Les Bouakés et les Batékélés affrontent leurs redoutables combattants ….

Image result for les batailles des mandingues etLes deux tribus se faisaient face sur le plateau, les Bouakés au nord et les Batékélés au sud. Les Batékélés étaient déployés en quatre échelons: en première ligne les Ankhando, les redoutables combattants à pieds, en trois carrés de cinq cents hommes chacun, en deuxième échelon, sur les flancs cinq cents archers pour stopper l’élan des cavaliers adverses, en retrait derrière les Ankhando, cinq cents cavaliers prêts au débordement pour mener des contre-attaques sur les flancs ennemis, et, derrière les cavaliers, tapis à la lisière de la forêt, une réserve de quatre cents hommes répartis en deux carrés dans le sillage des archers prêts soit à renforcer les carrés en première ligne, soit à prendre l’ennemi à revers et sur les flancs par des débordements, en fonction de l’évolution de la bataille.

Le Wakulu, chef suprême des Batékélés, et le Wankhondo, chef de guerre des Batékélés, avec une protection rapprochée de cent archers et disposant d’une centaine de cavaliers pouvant être injectés au besoin au centre ou sur les flancs du dispositif, en plus d’une cinquante de léopards apprivoisés et entrainés à attaquer toute personne étrangère aux Batékélés s’étaient installés sur une colline permettant d’avoir une vue d’ensemble du champs de bataille. Tous les ordres seront donnés par des signaux de bannières en tissus de différentes couleurs convenus à l’avance.

Chaque carré a en son sein quatre hommes particulièrement bien entrainés au dechiffrement des signaux, les chizindikiros, et répartis au niveau des carrés de manière à ce que la diffusion des ordres soit instantanée. Les Batékélés faisaient face à un ennemi de cinq mille hommes.

Par cette matinée ardente, les Bouakés et les Batékélés allaient s’affronter dans une bataille sans merci qui decidera à qui reviendrait désormais la souveraineté sur les plateaux d’Angoma. les hommes étaient prêts à l’action et les chevaux piaffaient d’impatience.

Moriba, le visage bariolé des peintures de guerre, un bouclier au bras et un coupe-coupe à la main était au second rang à une dizaine de mètres derrière la ligne de contact. La première vague des cavaliers ennemis s’élança en direction des carrés Batékélés suivie par les guerriers à pied. Lorsque les attaquants furent à une centaine de mètres des troupes Batékélés, une bannière jaune flotta sur la colline.

- Formez le hérisson, hurlèrent les chizindikiros à l’unisson.

Les hommes des trois premières lignes des carrés s’arcboutèrent soutenant les boucliers de leurs épaules en plantant les sagaies sur le sol dans un angle de soixante degrés et attendirent fermement le contact.
Le choc fut d’une violence inouï. Le premier rang des Ankhonda vola comme des fétus de paille, mais l’onde choc fut contenue par le deuxième et troisième rang et le premier rang des cavaliers dans l’attaque s’écroula sur le rampart humain.

Les cavaliers continuaient leur tentative d’ouverture d’une brèche pour les attaquants à pied, lorsqu’une pluie diluvienne de flèches et de flèchettes s’abattit sur eux, Incapables de s’ouvrir un passage et subissant d’importantes pertes, les cavaliers se retirèrent vers leurs lignes en passant à travers les couloirs laissés par les hommes à pieds.

De nouveau, une bannière mais cette fois-ci verte flotta sur la colline.

- KUUKIRA (à l’attaque)! L’ordre retentit dans tous les carrés.

ZRAM ou la Saga des Mreiba
Mohamed Lemine Taleb Jeddou

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