A propos du fléau du détournement des deniers publics et son impunité

Clarification sur les accusations de la Cour des comptes à l’égard du CHNLes origines. Avant l’indépendance, l’argent qui circulait dans le pays provenait, en grande partie des impôts collectés par l’administration coloniale sur le dos du contribuable Mauritanien, ce qui rendait son détournement comme quasiment «Halal», parce que collecté de manière injuste pour servir les intérêts des Mouchrikines.

De telle sorte que cette pratique était perçue comme une forme de lutte anticolonialiste, d’où la notion de « Echemra » (bravoure) que certains lui ont donnée et qui s’est, malheureusement, poursuivie après l’indépendance, avec des variantes devenues populaires et mêmes sympathiques, comme ; »Eli twelle chi dhagou » (celui qui s’occupe de quelques chose le goûte) et l’autre formule devenue célèbre dans les campagnes électorales pour venter le mérite des candidats « El ma3andouchi mahou chi » (celui qui n’a rien n’est rien).
Les pratiques féodales, guerrières et Zewayas, ont également nourri et couvert certaines formes de détournements, en usant de leurs pouvoirs traditionnels, renforcés par les mandats que leur confiait l’administration coloniale en qualité de collecteurs auxiliaires et dont ils se servaient souvent pour organiser une sous-collecte, au noir, qui allait directement dans leurs poches.

Les conséquences : un pays potentiellement riche, avec une population qui fait à peine celle d’une capitale moyenne d’Afrique, qui vit en dessous du seuil de la pauvreté et qui ne survit que grâce à la charité internationale. Une administration de collecte d’impôts, incapable de promouvoir et de faire aboutir le moindre projet de développement économique ou social : éducation, santé, justice, exploitation rationnelle des ressources naturelles.

Et de surcroit, exerce un pouvoir autoritaire sur l’ensemble des forces vives du pays, en divisant, consciemment ses composantes sociales et ethniques. L’oligarchie qui détourne les deniers publics, corrompt les fonctionnaires et technocrates, en leur ouvrant des possibilités de…détournement, dont l’impunité, laissée à l’appréciation du Général du jour, plane, telle une d’épée de Damoclès sur la tête de n’importe quel fonctionnaire ou Agent, devenu esclave du système de détournement.

Un cercle vicieux, de la peur et de la crainte qui engloutit, en silence, les maigres ressources de tout un peuple.

Les preuves : Tout le monde les devinait, mais personne n’osait soulever le moindre coin de la couverture, de peur de perdre ses avantages, sa place et au pire, sa tête. A présent que la cour des comptes, vielle de plusieurs années, publie pour la première fois des chiffres effarants qui confirment que les deniers publics, ont pris, dix ans durant, des chemins qui n’ont aucun rapport avec leur destination légale, sur ordres des seuls donneurs d’ordre auxquels personne ne peut refuser un ordre, tout le monde se regarde en baissant les yeux.

Juguler le mal et punir les auteurs : Le mal est en nous, inscrit dans nos pratiques quotidiennes, dans notre conception de l’Etat et de sa légitimité.

Le juguler c’est nous « corriger », nous faire changer d’habitudes ancrées, c’est d’accepter qu’il y ait une justice pour tous et au-dessus de tous, une justice capable de s’imposer par ses compétences et son indépendance.

Dans l’immédiat il s’agirait de rendre au peuple son dû, au Trésor ses recettes, aux auteurs des détournements leurs droits à se défendre, avant de leur faire appliquer les dispositions, toutes les dispositions, qu’encoure tous citoyen pris en flagrant délit de détournement des deniers publics, mais rien de plus.

 

Ahmed Yedaly
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