Conférence de presse de la CVE : « Nous allons démarrer l’implantation pour connaître qui est CVE et qui ne l’est pas », déclare Dr. Kane Hamidou Baba

Annoncée, il y a quelques jours, la campagne d’implantation de la Coalition Vivre Ensemble (CVE) va bientôt démarrer, a annoncé son président, Kane Hamidou Baba, au cours d’une conférence de presse, organisée dans la salle de réunion de la CASE, ce jeudi 2 janvier 2020. L’objectif, ajoute-t-il, est de savoir qui est CVE et qui ne l’est pas. Pomme de discorde avec certains camarades qui ont choisi de quitter ce navire, il y a quelque temps,  parce que  cette option vise,  selon  eux, à transformer cette coalition informelle en parti politique alors que l’idée de départ était d’en faire une plateforme, un cadre de concertation, cette implantation va permettre de connaître qui est CVE et qui ne l’est pas. La CVE avait été mise en place  quelques mois avant la  dernière présidentielle et avait désigné Kane Hamidou Baba  comme son candidat. Mais, au  lendemain de la présidentielle, des divergences ont vite apparu sur ses perspectives d’avenir. Et pour l’ancien candidat de la CVE,  l’implantation  est une réponse à la demande pressante exprimée par la base lors de la campagne présidentielle.

Intervenant au lendemain  de son retour d’une tournée dans certaines régions du sud du pays, dont l’objectif était de remercier les populations de leur soutien pendant la présidentielle, HBK  n’a pas manqué d’évoquer les problèmes lancinants que vivent les  habitants de cette partie de la Mauritanie. Il s’agit notamment de leurs  difficultés à se faire enrôler,  de se faire soigner, d’envoyer leurs enfants à l’école à cause d’un déficit d’enseignants, d’accéder à l’eau potable, au soutien de l’Etat pour mettre en valeur leurs terres souvent arrachées et octroyées à des bailleurs nationaux ou étrangers, sans aucune concertation…

Spécifiquement à l’état-civil, le président de la CVE a indiqué que des milliers de citoyens attendent, comme Godot, la fameuse commission mise en place par l’ancien président pour se faire  présélectionner d’abord, ensuite se faire enrôler éventuellement, les critères étant discriminatoires.

Le président Kane a aussi abordé la question de la consolidation de l’unité nationale et de l’exclusion d’une bonne partie de la population du pays pour souligner et pour rappeler que 200 personnes monopolisent près de 80% des richesses nationales. Face à cette situation et au refus du pouvoir actuel de prendre des mesures visant à corriger ses injustices conformément à ses engagements électoraux, la CVE va organiser, en février et mars  prochains des assises nationales sur l’unité nationale  et une marche contre l’exclusion. Des manifestations auxquelles sont conviés les pouvoirs publics, la société civile et tous ceux qui considèrent que ces thématiques sont essentielles pour le pays.

Interpellé sur la décision verbale du président de l’Assemblée Nationale d’interdire l’usage du français au sein de l’hémicycle et  la traduction des interventions dans les langues nationales, Pulaar, Soninké et Ououlof et sur la résolution du congrès de l’UPR exprimant son souhait de voir lesdites  langues officialisées, Dr. Kane  a demandé aux uns et aux  autres de cesser  l’hypocrisie. Et d’ajouter, que l’Assemblée nationale qui est d’inspiration française, serait bien inspirée de proposer une loi officialisant les langues en question pour clore ce débat. Enfin, il  a ironisé : demandez à ces gens qui s’agitent dans quelles écoles ils envoient leurs enfants ?

Pour sa part, Ch’Bih Cheikh Melainine a abondé dans le même sens précisant que nul n’a le monopole de l’arabe, qu’une école unique et une loi officialisant les langues nationales sont de nature à régler la question nationale. En attendant, nous avons encore besoin du français, a-t-il indiqué.

Le calame

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