Hommage à un indomptable patriote: Sidi Mohamed Soumeida.

L’image contient peut-être : 1 personne, gros planCe 7 janvier 2020 marque le 50 eme anniversaire de la disparition, à la fleur de l’ âge, d’un jeune étudiant en médecine à l’université de Dakar, qui marquera d’une empreinte indélébile, l’histoire de notre jeune nation: Sidi Mohamed Soumeida. Au lendemain de la première grave épreuve subie par l’unité nationale à travers les affrontements intercommunautaires et raciaux de 1966 résultant de la 1ere crise scolaire, il fut parmi les tout premiers, sinon le premier, à avoir formulé avec simplicité et clarté, l’ exigence cardinale de la seule solution possible et viable à la  » question nationale » : la reconnaissance et l’ égalité complète en droits, en devoirs et dans les faits, de nos quatre ethnies ou nationalités (arabe, pular, olof et soninké). Il situa le contexte historique nouveau dans lequel se mouvait notre peuple et qui définissait aux fils du pays la tâche fondamentale de leur temps: mettre fin au néocolonialisme qui asservissait l’ Etat au bénéfice de puissances étrangères comme l’incarnait alors la MIFERMA, et comme le montrait le sinistre massacre des ouvriers de Zoueratt, le 29 mai 1968. Ce fut le point de départ de sa nouvelle conscience politique et historique. L’ événement fondateur d’un nouveau patriotisme dans le pays. Il organisera les toutes premières luttes de résistance des masses ( ouvriers, paysans, intellectuels, élèves et étudiants) pour la sauvegarde des intérêts de notre peuple multinational, notamment à travers les revendications de nationalisation des principales richesses du pays ( en particulier les mines de fer et de cuivre) et la création d’une monnaie nationale. Il sera le tout premier à avoir formulé avec clarté l’ impératif de la lutte contre les restes d’ esclavagisme antique et de féodalisme surtout dans les campagnes ainsi que pour l’ égalité entre les hommes et les femmes dans notre pays.
Par dessus tout, infatigable, et dans le dénuement le plus complet, il parviendra avec ses compagnons, en rupture avec les visions nationalistes particularistes exclusivistes, à creer les premières structures clandestines dans lesquelles les forces démocratiques naissantes, en particulier dans le cadre du Mouvement National Democratique (MND), fusionneront, sans considération de tribus, d’ ethnies ou de races. Soumeida inaugurera donc une nouvelle ère dans le combat pour la défense de l’unité du pays, l’ égalité de tous, le progrès social et la démocratie pluraliste.
Il décéda à Dakar le 7 janvier 1970, dans des conditions suspectes, sans voir les 1ers fruits de la lutte du peuple auquel il etait si attaché: nationalisation de la Miferma, creation de l’ ouguiyas, reconnaissance de nos 4 nationalités et création d’un Institut des langues nationales etc.
Ceux qui ont vécu cette héroïque époque peuvent témoigner de ce qu’ a représenté pour les jeunes et moins jeunes générations d’ alors, la figure emblématique de cet authentique fils de notre peuple.
Son souvenir, sans doute, restera à jamais gravé dans notre histoire commune. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que, quand celle-ci aura retrouvé son cours naturel et aura été écrite par ses dignes filles et fils, Sidi Mohamed Soumeida sera au Pantheon des vrais bâtisseurs de notre nation.

Gourmo Abdoul Lo
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