chinguetti, qui faisait sa fierté, l’une des plus belles palmeraies de la vieille cité.

Au confluent des deux oueds qui traversent la ville, au nord Tignaré et au sud la bat’ha. Timazdatten où se trouve la palmeraie de Khalihena, est un petit regroupment de cases agglutinées sur une petite élévation, fait face à l’une des plus grandes dunes de la region, Timenguest.

Au nord, de l’autre côté de Tignaré, Timazdatten fait face à Tindewali, au sud, l’ancienne ville longe la bat’ha de la contrepente du mont Guitti vers l’ouest.

Au sud-ouest, la palmeraie de Tindewejatt constitue un écran compact entre Timazdatten et le dispensaire ,sis au pied de la colline ,sur laquelle se trouve la maison du commandant de cercle.

Très loin au sud-est, on peut distinguer la palmeraie de Ntkemkemt et les contours flous de Teyart Ehl Amou.

Au sud, de l’autre côté de la bat’ha ,le château d’eau de ses sept mètres ,domine toute la ville et veille sur le petit bâtiment d’Ebdjih, le marché local.
Dès l’arrivée à Chinguetti ,Zram a été remis à Bidjel ,pour l’aider à l’entretien de la palmeraie. A sept ans, Zram est déjà un petit homme assez robuste.

A l’aube de la première journée à Chinguetti, Zram, sur les traces de Bidjel dévale la petite dune ,sur laquelle se trouvent la case et la hutte de Khalihena, vers la palmeraie..

Les petits pieds de l’enfant s’enfonçaient dans le sable mou et frais, lui donnant une agréable sensation de massage. Chemin faisant, Zram découvrait ce nouveau monde, les palmeraies, les dunes lointaines qui s’étendaient à perte de vue, des cases et des huttes éparpillées sur de petits monticules dunaires et à côté de chaque case ou hutte, un âtre fumant dans la fraicheur matinale.

Le soleil ne s’était pas encore levé, quand Bidjel et Zram arrivent à la palmeraie, ceinte par une forte haie de bois et de palmes. L’entrée est fermée par une poutre posée horizontalement sur deux supports en bois, juste assez hauts, pour empêcher l’accès de la palmeraie aux animaux en divagation.

Bidjel souleva la poutre, laissa passer Zram, la remit en place, ôta son boubou, l’accrocha sur le stipe d’un palmier, replia son serwal puis se tourna vers l’enfant.
- Zreyem, nous allons commencer par faire un tour de la palmeraie avant de commencer le travail.
Tout en marchant, Bidjel donnait à l’enfant quelques explications.
- Voilà le puits d’une profondeur de trois longueurs d’homme debout, de l’autre côté du puits tu as le chadouf, .Le chadouf est constitue d’une longue perche, généralement la moitié longitudinale d’un stipe de palmier adulte, attachée perpendiculairement à un solide morceau de bois, habituellement en acacia et reposant sur deux robustes supports en bois en V.

La perche est prolongée par un autre morceau de bois, à l’extrêmité inférieure duquel, sont attachées des piaques de pierre, avec des lanières en peau, pour constituer un contrepoids.

L’extrêmité supérieure de la perche est prolongée par une deuxième petite perche à laquelle une longue et épaisse corde en chanvre, est attachée, se terminant, par un petit bout de bois, que l’on insère dans l’extrêmite du delou et qu’on enlève, une fois le puisage terminé.

De ce côté tu as, le Howdh, un receptacle d’eau confectionné à partir de plaques de pierre, du banco et du sbatt. Le receptacle a trois ouvertures versant chacune dans un azalmouz, canal d’irrigation.

L’eau est liberée dans les azlamez en retirant des morceaux d’étoffe qui bouchent les ouvertures. Une fois, les palmiers arrosés, les ouvertures sont rebouchées. Un réseau intense d’azlamez reliés les uns aux autres constitue le systeme d’irrigation.

Tous les palmier et jeunes pousses sont reliés les uns aux autre par des azlamez partant des hovras, petits receptacles creusés autour des palmiers. Les azlamez sont creusés dans le sable mou. L’eau continue à couler dans les azlamez jusqu’aux palmiers les plus éloignés.

Une fois ces derniers airrigués, leurs hovras sont refermées en élévant un peiti barrage de terre pour isoler la hovra de l’azalmouz.

Ce processus continue des palmiers les plus éloignés jusqu’aux palmiers les rapprochés.

Quand tous les palmiers sont irrigués, le howdh est rebouché avec les morceaux d’étoffe.

Avec la friabilité du sable, il arrive que la forte pression de l’eau fasse cèder les rebords des hovras ou des azlamez.  Pour les réparer, il suffit de les rembourrer avec du sable retourné avec les mains ou des pelles.

Mohamed lemine Taleb Jeddou
ZRAM ou La Saga des Mreiba

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